22/01/2017

Intifada al-Quds en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 16 – janvier 2017




Hazma
« C’est Ahmad qui s’est opposé aux invasions de l’occupation.. C’est Ahmad qui a déclaré la région de Ramallah interdite à l’occupant… C’est Ahmad qui a protégé cette ville avec son corps » (Les amis du martyr Ahmad Kharroubi, assassiné lors d’affrontements)


L’opération héroïque du résistant Fadi Qunbor contre les soldats de l’occupation dans Jabal al-Mukabber, où la colonisation bat son plein, a secoué l’entité coloniale sioniste en profondeur, pour deux raisons principales : l’opération de la résistance a eu lieu dans la zone jugée « intouchable » par les sionistes, à cause du système sécuritaire déployé depuis plus d’un an dans la ville d’al-Quds et ses environs, qui a été brisé une fois de plus, et à cause des caméras qui ont filmé les soldats sionistes en fuite et paniqués, alors qu’ils se trouvaient par dizaines sur les lieux de l’opération. Une fois encore, la résistance a su déjouer toutes les mesures séuritaires de l’occupant, et a affirmé à la face de tous qu’aucune mesure punitive, qu’aucune dénonciation par les uns ou les autres, dans la communauté internationale, ne pourra parvenir à stopper l’Intifada al-Quds. Elle frappera quand elle le pourra et son mode opératoire (individuel et tout engin disponible) l’aidera à échapper à tout contrôle. L’ingéniosité du peuple palestinien saura surmonter la sauvagerie de l’occupant.

Cette sauvagerie s’est manifestée au cours du mois dans l’assassinat des Palestiniens, dans leur arrestation brutale, de nuit comme de jour, dans la répression des prisonniers et de leurs familles, dans la démolition des maisons et de villages en entier, et notamment dans les territoires occupés en 48, à Qalanswa et Umm al-Hiran, dans le Triangle et dans le Naqab occupés. Comptant sur la présidence de Trump, les autorités de l’occupation ont multiplié les confiscations des terres et les projets de colonisation, plaçant l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas dans une position critique, où l’Etat palestinien promis a déjà perdu plus du tiers de sa superficie, avant même d’être fixé, à cause de la perfidie de la communauté internationale, la France y compris, qui concocte des plans de plus en plus favorables aux sionistes avant de les présenter comme des plans de « paix ». Malgré le vote par le conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution favorable aux Palestiniens et dénonçant la colonisation sioniste, la communauté internationale semble peu motivée pour faire appliquer ses propres résolutions, en Palestine occupée, et continue à couvrir les crimes de l’entité sioniste. 

L’apathie générale du monde arabo-musulman, et la complicité de fait du monde occidental avec  l’entité coloniale ont ouvert la voie à des actes de normalisation des relations avec l’occupant. En plus de régimes arabes et musulmans, qui ne cachent plus leurs relations avec l’entité coloniale, c’est au tour de journalistes, d’hommes d’affaires, d’opposants politiques de déserter le camp national pour s’engouffrer dans ce qui leur semble une « voie de salut », qui est en réalité la voie de leur perte, puisque la nation dans son ensemble considère la normalisation comme un crime.

