18/03/2018

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 4 - Mars 2018



« Tout le pays reconnaît que mon fils est résistant, que Dieu soit Loué, il est tombé martyr en résistant, en écrasant leurs têtes (aux sionistes), il est monté sur la jeep et écrasé la tête d’Israël. Le sang de mon fils est une offrande à Ahmad Nasr Jarrar qui combat Israël. Si Dieu le veut, nous continuerons à écraser leurs têtes, et notre bannière continuera à brûler leurs coeurs » (la mère du martyr Ahmad Abu Ubayd, de Jénine).


L’opération menée par le jeune Alaa Kubaha, du village de Barta’a, dans la région de Jénine, au centième jour anniversaire de la déclaration de Trump, annonce haut et fort que la résistance du peuple palestinien ne peut être vaincue, et qu’elle se poursuit contre l’occupation sioniste de la Palestine et contre tous les projets de liquidation de la cause. La vague coloniale sans précédent, lancée après cette funeste déclaration, faisant de la ville d’al-Quds la capitale de l’entité sioniste, ne peut mettre fin à ce qui fait l’âme du peuple palestinien, une résistance multiforme, qui refuse de reconnaître une quelconque légitimité à l’occupation, quelle que soit sa durée. Les meurtres, arrestations, et bombardements, les mesures coloniales dans al-Quds, comme dans le Naqab ou ailleurs en Palestine occupée, rarement rapportés par la presse et les médias, ne peuvent liquider une cause, à plus forte un peuple qui porte cette cause. Mais l’ennemi ne peut comprendre cette logique, emporté lui-même dans une autre logique, celle des colonisateurs de tous les temps, qui ont pensé pouvoir arrêter la marche d’un peuple vers la liberté. 

L’administration américaine a du mal à faire accepter le « deal du siècle », qui signifie la liquidation de la Palestine. Les nombreux plans de ce « deal », même approuvés par certains Etats arabes, ne peuvent être appliqués tant que la résistance palestinienne, même éparpillée, les refuse, que ce soit pour la bande de Gaza, pour les réfugiés, pour al-Quds, ou le reste de la Palestine. Quand la « communauté internationale » fait la sourde oreille et refuse d’admettre que le vrai problème est l’occupation sioniste de la Palestine, elle ne fait que prolonger le conflit en participant, par son silence d’une part et par son aide multiforme à l’occupation d’autre part, à une des entreprises les plus criminelles dans le monde.

Martyrs tombés  entre le 21/1/2018 et le 18/3/2018

Le jeune Layth Abu Na’ïm, 16 ans, est décédé suite aux blessures infligées par l’occupant, lors des affrontements dans le village al-Mughir (30 janvier).
Le jeune Ahmad Abu Ubayd (19 ans), est décédé le 4/2 suite à la blessure à la tête par balle tirée par l’armée sioniste au cours des affrontements qui ont eu lieu à Wadi Burqin, à l’ouest de Jénine, alors qu’elle recherchait le résistant Ahmad Jarrar.
Ahmad Nasr Jarrar 22 ans, résistant tombé l’arme à la main dans la région de Jénine, le 6 février. Il s’était réfugié, pourchassé par l’occupant depuis 3 semaines, dans une maison abandonnée dans le village de Yamoun. Encerclé dès l’aube par l’armée d’occupation, le résistant Ahmad Jarrar, du mouvement Hamas, est tombé martyr en combattant.
Khaled Tayeh (22 ans), de Nablus, assassiné lors d’affrontements à Nablus, envahi par l’armée d’occupation, à la recherche du résistant Abdel Karim Assi.
Hamza Zama’ra, 19 ans, de Halhoul, tombé martyr après avoir mené une opération dans une colonie dans la région d’al-Khalil (5 février)
Ahmad Abu Hulu, 19 ans, du camp al-Breij, dans la bande de Gaza, décédé suite aux blessures infligées par les sionistes, au cours du vendredi de la colère.
Salim Sabbah, 17 ans, assassiné au cours d’un bombardement aérien sur Rafah, dans la bande de Gaza.
Abdallah Abu Shaykha, 17 ans, assassiné au cours d’un bombardement aérien sur Rafah.
Yassin Saradih, 33 ans, de la ville d’Ariha, assassiné lors de son arrestation, par les coups sauvages qui lui furent portés par les soldats de l’occupation (20 février). Outre les caméras qui ont transmis la sauvagerie de l’occupant, les nombreux témoignages affirment que le martyr Yassin Saradih a été froidement exécuté lors de son arrestation.
Isma’il Abu Riyale, 18 ans, camp al-Shate’ (bande de Gaza), pêcheur assassiné en mer par la marine de l’occupant.
Mohamad al-Jaabari, 24 ans, assassiné dans la ville d’al-Khalil, le 9/3. Le martyr était handicapé (sourd-muet). Un soldat sioniste l’a visé lors d’une manifestation dans la ville.
Omar Ibrahim Shehadé, 21 ans, assassiné le 10/3 lors des affrontements entre la population de Urif, au sud de Nablus et les colons venus s’emparer du village.
Mohammad Ata Abu Jame’, 59 ans, cultivateur assassiné par un coup de feu tiré par un soldat sioniste, alors qu’il travaillait la terre, à l’est de Khan Younes, dans la bande de Gaza (10/3).
Ibrahim Farhat, 29 ans, membre des Saraya al-Quds, branche militaire du Mouvement du Jihad islamique, décédé le 11/3, au cours des préparatifs de la résistance, à Bayt Hanun, au nord de la bande de Gaza.

