08/07/2014

AL-Quds au cœur de la Palestine et de la nation : Soutien à la résistance maqdisie palestinienne N°10 – Juillet 2014





La révolte des jeunes Maqdisis, suite à l’enlèvement et l’exécution de sang-froid de l’adolescent Mohammad Abu Khdayr (15 ou 16 ans) risque de s’étendre et d’embraser, non seulement tous les quartiers encore arabes de la ville occupée d’al-Quds, mais également les villes et bourgs demeurés arabes dans les territoires palestiniens occupés en 1948. 
A partir du quartier de She’fat, auquel appartient le martyr Abu Khdayr, la révolte s’est étendue vers les autres quartiers, malgré la féroce répression de l’armée et de la police de l’occupation. Des centaines de jeunes arrêtés et des centaines de blessés par toutes sortes de balles n’ont pas mis fin à la révolte, qui se déclenche tous les soirs après la rupture du jeûne dans plusieurs quartiers : She’fat, at-Tour, Selwan, la vieille ville, ‘Issawiya, Sawana, ‘Anata, Beit Hanina, ‘Izariya…

Si le martyre du jeune Abu Khdayr a déclenché la révolte des jeunes Maqdisis, il faudrait l’expliquer par des dizaines d’années de pratiques colonialistes dans la ville d’al-Quds : terreur exercée par les colons, confiscation ou destruction des maisons, arrestations, expulsions, colonisation accrue, dépeçage non seulement de la ville mais des quartiers et destructions de la vie sociale et familiale palestinienne, judaïsation de l’enseignement dans les écoles maqdisies. Pendant toutes ces dernières années, les enfants maqdisis furent la cible de choix de la terreur de l’entité coloniale : arrêtés et brutalisés lorsqu’ils ne sont pas tués, ils sont emprisonnés dans des conditions épouvantables et torturés, avant d’être relâchés pour être placés sous « résidence surveillée ». C’est contre leur humiliation quotidienne et l’humiliation de leurs parents et de leur peuple que les jeunes se sont emparés des cocktails molotov et des pierres, ainsi que des fusées d’artifice, pour les lancer contre les soldats et affirmer qu’ils veulent « libérer la Palestine ».

Les scènes nocturnes de la révolte ont suscité la peur, non seulement des sionistes, mais également d’une classe politique palestinienne qui craint pour ses privilèges et son statut accordés par les accords d’Oslo. Cette classe politique, secondée par les intellectuels à sa solde, est déjà en mouvement pour stopper la révolte des jeunes, sous les divers prétextes : « le moment n’est pas mûr », « nous porterons plainte devant les Nations-Unies », « il faut rester civilisé » quand elle n’accuse pas tout simplement les jeunes maqdisis d’être des « voyous » pour n’avoir pas attendu ses directives.

I - Al-Quds occupée : asphyxie et purification ethnico-religieuse


Le quartier Rabat al-Kurd (Hawsh Shihabi) dans la vieille ville d’al-Quds, est menacé par la judaïsation. Ce quartier se situe à proximité de la mosquée al-Aqsa. Les colons extrémistes tentent de s’y infiltrer, soit en creusant des tunnels qui passent sous le quartier soit en y établissant des points de colonisation. L’un des habitants maqdisis du quartier, Khodr Shihabi explique : le quartier connu par le nom de Hayy Shihabi est l’un des sept « ribat » construits tout au long des siècles passés, il est même le troisième, afin de servir les fidèles qui passent par la ville d’al-Quds. Il a affirmé que les sionistes essaient de s’en emparer à cause de sa proximité du dôme du Rocher et parce qu’il comprend une place appelée « place Samawiya » où se trouve une extension du mur al-Bouraq, que les sionistes considèrent comme faisant partie de leur prétendu temple. La famille s’est adressée au tribunal central d’al-Quds et a arrêté la fin des travaux « de rénovation » menés par la municipalité de l’occupation, car le site appartient à la famille. 

L’occupant déclare qu’il lui faut des mois pour réparer les dégâts occasionnés par les jeunes à la ligne du tram de l’occupation, à She’fat et Beit Hanina, lors de leur révolte. Ce tram non seulement divise les localités palestiniennes puisqu’il passe en plein milieu, mais il est spécialement conçu pour relier les colonies entre elles. 

L’occupant a installé un radar militaire au poste militaire aérien de Qalandia, au nord d’al-Quds, pour protéger la colonie Modi’in contre la résistance.
De nouvelles unités de logement sont prévues dans les colonies Pesgat Zeev et Jabal Abu Ghnaym (Har Homa).