Martyrs palestiniens tombés depuis mi-décembre 2016


Ahmad Kharroubi, 18 ans, assassiné au cours d’affrontements dans le camp de Qalandya et Kfar Aqab, au nord d’al-Quds. Les affrontements ont eu lieu lorsque l’occupant sioniste a voulu démolir la maison du martyr Musbah Abu Sbeih, le combattant ayant mené une opération de la résistance, en tirant sur les soldats dans la ville d’al-Quds.
Fares Ziyad al-Bayed, 15 ans, décédé des suites de blessures infligées par l’occupant au mois d’octobre dernier, lors d’affrontements entre les jeunes et l’armée de l’occupation, dans le camp de Jalazone, au nord de Ramallah.
Le prisonnier syrien du Golan occupé, Ass’ad al-Wali, 70 ans, détenu et condamné à 8 mois de prison, est décédé le 25 décembre.
Assassinat par noyade du pêcheur Mohammad Ahmad al-Hissi, de Gaza, début janvier. Il avait été poursuivi par l’occupant en mer, qui a fait basculer sa barque.
Mohamad Salehi, 32 ans, exécuté par l’occupant le 9 janvier, au cours d’une incursion dans le camp al-Fari’a, entre Nablus et Toubas. Les soldats sont entrés dans la maison du martyr, en plein milieu de la nuit, et l’ont exécuté de six balles, devant sa propre mère. Ancien prisonnier libéré, il avait été détenu pendant trois ans.
Qusay al-Ammour, 17 ans, assassiné au cours d’affrontements devant le village de Takou’, Bayt – Laham. Atteint de trois balles à la poitrine, le martyr Qusay fut traîné, ensanglanté, par plusieurs soldats de l’occupation, jusqu’à ce qu’il meure.
Nidal Mahdawi 44 ans, de Tulkarm, assassiné le 17 janvier 2017 par les soldats de l’occupation installés au barrage, prétextant qu’il avait l’intention de poignarder l’occupant.
Ya’qub Abul Qay’an, 40 ans, du Naqab occupé, assassiné le 18 janvier, par les policiers sionistes venus détruire les maisons du village Um al-Hiran. Enseignant, il se dirigeait vers le village en lutte. Les policiers ont affirmé qu’ils ont tiré, pensant qu’il les attaquait avec sa voiture.

Scènes de l’Intifada al-Quds


Hazma : Le village de Hazma est habité par 8000 Palestiniens. Depuis 1981, il lutte contre l’installation de la colonie « Adam », qui s’étend de plus en plus pour occuper 18.000 dunums, ne laissant aux Palestiniens que 1000 dunums. La résistance est devenue une constante dans ce village. En 1991, les sionistes ont décidé de séparer le village de Hazma de la ville d’al-Quds. Trois des entrées du village sont coupées par des barrages de l’occupation, qui fouillent la population.
Le maire du village, Muwaffaq al-Khatib déclare que les sionistes visent Hazma depuis 1981, et récemment le ministre de la guerre Liberman a déclaré vouloir installer un parc sur les terres du village.  Un mur a été construit sur 4000 dunums des terres du village, et un autre mur parallèle sur 5 km entre l’entrée à Hazma et le premier mur a annexé une partie des terres. Il y a quelques semaines, les sionistes ont démoli une route que les habitants du village avaient tracée pour leur accès à leurs terres, afin d’y construire leurs maisons. Le village est privé de ses sources d’eau, Ayn Fara et al-Fuwwar, depuis l’annexion des terres.
L’insistance de l’occupant à vouloir s’accaparer des terres du village et la détermination des villageois à l’empêcher ont instauré un état permanent d’affrontements, où les sionistes sont souvent perdants, obligés qu’ils sont de reculer devant la force des tirs (pierres et feu) des villageois, hommes, femmes et enfants. 20 martyrs sont déjà tombés depuis 30 ans.  Depuis le début de l’Intifada al-Quds, des centaines de villageois de Hazma ont été arrêtés, au cours d’incursions noctunes de l’occupant. Au cours de ce mois, de nombreux affrontements ont opposé les villageois de Hazma aux forces de l’occupation.

Jabal al-Mukabber : la source des fidayins et de la résistance
 La dernière opération de la résistance menée par le martyr Fadi Qunbor rappelle toutes celles qui furent menées par les fidayins palestiniens, habitants de ce bourg menacé par les colons sionistes. Les opérations les plus marquantes menées par les résistants sont : l’attaque le 6 mars 2008 de l’école religieuse « Haraf » par le résistant du mouvement Hamas, Alaa Abu Adhaym. Le 4 août 2014, la police sioniste accuse le martyr Mohammad Ja’abis d’avoir écrasé des colons. Le 18 novembre 2014, Uday et Ghassan Abu Jamal se lancent à l’assaut d’un temple juif dans al-Quds ; le 13 octobre 2015, Baha’ Alayan et Bilal Ghanem attaquent un bus « israélien » dans la colonie « Armon Hanatsif » ; le 13 octobre 2015, Ala’ Abu Jamal écrase des sionistes dans al-Quds ; le 8 janvier 2017, le martyr Fadi Qunbor écrase des soldats près d’une colonie. La presse sioniste, ainsi que la classe politique, réclame des mesures de plus en plus sévères et criminelles contre la population de Jabal al-Mukabber.