Chronique de l’Intifada

Les opérations menées par les résistants restent espacées, mais frappent fort l’occupant. Après l’opération menée par le groupe dirigé par le martyr Ahmad Jarrar, une autre a frappé un colon de la colonie Ariel, menée par le résistant Abdel Karim Assi. Plus d’un mois plus tard (16 mars), une opération menée par le martyr Alaa Qubaha entraîne la mort de deux soldats sionistes et blesse gravement deux autres. Entre ces opérations, plusieurs autres menées près des colonies ou aux barrages indiquent une détermination palestinienne à frapper l’occupant, même si elles ne font que blesser, parfois légèrement, colons ou soldats. Mais la volonté demeure et c’est ce qui inquiète l’armée d’occupation, qui ne parvient pas à enrayer la détermination des Palestiniens à se battre pour leur liberté. Que ce soit dans al-Khalil ou dans les bourgs autour, dans Nablus et ses environs, dans la région de Ramallah et Bayt Lahem, les résistants ont poursuivi toutes sortes d’opérations, frappant avec des poignards ou des ciseaux, ou bien écrasant les colons et soldats, et tirant aussi des coups de feu. Dans la région d’al-Quds, les manifestants ont lancé des bouteilles incendiaires et des pierres, à partir de plusieurs bourgs ou quartiers, en direction de l’armée d’occupation. 

Le 30 janvier, une délégation américaine est empêchée d’entrer à la Chambre de commerce et d’industrie à Bayt Lahem. Les militants protestaient contre le plan américain de liquidation de la cause palestinienne et ont considéré que la présence de cette délégation était contraire aux résolutions nationales.

Le 5 février, un colon soldat est poignardé près de la colonie d’Ariel, en Cisjordanie occupée par un résistant qui a réussi à prendre la fuite, malgré les caméras installées par l’occupant. Son identité a été dévoilée, il s’agit de Abdel Karim Assi, que l’occupant vient d’arrêter à Nablus, après un mois et demi de poursuites (18 mars). 

Un colon a été blessé lors d’affrontements dans le village de Urif, au sud de Nablus. La population de Qasra s’est opposée à l’invasion d’un groupe de colons, en lançant des pierres (février).

La ville de Nablus affronte l’invasion de l’armée d’occupation, qui recherche le résistant Abdel Karim Assi. De violents affrontements ont opposé l’armée à la population, qui a lancé des pierres et des bouteilles incendiaires sur l’armée, qui a soudainement paniqué et s’est retirée. Un officier sioniste a déclaré : « nous sommes entrés pour une opération sécuritaire à Nablus, la ville toute entière nous a affronté, nous avons tiré pour pouvoir nous en aller ».