Les colons agressent les Maqdisis : des dizaines de Maqdisis ont été agressés et insultés dans la rue Yafa, dans la partie occidentale d’al-Quds. Les colons ont essayé de kidnapper des jeunes à Beit Hanina. Un chauffeur de taxi maqdisi a été violemment tabassé par les colons à Selwan. Le jeune Zayn Sayouri (18 ans) de Ras al-Amud a été violemment attaqué alors qu’il entrait dans un supermarché. 

L’occupant ordonne le 24 juin  la fermeture d’une autre antenne de « l’institution d’al-Quds pour le développement » située rue Salaheddine dans la ville occupée d’al-Quds. L’avocat Khaled Zabarqa, directeur de l’institution a déclaré que l’occupant veut interdire tout soutien social à la population maqdisie et briser sa résilience. 

L’occupant poursuit son projet de construire le parc colonial sur les pentes de Jabal al-Masharef, malgré les protestations légales des habitants d’al-Tour et de Issawiya. La construction de ce parc vise à empêcher toute extension démographique de ces deux quartiers qui sont déjà surpeuplés. C’est ce qu’a d’ailleurs affirmé le porte-parole d’un parti sioniste de gauche (Meretez).

L’occupant a renouvelé l’interdition d’entrer dans la ville d’al-Quds, au sheikh Raed Salah, pendant 6 mois, le 26 juin. Pour sa part, Sheikh Raed Salah a déclaré que cette condamnation se situe dans le cadre d’une campagne visant à interdire le mouvement islamique, ajoutant qu’à présent, il lui est interdit d’entrer dans la mosquée al-Aqsa, dans la ville d’al-Quds, en Cisjordanie et interdit de voyager.

II – Al-Quds occupée : répression

Exécution et immolation par le feu du jeune Mohammad Abu Khdayr par des colons établis dans al-Quds le 2 juillet. Des affrontements entre les forces armées de l’occupation et les jeunes maqdisis dans plusieurs quartiers se soldent par l’arrestation de 200 jeunes environ. Les services médicaux de la ville ont déclaré que 207 citoyens ont été blessés par la violence de l’occupation.

Le cousin du martyr Mohammad Abu Khdayr, Tareq, a été violemment battu par les forces armées de l’occupation, avant de l’arrêter. Ayant un passeport américain, le consulat a réclamé sa libération. Mais Tareq a été placé en détention à domicile, pour 15 jours. Aucune enquête n’a été ouverte pour découvrir les policiers qui l’ont roué de coups. Mais la soi-disant enquête de l’occupant pour l’exécution de Mohammad Abu Khdayr a ciblé les colons qui en seraient responsables. Trois d’entre eux auraient été relâchés, les autres traduits devant des psychiatres, en vue de les relâcher. 

Les colons on essayé d’enlever des jeunes dans le quartier de Sheikh Jarrah.
Les tribunaux de l’occupation ont renouvelé la détention de 14 Maqdisis arrêtés le 3 juillet.
Le 8 juillet, l’occupant arrête 4 jeunes près des murailles de Bab Sahira, dans la vieille ville. 3 autres ont été arrêtés à Beit Safafa au sud d’al-Quds.

L’occupant annonce avoir arrêté la nuit du mardi au mercredi 8-9 juillet 42 jeunes Maqdisis.

Dimanche 13 juillet, les policiers de l’occupation expulsent les fidèles de la mosquée al-Aqsa. Ils les ont agressés et ont tiré des balles en leur direction pour les faire sortir. Les forces sionistes préparent ainsi l’entrée massive de colons dans la mosquée. Dès l’aube, la mosquée est encerclée par les barrages placés même dans les ruelles de la vieille ville qui y mènent.

III - Al-Quds occupée : les lieux saints 

 

Au cours de la première semaine du mois de Ramadan, les autorités de l’occupation ont fermé à deux reprises les accès à la mosquée al-Aqsa, et ont autorisé des dizaines de colons à la profaner. Elles ont également interdit aux fidèles d’y prier le premier vendredi du mois, sauf à quelques centaines de fidèles. Les autres, plusieurs centaines, n’ont eu accomplir la prière du vendredi que dans les rues adjacentes à la mosquée. Les forces armées de l’occupation ont mené une incursion dans la mosquée immédiatement après la fin de la prière du vendredi et y ont lancé des bombes sonores, pendant que ses snipers montaient sur les toits pour « surveiller » les fidèles.