Résistance


Début janvier, le résistant palestinien de Jabal al-Mukabber, Fadi Qunbor, écrase avec son engin 4 soldats sionistes, en présence de dizaines d’autres, qui prennent la fuite. Cette opération est considérée par les Palestiniens, qui l’ont saluée, comme un signe de bon augure pour l’année 2017.

Au cours de mois de janvier, de multiples affrontements ont eu lieu dans toute la Cisjordanie, y compris dans al-Quds, au cours desquels les Palestiniens ont lancé des pierres, des bouteilles incendiaires et des explosifs dans al-Khalil, Nablus, Ramallah, Qalqylia, Silfit, Qalandia, Takou’, Tulkarm, et dans plusieurs quartiers et bourgs d’al-Quds. Des colonies ont été attaquées, comme celle de Betar Itilit et Kiriat Arba. Le 4 janvier, les Palestiniens du camp de She’fat attaquent les policiers de la municipalité sioniste venus contrôler les boutiques dans le camp, en les empêchant d’y entrer. 

Un soldat « israélien » a été blessé par balles lors d’affrontements dans le camp de Balata, à Nablus le 23/12. Le jour suivant, un colon a été poignardé près de la colonie Ifrat, au sud de Bayt Lahem. Au cours de la dernière semaine de décembre 2016, les opérations de la résistance se sont accrues, avec quatre opérations menées avec des armes à feu. 6 sionistes ont été blessés, dont 4 soldats. 90 points d’affrontements ont eu lieu au cours de la semaine, dans les environs d’al-Quds, de Ramallah, Bayt Lahem, Qalqylia et la bande de Gaza. Des bouteilles incendiaires ont été lancées à Hazma et al-Ram et un bus « israélien » a été attaqué près de Ramallah. 

4 soldats sionistes ont été blessés au cours d’affrontements à Bayt Ummar et le camp al-Arroub dans al-Khalil, lors des funérailles populaires menées dans la région, après que les sionistes aient rendu les corps des martyrs. 

Un soldat sioniste a été tué au cours d’une opération menée par un Palestinien, qui a été arrêté, le 3 janvier. Trois soldats sionistes ont été blessés lorsque des jeunes ont lancé sur eux des bouteilles incendiaires dans le bourg al-Issawiya. Deux colons ont été blessés dans le village al-Khadra, dans la province de Bayt Lahem. Plusieurs lieux d’affrontements ont été signalés au cours de la première semaine de janvier, notamment dans al-Quds et ses environs (Bab al-Sahira, Hazma, al-Ram, camp She’fat, Abu Diss, Biddu, colonie Ge’vat zeev, Selwan..). 

La population du village de Qusra, au sud de Nablus, a réussi à chasser des colons armés qui voulaient s’introduire dans le village (18/1). Ces colons ont été encerclés et frappés. L’armée sioniste est intervenue pour les sauver, mais la population a refusé de les rendre, sinon au comité de « liaison » palestinien. Qusra a souvent été le théâtre d’affrontements avec les colons qui veulent s’emparer des terres. Les villageois ont créé un comité de vigilance. 

Répression et purification ethnico-religieuse

L’assassinat de sang-froid de Ya’qub Abu Al-Qay’an, dans Umm al-Hiran, par la police sioniste le 18 janvier, indique, une fois de plus, avec quelle facilité les occupants tuent les Palestiniens, qu’ils soient dans l’armée ou la police.

Les bulldozers de l’occupation démolissent 11 maisons dans la ville de Qalanswa, dans les territoires occupés en 48. Une semaine plus tard, l’occupant démolit une dizaine de maisons dans le village de Umm al-Hiran, dans le Naqab occupé en 48. Le 3 janvier, l’occupant démolit les maisons de 87 Bédouins palestiniens dans Khan al-Ahmar, dans la région d’al-Quds. Ces destructions font partie d’un plan d’ensemble visant la judaïsation de toute la Palestine.

Depuis le mois d’octobre 2015, 9920 Palestiniens ont été arrêtés par les forces de l’occupation, dont 2884 enfants (âgés entre 11 et 18 ans), soit 29% des Palestiniens arrêtés.