Des affrontements ont eu lieu dans le village Dayr Nazzam, près de Ramallah lorsque les forces d’occupation ont envahi le village. Des dizaines de jeunes ont lancé des pierres sur les véhicules militaires et ont bloqué les routes. Les soldats sionistes ont tiré des coups de feu.

Les vendredi de la colère sont les jours où les Palestiniens affrontent les soldats de l’occupation, vers la bande «frontalière » de Gaza et en Cisjordanie occupée, à la sortie des mosquées. Depuis la déclaration de Trump, à la mi décembre dernier, ces vendredis assistent à des affrontements, où tombent des dizaines de blessés, parfois graves, car les soldats de l’occupation tirent à balles réelles, en plus des bombes lacrimogènes ou autres qu’ils lancent sur les manifestants. Le 5/2, un officier sioniste a mis en garde contre la poursuite de ces « vendredis de la colère », notamment à Gaza. 

Des explosifs accrochés aux drapeaux palestiniens sur la bande « frontalière » avec Gaza ont explosé entre les mains des soldats de l’occupation, qui voulaient arracher les drapeaux (18 février). C’est l’opération du drapeau, qui a fait 4 blessés dans les rangs des sionistes et qui a soulevé de nombreuses questions à l’intérieur de leurs rangs. Malgré leur surveillance et leurs caméras, ils n’ont pu connaître l’identité des résistants. Mais la direction de l’armée sioniste a menacé les manifestants, disant qu’elle tuerait quiconque s’approche de la « frontière ».

Les communautés chrétiennes de la ville d’al-Quds décident de fermer les portes de l’Elige du st Sépulcre, protestant contre la décision de l’entité sioniste de leur imposer des impôts. Le mouvement des chrétiens palestiniens s’est soldé par la victoire, après plusieurs jours de fermeture. L’archimandrite Atallah Hanna a déclaré que « la fermeture des portes de l’église du St Sépulcre est un message de protestation contre les pratiques de l’occupation, qui visent à supprimer la présence des chrétiens palestiniens dans al-Quds ».

Début mars, des résistants lancent une attaque visant un véhicule militaire de l’armée d’occupation à Hawwar, au sud de Nablus. Plusieurs tentatives de l’armée sioniste ont échoué à arrêter les résistants.

Les organisations de la résistance se sont réunies à Gaza pour lancer la marche du retour, le 30 mars, pour riposter aux plans de suppression du droit au retour des réfugiés palestiniens à leur patrie, et de la cause palestinienne. Les organisations entendent faire entendre au monde entier que le retour des réfugiés est la question clé de la cause palestinienne. 

Répression et purification ethnico-religieuse

Dans la nuit du 29-30 janvier, l’occupant arrête 56 Palestiniens en Cisjordanie, y compris al-Quds. 30 d’entre eux sont d’l-Issawiya, arrêtés lors d’une rafle. En Cisjordanie occupée, les colons s’organisent pour participer à la « chasse aux militants » palestiniens. Equipés de caméras, ils filment les manifestations en vue d’aider leur armée à arrêter les militants. Les arrestations sont quotidiennes. Le 12/2, 14 Palestiniens ont été arrêtés dans plusieurs villes et villages de la Cisjordanie occupée, dont sheikh Jamal Hamara, du mouvement du Jihad islamique en Palestine, arrêté à Bayt Lahem.

L’administration américaine pose comme condition le changement des programmes scolaires de l’UNRWA pour continuer à payer sa contribution financière. Le changement réclamé consiste à cesser d’évoquer la Nakba.

Les colons envahissent le tombeau de Yousuf, site arabo-musulman dans la ville de Nablus, dont les sionistes veulent s’accaparer en prétendant qu’il esst juif. L’invasion des colons est précédée par un déploiement de l’armée d’occupation dans la ville. 20 cars transportant 1300 colons ont mené des rites talmudiques dans le lieu. 