Le deuxième vendredi du mois de Ramadan, les sionistes ont interdit aux fidèles de prier dans la mosquée al-Aqsa. Seulement une dizaine de milliers de fidèles ont pu entrer, alors que normalement, c’est plusieurs centaines de milliers de fidèles qui se dirigent vers la mosquée les jours de vendredi du mois de Ramadan. 

Les mesures restrictives de l’occupation empêchent les fidèles d’accéder à la mosquée et d’accomplir les prières des Tarawih. Le premier vendredi du mois de Ramadan cependant, 40 cars ont réussi à amener les Palestiniens de 48 pour y accomplir ces prières, portant le nombre des fidèles à 20.000.
Plusieurs associations s’activent pendant le mois de Ramadan pour présenter le repas d’al-Iftar à la population maqdisie dans la mosquée al-Aqsa. 

L’occupant interdit aux étudiantes d’entrer à la mosquée pour suivre les cours organisés par « Masateb al-‘Ilm ». Elles ont riposté et une jeune (22 ans) de Sheikh Jarrah a été arrêtée, au moment où l’occupant autorisait des dizaines de colons à y entrer et à la profaner.

L’institution « ‘Amarat al-Aqsa » a publié les derniers chiffres relatifs aux colons ayant profané la mosquée au mois de juin : 2134 colons. L’augmentation du nombre des colons va de pair avec la diminution du nombre des fidèles musulmans pouvant entrer dans la mosquée. L’institution d’al-Aqsa considère que l’occupant cherche à consacrer une présence physique permanente des colons à l’intérieur de la mosquée, en vue d’imposer son partage dans le temps et l’espace, avant de la détruire pour construire « le temple ».

IV - Al-Quds occupée : résistance palestinienne


L’invasion militaire de la région d’al-Khalil et d’autres villes et villages palestiniens de la Cisjordanie et la férocité de l’occupation contre la population maqdisie ont incité la résistance militaire basée à Gaza à envoyer des « messages » à l’occupant pour qu’il mette fin à la vague de répression et de destruction qu’il mène. Mais ce dernier avait pris prétexte de la disparition des trois colons pour lancer son offensive pour détruire la résistance. Il a lancé son agression contre Gaza, qui résiste et riposte : des centaines de fusées lancées par la résistance ont touché les abords d’al-Quds, les colonies situées entre Tel Aviv et al-Quds et al-Khalil, sans mentionner toutes les fusées lancées sur les colonies situées près de la bande de Gaza. L’occupant a été surpris par la force de frappe de la résistance, et poursuit ses attaques : plusieurs dizaines de martyrs sont tombés, la plupart étant des civils, des familles entières sont décimées, montrant une fois de plus que l’occupant tue le maximum de gens parce qu’il n’arrive pas à toucher les résistants.

Pour le deuxième vendredi du mois de Ramadan, les Maqdisis qui ont été interdits de prier dans la mosquée al-Aqsa se sont révoltés et ont tenu tête aux policiers de l’occupation. Des affrontements ont eu lieu entre les jeunes et les occupants, dans plusieurs quartiers de la ville, et des témoins ont assuré que les policiers prenaient la fuite pour éviter la colère des Maqdisis.

Tout au long de l’agression sioniste contre les Palestiniens de la bande de Gaza, les Maqdisis n’ont cessé leur mouvement de révolte : les jeunes ont cassé les caméras de surveillance dans des quartiers de la vieille ville (le chemin de Bab Hatta), ils ont affronté le poste militaire situé à Qalandia, séparant al-Quds de la ville de Ramallah, ils ont affronté l’occupant à Selwan et al-Issawiya, et à Abus Dis, le jeune Adam Urayqat a été touché par balle avant d’être arrêté. A chaque fusée envoyée par la résistance à Gaza sur al-Quds et ses environs, la population se massait sur les toits des maisons pour saluer les résistants.

Avant même le mois de Ramadan et l’agression criminelle contre Gaza, les étudiants de la mosquée al-Aqsa ont chassé un groupe de 35 colons qui ont profané la mosquée, le 26 juin. Ils ont riposté à l’entrée de 60 colons (juifs et touristes) le premier jour de Ramadan, le 30 juin.