Le 21 décembre, l’occupant envahit le camp de She’fat, arrête une dizaine de jeunes Palestiniens,  faisant un blessé. Le même jour, il arrête 6 jeunes dans la ville de Nablus, dont des prisonniers libérés et des étudiants du « Bloc islamique » (Hamas), et 5 autres jeunes de Beit Fujjar, au sud de Bayt Lahem. Le 22/12, l’occupant arrête à nouveau Mohammad Allan, l’avocat membre du Mouvement du Jihad islamique, ayant mené la grève de la faim lors de son arrestation précédente. Il sera libéré le lendemain. Le même jour, il mène une incursion musclée à Arraba, près de Jénine, où il essaie de terroriser les membres du mouvement du Jihad islamique, des familles Qaadan et Izzidine. Dans le camp Balata, près de Nablus, l’occupant sème la terreur en investissant la maison de la famille Uways. Dans la ville de Qalqylia, il confisque le contenu de l’imprimerie « Asayel Yafa » et arrête son propriétaire, Saber Abdel Fattah Dawud.

Le centre Wadi Helwa d’informations a signalé l’arrestation de plusieurs enfants, âgés entre 13 et 15 ans, du village at-Tur, et dans le camp de She’fat (23/12). Au cours de la nuit du 20 au 21/12, les forces de l’occupation ont arrêté 18 Palestiniens en Cisjordanie, et la nuit suivante, 26 Palestiniens sont arrêtés, y compris 7 enfants. 

Des caméras espions des sionistes dans les maisons palestiniennes : des prisonniers libérés ont réussi à découvrir que les incursions de l’occupant dans leurs maisons, ces derniers temps, ont plutôt servi à installer des caméras miniatures à l’intérieur des maisons, et non pas seulement à fouiller, confisquer et détruire meubles et objets. Une nouvelle fois, l’occupant viole non seulement le droit international, mais la vie privée des Palestiniens, sous le prétexte de lutter contre la résistance. « Big Brother » n’est pas une fable en Palestine occupée.

Les bulldozers de l’occupation ont démoli le 4/1 la maison de Yasser Musalima, dans Bayt Hanina sous le prétexte qu’elle est construite sans permis. Deux maisons avaient été démolies auparavant dans le même quartier pour les mêmes raisons, appartenant à Adnan Shweiki. Le préfet d’al-Quds, Adnan Husseiny, a affirmé que le tiers des maisons dans la ville d’al-Quds sont menacées par la démolition, car ayant été construites sans l’autorisation des autorités de l’occupation, qui ne délivrent pas des permis.  Des dizaines de maisons dans Sour Baher, dans al-Quds, ont été menacées de démolition. 

Le quartier de Bab Hatta dans al-Quds a été le théâtre de violents affrontements avec les forces de l’occupation, lorsque celles-ci ont envahi le quartier et investi plusieurs maisons. Des affrontements similaires ont eu lieu dans le bourg de Hazma le 4/1. Le 8/1, l’occupant a agressé les étudiants des écoles dans le bourg de Biddu et des affrontements ont eu lieu dans al-Ram, lorsque les sionistes ont lancé des grenades lacrymogènes sur les Palestiniens, les 8 et 10/1. Le 9/1, les forces d’occupation ont investi Jabal al-Mukabber, et ont empêché la célébration funéraire du martyr Fadi Qunbor. Par ailleurs, par mesure de représailles, et allant dans le sens de la judaïsation, les autorités sionistes entendent démolir 81 maisons dans Jabal al-Mukabber.

L’occupant veut imposer la carte scolaire sioniste aux écoles palestiniennes d’al-Quds, une mesure supplémentaire dans la judaïsation de la ville. Par ailleurs, la municipalité sioniste a décidé de judaïser les noms de 5 rues dans le bourg de Selwan. 

Des membres des services de renseignements de l’occupation ont investi le 10/1 la maison du martyr Tha’er Abu Ghazale, dans la vieille ville d’al-Quds. Ils ont confisqué les ordinateurs et les téléphones portables après avoir déchiré les photos des martyrs et fouillé la maison de fond en comble. 