Vers la mi-février, des colons essaient de s’installer dans le village palestinien de Bayta, près de Nablus. La population proteste et résiste. L’armée d’occupation intervient en faveur des colons.

Le ministre sioniste Gilad Ardan décide de fermer plusieurs institutions palestiniennes dans la ville d’al-Quds, poursuivant le but de judaïser la ville palestinienne. Par ailleurs, le gouvernement de l’occupation a décidé d’imposer des impôts sur les églises palestiniennes et étrangères, ainsi que sur les biens dépendant des Nations-Unies, pour renflouer ses caisses d’une part et pour limiter le nombre et l’impact de la présence chrétienne dans la ville, d’autre part, autre forme de la judaïsation et du nettoyage ethnico-religieux de la ville.

Les colons de « Halmish » aux environs de Ramallah essaient d’agrandir leur colonie en volant des terres et en traçant des routes sur les terres volées. Depuis un an, les terres ont été volées des villages Umm al-Safa et Nabi Saleh. 

Début février, le bourg d’Abu Diss a été envahi par l’armée d’occupation, qui a procédé à des arrestations massives parmi la population, et à la fouille de dizaines de maisons, en démolissant les meubles et objets. Au cours de cette invasion, des affrontements ont eu lieu et plusieurs jeunes ont été blessés.  Le bourg d’Abu Diss est fréquemment envahi par l’occupant.

Le tribunal de l’occupation décide la démolition de 7 bâtiments dans le village de Soussia, au sud d’al-Khalil. Ces bâtiments sont habités par 42 Palestiniens. Le village de Soussia est visé par la colonisation.

Les autorités de l’occupation, dont la municipalité d’al-Lid, occupé en 1948, menacent la population palestinienne et poursuivent le plan de nettoyage ethnico-religieux des vieux quartiers d’al-Lid. Le quartier de la gare fait partie des quartiers arabes menacés de destruction. Ses habitants sont encerclés par la gare et empêchés de s’étendre, malgré l’augmentation démographique naturelle. Le quartier compte actuellement 5000 Palestiniens. Le plan de leur expulsion a été pris pour agrandir la gare. 50 maisons sont menacées pour l’instant.

Le centre Handhala pour le soutien aux prisonniers a annoncé que les forces d’occupation ont arrêté le prisonnier libéré Mohammad Kamel Alayan, quelques minutes après sa libération. Il avait été détenu pendant 3 ans et 4 mois pour appartenance au FPLP.

Les autorités d’occupation de la ville d’al-Quds annoncent plusieurs plans de colonisation-judaïsation dans la ville, notamment sous la forme « touristique ». Parmi ces plans, un bâtiment « touristique » dans la place al-Buraq, aux portes de la mosquée al-Aqsa, sur une superficie de 1850m2, avec deux étages de salles et un soi-disant « musée » et un cinéma.

Les enfants palestiniens arrêtés témoignent des brutalités et tortures subies lors de leur arrestation puis interrogatoire. Le détenu Faysal Sha’er, 16 ans, de Taku’ (Bayt Lahem) déclare avoir subi un interrogatoire de 15 jours, dont 10 sans interrption. Le prisonnier Mustafa Badan, 17 ans, de Taku’ également dit qu’il a été arrêté en pleine nuit dans la maison familiale. Il a été emmené au centre de détention de la colonie Atzion, et en route, il a été brutalisé, un des soldats a fermé la porte de la jeep sur sa jambe. Il a été ensuite emmené à la prison de Ascalan, en interrogatoire, qui a duré 26 jours, parfois pendant 9 heures d’affilée, où il a été frappé. Un des soldats a essayé de l’étouffer. 

L’occupant condamne le résistant Omar al-Abd à 4 perpétuités. Le résistant du village de Kubar, province de Ramallah, âgé de 20 ans, avait mené une opération de résistance le 21 juillet 2017 dans la colonie Halmish, tuant trois colons.

L’occupant interdit aux pêcheurs du village de Tantura, au sud de Haïfa, de poursuivre leurs activités de pêche, car l’administration coloniale a réservé le village pour la baignade des colons.