V- Al-Quds occupée : « Masâteb al-‘Ilm » dans la mosquée al-Aqsa


Depuis plusieurs années, les associations palestiniennes musulmanes agissant pour la défense de la mosquée al-Aqsa ont mis en place ce qui est désigné par « Masâteb al-‘ilm », soit des cours dispensés à l’intérieur même de la mosquée par plusieurs maîtres et sheikhs, sous la forme de cercles d’études, bien que le terme « masâteb al-‘Ilm » désignât historiquement des endroits aménagés à l’intérieur de la mosquée pour accueillir enseignants et étudiants. Il s’agit d’abord de renouer avec le statut même de la mosquée al-Aqsa et plusieurs autres mosquées centrales dans le monde musulman où la mosquée fut un lieu d’enseignement autant qu’un lieu de recueillement et de prière, mais aussi d’assurer une présence quasi-permanente des fidèles dans la mosquée pour empêcher sa profanation par les juifs extrémistes. 

Depuis que quelques rabbins extrémistes ont donné l’autorisation aux juifs de mener des pratiques talmudiques dans ce qu’ils considèrent « le mont du temple », pas un jour ne passe sans que la mosquée al-Aqsa ne soit profanée, que ce soit par des membres d’organes sécuritaires de l’entité sioniste, des députés ou des personnalités politiques ou alors des groupes de colons. Les « Masâteb al-‘Ilm » furent une des réponses à la recrudescence des actes profanateurs.

La mosquée al-Aqsa est historiquement un lieu de savoir, comme l’attestent la venue de milliers de savants musulmans, pour y enseigner ou assister à des cours dispensés par d’autres savants et la présence de nombreux « masâteb », les plus connus étant « Mastabat al-Sanawbar » ou « Mastabat Abu Bakr as-Siddîq », « Mastabat Sabra wa Shatila » et « Mastabat al-Ghazâli »,  fondée en l’honneur du savant Al-Ghazali qui rédigea son fameux « Ihy’a Ulum ad-Dîn » dans une des pièces de la mosquée. Initié en 2010, les « Masâteb al-‘Ilm » ont accueilli au départ près de 30 étudiants, mais ce chiffre va augmenter jusqu’à atteindre 600 étudiants et étudiantes par jour en 2013, répartis en divers cercles d’étude, qui comprennent des cours des sciences religieuses et de langue arabe. Les étudiants choisissent leurs cours et y assistent, plusieurs fois par semaine. 

Cette présence quasi-permanente des étudiants à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa a gêné les plans de l’occupant, qui souhaitait s’emparer d’une mosquée abandonnée par les fidèles. C’est alors qu’il a lancé, depuis 2013, une vague de répression contre les étudiants dans la mosquée, sous le prétexte qu’ils empêchaient les juifs de la profaner comme bon leur semble, puisque les étudiants ont réussi à maintes reprises à les en chasser. Non seulement les enseignants furent interdits d’entrer dans la mosquée, mais les étudiants furent poursuivis, leurs cartes d’identité confisqués et ils furent souvent emprisonnés, rien que pour avoir assisté à ces cercles d’études. Le nombre d’étudiants et d’étudiantes arrêtés a dépassé plusieurs centaines, au cours des derniers mois. De plus, la police vole ou détruit les chaises installées par les organisateurs de ces cercles d’étude. Les « Masâteb al-‘Ilm » sont un des moyens mis en œuvre par les Palestiniens pour résister à l’occupation. 

Lors de l’interrogatoire des étudiants arrêtés (des centaines au cours des derniers mois), les services de renseignements de l’occupation essaient de rassembler les informations non seulement sur les étudiants, mais sur leurs milieux familiaux, leurs quartiers, leurs voisins, ayant trouvé une nouvelle source d’espionnage et d’infiltration dans le milieu maqdisi. Les avocats des étudiants et étudiantes arrêtés ont dénoncé les pratiques de l’occupant et mis en garde les Maqdisis arrêtés de founir des renseignements à l’occupant.

VI - Al-Quds occupée : solidarité


Un communiqué de solidarité avec la résistance à Gaza, rédigé par la campagne ALI (contre l’Islamophobie en France) souligne le lien entre l’islamophobie, la colonisation sioniste de la Palestine et les agressions contre la mosquée al-Aqsa et rappelle que les sionistes veulent détourner les musulmans du soutien à al-Quds.

Un journaliste palestinien écrit : « où sont vos millions de dollars pour soutenir la ville et la population d’al-Quds ? » après avoir décrit les travaux de judaïsation menés par l’occupation grâce aux millions récoltés par les sionistes. La population maqdisie est menacée d’expulsion et la mosquée al-Aqsa et les lieux saints, chrétiens et musulmans, sont menacés par la judaïsation. La défense de l’arabité d’al-Quds, et le maintien de sa civilisation, poursuit-il, ne se réalisent pas par les slogans et les déclarations, ni par les communiqués de dénonciation. 

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