De leur côté, les services sécuritaires de l’AP poursuivent toujours les militants palestiniens : au cours du mois de janvier, ils ont arrêté des dizaines de militants du mouvement, dont le prisonnier libéré Nadhir Nassar, 46 ans. Plusieurs prisonniers libérés des geôles de l’occupation sont détenus à présent dans les prisons de l’AP : Youssef Kamil, Tarek Abu Rabb, Hassan Dahmaz, de Qabatia, Shadi al –Ghoul de Jénine, Ahmad Salah, de Kafar Dan, Tawfic Saber Jarbou’, du camp de Jénine, Mohammad Ibrahim Abu Maria, de Beit Ummar, Shafiq Abu Zaina, de Jénine.

Profanation des lieux saints


Des groupes de colons ont profané la mosquée al-Aqsa, tout au long du mois. Le 4 janvier, des dizaines de colons ont pénétré dans la mosquée par petits groupes, à partir de la porte al-maghariba, certains tentant d’exécuter des rites talmudiques. Le 7/1, des groupes entrés par Bab-Hatta ont profané la mosquée, sous le prétexte de fêtes juives. Pendant ce temps, les fidèles en provenance de Gaza ont été interdits de se rendre à la mosquée al-Aqsa, les vendredis, pendant plusieurs semaines. 

Le Département des Awqafs de la ville d’al-Quds ont dénoncé l’invasion de 100 sionistes, la moitié étant des religieux, de la mosquée al-Aqsa le 26 décembre. La ministre sioniste de la culture a inauguré un nouveau tunnel dans Wadi Helwa, qui passe en-dessous de la mosquée.

Le secrétaire général du conseil islamo-chrétien, Hanna Issa, a mis en garde contre le danger représenté par les creusement menés par l’occupant sous la mosquée al-Aqsa et aux alentours. Il a affirmé que l’occupant cherche à fonder un « grand Israël » sur la terre de Palestine, avec al-Quds qui serait sa capitale. Il a également affirmé que l’occupant vise la destruction des mosquées et des églises qui mènent vers la mosquée al-Aqsa, insistant sur le danger représenté par les creusements qui se poursuivent. 3 tunnels ont été creusés récemment, dont l’un va de Selwan jusqu’au mur al-Bouraq, le second va d’al-Bouraq jusqu’à l’école Umari et le trousième du « quartier musulman » jusqu’au mur occidental de la mosquée.

La commission de planification de la municipalité de l’occupant a approuvé un plan de construction d’un bâtiment colonial composé de trois étages, au cœur même de Selwan. Ce plan fait partie des efforts de la muncipalité de poursuivre la judaïsation de la ville palestinienne. De plus, le responsable de cette commission a déclaré vouloir approuver la construction de 5600 logements coloniaux par suite du vote par l’ONU contre la colonisation sioniste. Un rapport du début de janvier signale que les sionistes ont l’intention d’implanter une nouvelle colonie dans Selwan, qui se nommerait « Maalot David ». 

Dans les prisons de l’occupation

 Le prisonnier syrien du Golan occupé, Ass’ad al-Wali, 70 ans, détenu et condamné à 8 mois de prison, est décédé le 25 décembre. 

Une révolte des prisonniers palestiniens a eu lieu début janvier dans la prison de Nafha, suite aux provocations des autorités carcérales. Le directeur de la prison a été brûlé au visage lors des affrontements. La révolte s’est déroulée dans la section 3 de la prison, qui a été envahie par les forces de répression. Les prisonniers du mouvement Fateh ont vivement riposté.

La jeune palestinienne maqdissie Shuruq Dwayat, 19 ans, a été condamnée à 16 ans de prison. Elle avait été arrêtée le 11/10 après avoir été blessée par un colon. La prisonnière Marah Bakir, 17 ans, de Bayt Hanina, a été condamnée à 8 ans et demi de prison et à une amende de 10.000 shekels, pour avoir tenté de poignarder un colon. Les deux mineurs Shadi Farah (13 ans) et son ami Raed Zaatari (13 ans et demi) de Kfar Aqab ont été condamné à deux ans de prison, pour avoir planifié comment poignarder des sionistes. Le 9/1, le tribunal de l’occupation a condamné Mohammad Abu Shahine du camp de Qalandia à deux perpétuités et au paiement de 3 millions et demi de shekels. Le tribunal de l’occupation a condamné le prisonnier Abdullah Ishaq, accusé d’avoir tué un colon en juin 2015, à la prison à perpétuité et au paiment de 250 mille shekels.

Le prisonnier Anas Jaradat du mouvement du Jihad islamique, condamné à 35 perpétuités, a été placé en isolement depuis plusieurs semaines, alors que son état de santé s’est fortement détérioré. Suite aux déclarations du directeur de la prison, voulant la mort du prisonnier, le mouvement du Jihad Islamique a organisé une conférence de presse le 17 janvier, menaçant l’entité sioniste de représailles si le combattant Anas Jaradat n’était pas soigné ni libéré de l’isolement. Les prisonniers du mouvement envisagent des mesures de lutte collective.

Les prisonniers du mouvement Hamas sont soumis à une sévère répression, et notamment dans la prison du Naqab, en vue de faire pression sur le mouvement pour faire libérer les soldats sionistes qu’il détient. Les autorités de l’occupation ont repris la « loi Shalit » pour interdire aux prisonniers les visites familiales, intensifier les fouilles et les mises en isolement. 

L’occupant arrête plusieurs militants des mouvements du Jihad Islamique et Hamas, en Cisjordanie. L’ancien prisonnier libéré Wahid Abu Maria, 50 ans, du Mouvement du Jihad islamique, a reçu une convocation, ainsi que son fils Mohammad (15 ans), pour se rendre au local des services de renseignements de l’occupant. Il a arrêté Noureddine Sa’id Saadi, 23 ans, dans le camp de Jenine, qui est un ancien prisonnier libéré.

Abdel Aziz Mer’i, 35 ans de Abu Diss, a été condamné par le tribunal sioniste à 35 ans de prison pour avoir aidé le martyr Muhannad Halabi à mener son opération de résistance, début octobre 2015, qui a tué deux sionistes dans al-Quds occupée. Le journaliste Umar Nazzal a été victime de la confirmation de son ordre de détention administrative. Il avait été arrêté le 23 avril dernier.   Le journaliste Mohammad al-Qiq, ancien détenu administratif, qui a obtenu sa libération suite à la grève de la faim, a été de nouveau arrêté. 

Liste noire de la normalisation


Une zone industrielle « commune » entre la Jordanie et l’entité d’occupation, va être bientôt fondée, afin de commercialiser les produits sionistes par la Jordanie (label différent) et contourner le boycott.

Des hommes d’affaires du Bahrayn dansent avec leurs invités sionistes, à l’occasion des fêtes juives. Les chants entonnés par les sionistes, à cette occasion, appellent à détruire la mosquée al-Aqsa. Les juifs sionistes accueillis par ces hommes d’affaire appartiennent à une secte ultra. Une vague de protestations s’est élevée dans le monde arabe et musulman, contre cette normalisation abjecte.

Nasser al-Laham, journaliste et correspondant de la chaîne al-Mayadeen, a normalisé avec la télévision sioniste. Directeur de la chaîne palestinienne d’informations, Ma’an, ce n’est pas la première fois que Nasser al-Lahham accepte de se produire chez l’ennemi. Il fut, il y a plusieurs années (l’illusion de la « paix » après les accords d’Oslo) un des fondateurs d’une ONG appelant à la « paix » avec l’ennemi.

Mahmoud Abbas a accueilli le 29 décembre dans son bureau à Ramallah une délégation de responsables sionistes, dont des anciens députés et ministres de l’entité, en présence du responsable du comité de la normalisation, Mohammad al-Madani. Il a été convenu entre les sionistes et l’Autorité palestinienne d’agir en commun sur la question de l’eau et de l’environnement.

Une délégation d’  « intellectuels » marocains participe à un congrès dans l’entité sioniste pour renforcer l’amilité « juive-marocaine ». 4 de ces « intellectuels » arrivent directement du Maroc, une journaliste de Madrid, un universitaire de Baltimore aux Etats-Unis. Le congrès a pour objectif de nouer des contacts entre ces Marocains et les sionistes et de mener des activités futures » (dont des activités d’espionnage au profit de l’entité sioniste).

Une délégation de l’opposition syrienne conduite par Fahed al-Masri s’est entretenue à Tel Aviv avec des responsables sionistes le 15/1/2017. Un communiqué commun a été publié affirmant la nécessité de supprimer les camps palestiniens en Syrie, la démilitarisation de la résistance palestinienne et un règlement syro-sioniste sur le Golan occupé qui apporte « satisfaction aux peuples syrien et « israélien » ». 

Une délégation de l’opposition syrienne participe à une rencontre à l’Institut sioniste Truman au mois de janvier, conduite par Issam Zaytoun, coordinateur entre l’ALS et « la communauté internationale ». Au cours de cette rencontre semi-publique, un membre de l’ALS a pleurniché devant les caméras sur le sort jugé « insoutenable » du peuple syrien, sous la « dictature » du régime. Des Palestiniens assistant à la rencontre ont dénoncé cette normalisation, et le délégué syrien a eu des gestes obscène et a affirmé que l’entité sioniste est « un jardin d’Eden ».

Le Forum des Journalistes palestiniens a mis en garde des pages facebook et des sites soit-disant palestiniens qui colportent des fausses nouvelles pour susciter les divisions au sein du peuple palestinien. Elle dénonce entre autres le site « Ma’an » qui a accueilli le coordinateur du gouvernement de l’occupation Yoav Mordechaï sur ses pages, qui a déversé sa haine et ses mensonges, sur le site en question, contre la résistance palestinienne.

L’institut sioniste « Truman » organise une rencontre « israélo »- brésilo – palestinienne pour parler de « paix ». 4 Palestiniens de l’Autorité palestinienne participent à cette rencontre : Ilyas Zananiri (poste dans l’OLP), Ashraf Ajrami (ancien ministre), Ibrahim Hazboun, chercheur dans l’institut et Mohammad Awda, responsable dans le Fateh.

Ancienne ambassadrice de l’Autorité palestinienne en France, Hind Khoury a été dénoncée par des militants anti-normalisation, prise sur le fait dans al-Quds en pourpalers avec une délégation sioniste. Les normalisateurs palestiniens ont fait appel à la police de l’occupation pour expulser les militants qui ont crié : « Honte à vous ! Si vous avez un brin de dignité, vous ne participez pas à des réunions de normalisation tant que la Palestine est occupée ! »

le martyr Kharroubi

La presse palestinienne 


Le journaliste palestinien Saber Aref écrit, sous le titre « Qunbor à Trump : attention ! j’ai déjà transmis mes vœux » : l’opération a confirmé que les Palestiniens ne craignent pas les menaces et l’arrogance du président américain, et que les opérations de la résistance populaire sont de retour. « L’opération est une lettre de mise en garde au nouveau président américain, disant « œil pour œil, dent pour dent, et celui qui a commencé est l’agresseur ». Tu as fait une promesse verbale à « Israël », et j’ai exécuté, avec mon âme et mon sang, une réponse effective, et ce qui arrivera est encore plus grand. Attention ! j’ai transmis mon souhait que l’objectif du prochain camion soit ton ambassade si tu exécutes ta promesse en l’installant dans al-Quds, et que la charge soit des bombonnes de gaz, si les charges posées dans le camion qui a frappé ton ambassade à Beirut en 1983 ne suffisent pas…. En Palestine, il y a des hommes qui ne respectent pas et ne craignent pas la coordination sécuritaire (entre les sionistes et les services sécuritaires de l’AP) ».

Suite à l’opération héroïque du martyr Fadi Qunbor, au début de l’année 2017, a qui a suscité de nombreux articles et communiqués, al-Istiqlal (N°1021) consacre son éditorial à l’opération, affirmant que la ville d’al-Quds est de nouveau au-devant de la scène, nationale et internationale, que les sionistes furent une fois de plus surpris, croyant qu’ils avaient « pacifié » la ville. Avec cette opération, l’Intifada al-Quds reprend sa vigueur, et se poursuivra jusqu’au retrait des sionistes de la Palestine occupée. « La route vers al-Quds est claire, et nous n’y parviendrons qu’au prix de ces sacrifices, comme le martyr héroïque Fadi Qonbur, même si Trump y installe son ambassade. Cela ne garantira pas la mainmise de l’occupation sur la ville ni la soumission au fait accompli. Le Palestinien peut rapidement surmonter ces défaites, Fadi Qonbur a transmis son message à l’occupant : « al-Quds ne vous appartient pas, vous devez immédiatement en sortir, sinon vous aurez le même sort que vos prédécesseurs. »

Communiqués et déclarations


Sheikh Khodr Habib, dirigeant au mouvement du Jihad islamique, a déclaré, suite à la victoire de la lutte des prisonniers Shadid et Abu Fara : « Malgré le peu de moyens dont dispose notre peuple et nos prisonniers héroïques, nous pouvons affronter la force de l’occupation « israélienne » armée, car nous possédons une volonté d’acier qui ne connaît ni la défaite ni la cassure ».

Tareq Qa’dan, diirigeant au mouvement du Jihad islamique en Cisjordanie a déclaré : « jusqu’à présent, les opérations individuelles de l’Intifada al-Quds ne se sont pas transformées en un soulèvement populaire direct, vu les circonstances et les échecs des soulèvements précédents, et la course pour en recueillir les fruits avant son mûrissement ».

Fayez Warde, représentant du mouvement Hamas, a déclaré : « je ne m’attends pas à ce que l’Intifada soit populaire, et notamment en Cisjordanie, à cause des empêchements par les appareils de l’Autorité palestinienne, qui bloquent les mouvemens populaires. Mais nous prévoyons qu’elle se poursuivra, avec des opérations individuelles de qualité, et une fréquence plus élevée et plus large ».

Hassan Khrayshé, député indépendant au Conseil législatif a déclaré : « Les tentatives de stopper d’Intifada ne réussiront pas, car les actes sionistes siur le terrain vont pousser vers sa poursuite de plus en plus fort ».

Mgr Atallah Hanna a dénoncé les actes de normalisation entre des régimes et des personnalités arabes et l’occupant sioniste, affirmant qu’il y a des visites normalisatrices de délégations arabes à la ville d’al-Quds. « Des réunions de normalisation se mènent chez nous, sous le prétexte de la paix, du dialogue, de la liberté d’opinion, et autres prétextes fallacieux qui cachent les objectifs dangereux et nuisibles à la cause palestinienne ».

La dénonciation par la Turquie d’Erdogan de l’opération héroïque de la résistance dans Jabal al-Mukabber, début janvier, a été largement dénoncée par les organisations de la résistance palestinienne, et notamment par le Hamas qui entretient cependant des relations amicales avec le pouvoir turc.

Dans la colonie


Le site sioniste Walla : « les opérations de lancement de pierres et de tirs sur les soldats et colons ont augmenté après le vote par l’ONU de la résolution contre la colonisation. Il faut craindre, continue le site, que des opérations menées par la résistance et dirigées par le Hamas » soient exécutées dans le futur.

La presse sioniste est aux aboix après les manifestations populaires dans le Naqab et les territoires occupés en 48, suite aux démolitions des maisons. Pour elle, il faut prendre des mesures immédiates (répression par çi et dialogue par là) pour empêcher l’Intifada de se déplacer vers le Naqab, où la population subirait les directives du mouvement islamique et des députés palestiniens (du Knesset sioniste) pour se révolter.

Les médias sionistes ont largement publié comment le Hamas a infiltré les téléphones portables de dizaines de soldats de l’occupation, à l’aide de « jeunes filles sionistes » souhaitant débarquer dans la colonie. Les résistants ont reçu des données visuelles sur les abords de la bande de Gaa ainsi que des bases militaires. 

Haïm Ramon, ancien ministre, écrit dans Haaretz du 20 décembre qu’il faut sauver la judaïté d’al-Quds. Effaré par la présence du camp de She’fat (camp de réfugiés palestiniens), et des quartiers annexés à la ville palestinienne occupée, il propose de se séparer de ce « surplus » de Palestiniens, qui ont le droit d’y résider, par un mur de séparation, en vue de « sauver le caractère juif » de la ville. Il critique les municipalités de l’occupation qui ne font rien pour annexer véritablement les quartiers jugés « trop palestiniens » encore.

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