Profanation des lieux saints

Les profanations de la mosquée al-Aqsa sont quotidiennes. Les colons juifs viennent par groupes, protégés par la police sioniste. Ils font des rites talmudiques et suivent des « guides » qui leur bourrent l’esprit avec des histoires inventées, soi-disant tirées de livres religieux, histoires qui prétendent que la mosquée al-Aqsa est bâtie sur un « temple juif » démoli. Ces histoires falsifiées servent de préparatifs idéologiques pour la destruction de la mosquée al-Aqsa. Les colons envahissent la mosquée par dizaines, parfois. 

Des colons profanent la mosquée du village Ghabsiyyé dont la population a été expulsée, en 48, dans la Galilée.  Ils ont creusé des trous à l’intérieur de la mosquée. Des travaux avaient été faits par la population pour restaurer la mosquée, mais l’occupant a interdit aux Palestiniens de s’approcher du lieu, de restaurer la mosquée et d’y prier.

L’armée de l’occupation profane le cimetière des Moujahidins dans la ville d’al-Quds. Elle a arraché les portes du cimetière et a cassé plusieurs stèles mortuaires dans le cimetière.

Dans les prisons de l’occupation

De nombreuses grèves de la faim, menées par des prisonniers de manière individuelle, ont eu lieu, pour réclamer la fin de la détention administrative, ou des soins, ou mettre fin à des politiques répressives à leur encontre (transfert, isolement, interdiction de visites). 

Les détenus administratifs mènent une grève des tribunaux depuis le 13/2. Ils sont plus de 450 Palestiniens, en détention administrative, arrêtés et détenus sans être accusés de quoi que ce soit, sinon parce que les services de renseignements de l’armée ont jugé qu’ils « menacent la sécurité » de leur entité. Les tribunaux militaires devant lesquels ils comparaissent, pour faire un semblant de « justice » ne sont que des extensions de l’armée d’occupation. Les détenus administratifs peuvent être détenus pendant plusieurs années, sans « jugement ».  

L’occupant a reporté la parution en jugement de plusieurs Palestiniens, détenus depuis des mois, et parmi ces détenus, la jeune Ahd Tamimi, de Nabi Salih, qui a giflé deux soldats, provoquant une crise dans le gouvernement sioniste, ainsi que Khodr Adnan et Tareq Qaadan, deux cadres dirigeants du mouvement du Jihad islamique en Palestine. Il a également reporté la comparution de l’enfant May Usayla, 14 ans, du camp de She’fat, arrêtée début mars. Il prétend qu’elle détenait un couteau et avait l’intention de poignarder un sioniste. L’occupant a par ailleurs renouvelé la détention administrative de Salah Hamouri. 
 
La tension est forte dans les prisons de l’occupation après l’arrestation de la sœur du prisonnier Jamal Radayda, de la région de Bayt Lahem (fin janvier). Hanane Radayda, 50 ans, a été kidnappée alors qu’elle visitait son frère en prison. 

L’occupant prolonge l’interdiction des visites familiales au prisonnier Ayman Ibtich (37 ans), de deux mois, sur présentation d’un « dossier secret » par le Shabak. Arrêté en août 2016 (dernière arrestation) et placé en détention administrative, il a été isolé au mois de novembre 2017 et transféré à la prison de Ohali Kedar. 

Sitôt libéré après 16 ans de détention, les forces spéciales de l’armée sioniste arrêtent le prisonnier Hamza Derbas, et l’emmènent au centre d’interrogatoire d’al-Moskobiya.

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation

L’Arabie saoudite finance un projet marocain, consistant à acheter 4 avions d’espionnage des Etats-Unis, utilisant du matériel « israélien ».

L’Autorité palestinienne poursuit ses contacts avec les responsables de l’entité sioniste : début février, une rencontre entre la ministre palestinienne de l’économie et le ministre sioniste des Finances a eu lieu. Une autre rencontre entre les mêmes personnes a eu lieu à Paris, quelques semaines plus tard, indiquant que l’Autorité palestinienne poursuit ses contacts avec l’occupant, malgré les décisions du Conseil central de l’OLP.

Un groupe de jeunes palestiniens se prépare à une rencontre avec des sionistes, aux Etats-Unis. Cette rencontre qui devra avoir lieu au mois de juin est organisée par l’ambassade US, avec l’organisation « Our Generation speaks ». Les candidats à cette normalisation ont été soigneusement choisis.

Un groupe de 9 journalistes arabes, la plupart vivant dans les pays occidentaux, ont participé à une opération de charme dans l’entité sioniste, voulant affirmer qu’ils normalisaient avec l’occupant. Les syndicats des journalistes et des professionnels des médias ont dénoncé cette visite de normalisation.

L’Union des écrivains égyptiens lance une campagne contre la normalisation des relations avec l’entité sioniste. Elle proteste, dans un communiqué, contre la visite du chercheur Saadeddine Ibrahim à l’université de Tel Aviv, que des étudiants palestiniens avaient essayé d’empêcher (ces étudiants sont à présents poursuivis par l’entité coloniale) et contre les écrits sionistes du romancier Youssef Zaydan.

Le journaliste Faysal Qasim, d’al-Jazeera, reçoit dans son émission le porte-parole de l’armée sioniste. Son acte a été vivement dénoncé par les Palestiniens et par les organisations de la résistance. Les syndicats de journalistes palestiniens dénoncent la mauvaise pente prise par la chaîne et ses journalistes.

La presse palestinienne

Dans un article paru en février, Wissam Saghbar dénonce l’utilisation de concepts sionistes dans la presse palestinienne. Sous le prétexte d’informer le public sur la société sioniste, de nombreux journalistes n’hésitent pas à traduire les termes de l’occupant, tels quels, sans aucune analyse ni clairvoyance. Pour l’auteur, il s’agit d’une normalisation médiatique. Il attire l’attention des journalistes cherchant à faire du zèle que toute matière de la presse sioniste n’est pas nécessairement utile, d’autant plus qu’elle est souvent sciemment utilisée pour tromper et susciter les dissensions internes.

Editorial al Istiqlal, 1129 (février) : « Nous n’innocentons personne » : Il est devenu clair que la communauté internationale participe au complot américano-sioniste visant à liquider la cause palestinienne et imposer le fait accompli aux Palestiniens. Les Etats européens ont refusé de prendre des mesures effectives contre les Etats-Unis et ont adressé une nouvelle gifle au président de l’Autorité palestinienne, qui continue à insister sur son attachement à la voie du règlement, en abandonnant les droits palestiniens reconnus par la communauté internationale. L’Europe exerce également des pressions sur le président de l’AP pour accepter la vision américaine du règlement…. L’administration américaine a effrontement demandé à l’UNRWA de modifier les programmes scolaires qui parlent d’al-Quds en tant que capitale de la Palestine, et du droit des réfugiés à retourner chez eux, et de la Palestine historique ou même de la partie occupée en 1967. La cause palestinienne fait face à un complot international duquel nous n’innocentons personne, même ceux qui sont impuissants et qui se taisent ne sachant comment affronter ce complot. Nous n’innoncentons pas les Palestiniens qui refusent d’unifier leurs rangs et de soutenir l’Intifada…

Ahmad Sadeq dans al-Istiqlal, N°1130 (février) : Ahmad Jarrar, fils de la province de Jénine, restera un exemple du dirigeant combattant qui défie, par sa volonté, sa détermination et sa bravoure, la théorie sécuritaire sioniste dégradée, et la coordination sécuritaire amère, et les poursuites communes des combattants héroïques, pour prouver à tous que le Palestinien est capable de surmonter toutes les entraves qui se dressent devant lui, pour l’empêcher de faire son devoir envers son peuple et sa cause, tant qu’il a foi en elle et en sa justesse. Même si le monde entier complote contre la Palestine, il resera toujours quelqu’un pour affronter ces plans et ces complots, pour que demeure vivante la cause palestinienne et que se poursuive la lutte jusqu’à la victoire et la libération.

Communiqués et déclarations

Accueillant le combattant Abdel Karim Moussa après 20 ans de détention dans les prisons de l’occupation, le dirigeant au mouvement du Jihad islamique en Palestine, Abdel Halim Izzidine a déclaré : « La prison est devenue l’école pour fabriquer les combattants et les militants, qui sortent encore plus forts. Les chevaliers de la résistance ont été formés dans les prisons. »

Sheikh Kamal al-Khatib, président adjoint du Mouvement islamique de l’Intérieur, parti interdit par l’entité sioniste, a déclaré (fin janvier) : Les Palestiniens de l’intérieur (48) ont assisté à un éveil national, religieux et nationaliste, mais les accords d’Oslo les ont totalement ignorés. Si l’occupant considère que le fait de ne pas avoir entièrement chassé les Palestiniens en 48 de leur pays est une erreur stratégique, je considère cela comme un décret divin. Il a dénoncé la tiédeur des réactions arabes à la déclaration de Trump concernant al-Quds et affirmé qu’il y a des parties arabes et palestiniennes qui ne veulent pas aller loin dans l’opposion aux Etats-Unis, comme il a dénoncé la poursuite de la « coordination sécuritaire » entre les appareils sécuritaires de l’AP et l’entité sioniste, malgré les décisions du conseil central de l’OLP.

L’archimandrite Atallah Hanna déclare, au lendemain de la décision des sionistes d’imposer le paiement d’impôts par les églises et autres institutions dans la ville d’al-Quds que cette décision signifie la poursuite des agressions contre les églises. « Nous ne nous soumettrons pas à ces décisions injustes, qui visent à affaiblir notre (chrétiens palestiniens) présence et à marginaliser nos églises. »

Le dirigeant au mouvement du Jihad islamique en Palestine, Ahmad Moudallal, a appelé à élaborer une stratégie pour la résistance palestinienne, afin d’affronter le terrorisme sioniste. Il a déclaré que « les jeunes de la résistance et de l’Intifada avancent et installent une nouvelle équation face à l’ennemi, les soldats de l’occupation ne peuvent être tranquilles. Ce que fait notre peuple pour affronter l’occupation est l’état normal de la relation entre les Palestiniens et l’ennemi ».
 

Dans la colonie

Les centres de recherche dans la colonie, appartenant à des universités ou à l’armée, étudient la manière de judaïser la ville d’al-Quds, en expulsant les Maqdissis. Plusieurs formules ont déjà été présentées, dont celle avancée par un député du Likoud Anat Barko, qui propose de transférer progressivement les quartiers palestiniens de la ville d’al-Quds à l’Autorité palestinienne, ce qui signifie, pour lui et son entité coloniale, d’abord rassurer la communauté internationale, puis améliorer l’équilibre démographique de la capitale palestinienne occupée, en faveur de la judaïsation, et se débarrasser de la responsabilité administrative et sociale des quartiers palestiniens. Mais il semble que le Likoud n’est pas prêt à un tel plan, alors qu’en pratique, l’abandon des quartiers palestiniens, quant aux services « municipaux » devant être assurés, est devenu la règle. 

Du côté de l’Autorité palestinienne

Après avoir aidé l’armée sioniste à assassiner le résistant Ahmad Jarrar, dans la région de Jénine, en fournissant des renseigments sur la voiture utilisée d’abord, puis sur les déplacements du résistant, à partir des caméras, les services sécuritaires de l’AP poursuivent les résistants et militants en Cisjordanie, notamment à Tulkarm et Jénine, en les arrêtant par dizaines. Ils ont également arrêté plusieurs militants qui s’étaient opposés à la présence d’une délégation américaine dans Bayt Lahem.
Début février, les appareils sécuritaires investissent la maison familiale du martyr Jamil Jaar et des deux prisonniers, Jamal et Jalal, dans la ville de Tulkarm, et menacent leur mère. Ils sèment le désordre dans la maison, prétendant vouloir trouver des armes.

Sur le terrain, l’Autorité de Ramallah poursuit les mesures punitives à l’encontre de la bande de Gaza prétextant des questions administratives.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire