30/08/2017

Intifada al-Quds en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 19 - Août 2017


Les Palestiniens fêtent leur victoire dans la mosquée al-Aqsa

« Israël va-t-il demeurer deux perpétuités et 40 ans ? C’est leur rêve, mais ils (les « Israéliens ») ne resteront pas ici. Mohammad sera bientôt libéré et nous reviendra prochainement » (la mère du prisonnier Muhammad Abu Shahine, 29 ans, condamné pour avoir résisté à l’occupation en tuant un colon en juillet 2015).
La résistance aux sionistes se poursuit sans relâche dans la ville d’al-Quds et les autres territoires occupés, placés sous administration de l’Autorité palestinienne issue des accords d’Oslo, ou directement gérés par les sionistes. 
C’est une résistance multiforme, qui va des opérations à l’intérieur des colonies de la Cisjordanie, aux coups de poignard sur les barrages, aux lancements des bouteilles incendiaires, jusqu’aux rassemblements et manifestations dans diverses villes et localités. Les affrontements entre les forces coloniales et la population sont quotidiens, et notamment dans les camps palestiniens où les raids sionistes deviennent de plus en plus meurtriers. Les Palestiniens de 48 participent à ce soulèvement, que ce soit dans al-Quds ou bien dans les villes et villages occupés en 48, par des opérations armées, des protestations contre la judaïsation de leur environnement, dans les écoles ou dans leurs villes et villages, où les démolitions, les retraits de la « nationalité israélienne », les assassinats et arrestations se poursuivent, dans un silence médiatique international total.

La victoire remportée par les Palestiniens unis sous la direction religieuse et politique contre les sionistes, au mois de juillet dernier, a dévoilé le potentiel combatif du peuple palestinien, abandonné par les régimes arabes et la communauté internationale. Même si ces régimes et l’Autorité palestinienne essaient aujourd’hui de s’emparer de cette victoire, pour faire avancer leurs propres projets, qui ne sont certainement pas ceux du peuple palestinien, ce potentiel combatif les a mis à nu, au moment décisif, montrant leur faiblesse intrinsèque, étant liés aux projet américano-sioniste dans la région. L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas essaie coûte que coûte de faire valoir son droit à un Etat, en serrant la vis contre la bande de Gaza, soumise à un blocus meurtrier depuis au moins dix ans. Mahmoud Abbas pense pouvoir obliger Hamas à rentrer dans le rang, sous sa coupe, en coupant les vivres et l’électricité et en empêchant les soins aux enfants (plusieurs sont morts), alors que ses forces sécuritaires mènent une nouvelle campagne d’arrestations des militants et prisonniers libérés des mouvements du Hamas et du Jihad islamique, en Cisjordanie, tout cela pour se faire accepter par la communauté internationale et les sionistes comme un partenaire « acceptable ». Tout ceci n’a servi et ne servira à rien, car l’administration de Trump n’est pas opposée à l’extension de la colonisation à toute la Cisjordanie et à la judaïsation de la Palestine, favorisant ainsi la bestialité des colons et de leur gouvernement. Mais le peuple palestinien, qui a levé le verrou le plus important pour sa lutte, celui de la peur, ne craint ni les colons venus d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique, ni leurs complices. Au fur et à mesure que ces colons prennent le chemin de la bestialité, les Palestiniens s’engagent encore plus profondément sur le chemin de la résistance, seule réponse valable à l’entité coloniale sioniste.

Martyrs palestiniens tombés  au cours des mois d’avril à août 2017

Avril : Le combattant Malik Hamid (21 ans) de Selwad (Ramallah), 5/6 ; Jassim Nakhle (17 ans), camp al-Jalazon (Ramallah), 9/4 ; combattant Suhayb Mashahra (21 ans), Sheikh Saad (Bayt Lahem), 19/4 ;
Mai : le prisonnier libéré Mazen Mughrabi (45 ans), Abwin (Ramallah), 2/5 ; Fatima Hagigi (16 ans), Ramallah, 7/5 ; Mohammad Kasji (57 ans), Jordanie, 13/5 ; Mu’taz Bani Shamsa (23 ans), Beita (Nablus), 18/5 ; Saba’ Qarawa bani Zayd ; Fatima Taqatqa (15 ans), Bayt Fujjar (Bayt Lahem), 21/5 ; Mohammad Bakr (25 ans), Gaza, assassiné en mer de Gaza ; Raed Radayda (15 ans), Ubaydiye (Bayt Lahem), 22/5 ;
Juin : Mohammad Taha (27 ans), Kfar Qassem 5/6 ; A’ed Jumaa (35 ans), Gaza, 10/6 ;  Mohammad Tarayra Adel Ankoush, de Deir Abu Meshaal, exécuté le 16/6; Bara’ Ata, de Deir Abu Meshaal, exécuté le 16/6; Ussama Ahmad Ata, de Deir Abu Meshaal, exécuté le 16/6; Iyad Ghaith (23 ans), al-Khalil, 29/6 ;
Juillet : Omar Issa, 37 ans, d’al-Khodr (Bayt Lahem), écrasé par un colon sur la route coloniale 60, le 7 juillet 2017 ; Mohamad Ibrahim Jibril, 24 ans, Taqu’ (Bayt Lahem), exécuté par les soldats sionistes 11/7 ; Sa’d Salah (20 ans) et Awas Youssef Salama (17 ans) assassinés dans le camp de Jénine le 12/7 ; Mohammad Jabbarin (30 ans), Ahmad Jabbarin (20 ans), Mohammad Jabbarin (19 ans) de Umm al-Fahem, combattants exécutés par les sionistes aux alentours et dans la mosquée al-Aqsa 14/7 ; Bara’ Hamamde (18 ans), camp de Dheyshe (Bayt Lahem) 14/7 ; Amr Ahmad Khalil (34 ans), Nabi Saleh (Ramallah), 16/7 ; Rafa’t Shukri Hirbaw (29 ans), al-Khalil, 18/7 ; Muhammad Sharaf (18 ans), Silwan (al-Quds), 21/7 ; Muhammad Abu Ghanam (20 ans), al-Tur (al-Quds), 21/7 ;Muammad Khalaf (17 ans), al-Tur (al-Quds), 21/7 ; Muhammad Tnouh (26 ans), Tuqu’, 20/7 ;  Youssef Kashur (24 ans), Izariyyé (al-Quds), 22/7 ; Uday Nawajaa (17 ans), tué par une mine de l’occupation, Tubas, 23/7 ; Mohammad Fathi Kanaan (26 ans), Hizma (al-Quds), 27/7 ; Abdullah Taqatqa (24 ans), Bayt Lahem, 28/7 ; Mahdi al-Saadi (22 ans), assassiné par la police, Yafa, 30/7 ; Hussayn Abu Hasima (16 ans), Gaza, 28/7 ;
Août : Qutayba Zahran (17 ans), de Allar (Tulkarm), exécuté le 19/8; Assil Abu Aoun (8 ans), écrasée par un colon, Jaba’ (Nablus), gravement blessée et décédée une semaine plus tard.  

Corps de martyrs confisqués par l’occupation

Abdel Hamid Abu Srour (19 ans), Mohammad Tarayra (16 ans), Mohammad al-Faqih (29 ans), Rami Awartani (31 ans), Musbah Abu Sbeih (39 ans), Fadi Qunbur (28 ans), Adil Ankoush (18 ans), Bara’ Ata (18 ans), Ussama Ata (19 ans), tombés au cours de l’Intifada al-Quds. Mais l’entité de l’occupation maintient en tout 249 martyrs en sa possession. Une campagne a commencé il y a quelques années pour récupérer les corps des martyrs confisqués, enterrés dans des cimetières « à nombre ». Même les martyrs sont des monnaies d’échange, pour les autorités de l’occupation. Une des raisons du refus des sionistes de rendre les corps des martyrs à leurs familles et leur pleuple, est l’utilisation ou la vente frauduleuse de membres et organes des martyrs. Récemment, Liberman a proposé d’enterrer deux corps de martyrs de l’Intifada al-Quds dans le «cimetière à nombre ».

Résistance et résistants

Dans la suite de l’opération héroïque menée par les trois martyrs de la famille Jabbarin, de Umm al-Fahem, aux portes de la mosquée al-Aqsa, le combattant Omar Abdel Jalil Abd, 18 ans, de Kubar (Ramallah), a tué trois colons dans la colonie Halamish, implantée dans la région de Ramallah, le 21 juillet. Le combattant a été gravement blessé et emmené à l’hôpital par l’armée de l’occupation. Sa mère a été arrêtée et détenue pendant 31 jours, et d’autres membres de la famille, dont son frère, sont toujours arrêtés.

Le martyr Qutayba Zahran, (17 ans) de Allar, dans la province de Tulkarm, a poignardé un sioniste, au barrage de Zaatara, le 19 août. Il s’est adressé aux membres de sa famille dans son message d’adieu, leur demandant de lui pardonner ses actes dans cette vie, et annonçant son désir d’être martyr pour la cause de Dieu.

Le vendredi 21 juillet, les Maqdissis et les Palestiniens accourus pour sauver la mosquée al-Aqsa remportent une victoire sur l’occupant, son gouvernement et ses forces armées. Des dizaines de milliers de Palestiniens ont tenu tête à l’occupant, refusant ses directives de contrôle de la mosquée. La bataille populaire s’est soldée par le recul de l’occupant, qui a craint une flambée de solidarité avec la résistance, dans les pays arabes voisins, et même au-delà. Des affrontements entre Palestiniens et sionistes dans la région d’al-Quds ont eu lieu, faisant plus d’un millier de blessés parmi les Palestiniens, trois martyrs tombés ce jour-là et des centaines arrêtés.  Cette victoire palestinienne a suscité une crise interne dans l’entité coloniale. Pour masquer leur défaite et se venger des Palestiniens et notamment des Maqdissis, les sionistes mènent provocations sur provocations, envahissent la mosquée al-Aqsa, mènent des rafles, volent des maisons et envisagent des plans coloniaux de plus en plus élargis. 

La sauvagerie de l’occupant n’empêche cependant pas les Palestiniens de poursuivre leur résistance. Au mois d’août, plusieurs attaques contre les colons ont eu lieu dans plusieurs endroits de la Cisjordanie, al-Quds y compris, dans les territoires occupés en 48 et aux bordures de la bande de Gaza. Au cours de la première semaine du mois d’août, 11 opérations ont eu lieu, blessant 9 sionistes. Le résistant Isma’il Naamin, 19 ans, a poignardé un colon dans le village de Yabna, des sionistes ont été blessés par des pierres lancées dans al-Quds, un soldat a été blessé à Kharsa, lors d’affrontements dans le village, et un autre a été blessé lors d’affrontements à Bab al-Amoud, dans al-Quds. Au cours de la seconde semaine du mois d’août, la résistance Fadwa Hamada (30 ans), a poignardé un colon des forces sécuritaires, à Sour Baher. Dans la ville d’Ariha, un colon soldat a été blessé par des pierres, au cours d’affrontements avec les jeunes. 

Au cours de la troisième semaine du mois d’août, un soldat sioniste a été blessé par des pierres lancées par les jeunes dans le camp de Dhayshe (Bayt Lahem), un autre a été blessé dans le village de Umm Safa (Ramallah), par des pierres, lors d’affrontements avec les Palestiniens. Un groupe de jeunes a attaqué un convoi militaire sioniste en lançant des grenades près de la Tombe de Rachel. 14 bouteilles incendiaires ont été lancées contre les sionistes, dans plusieurs régions de la Cisjordanie. Au cours de la quatrième semaine d’août, trois soldats sionistes ont été blessés par des grenades, des bouteilles incendiaires et des pierres, lancés sur des attroupements.

Scènes de l’Intifada al-Quds

Le calvaire de Shirine Issawi : Arrêtée il y a 4 ans, Shirine Issawi (39 ans) a subi un traitement des plus sauvages par les geôliers de l’occupation. Elle fut isolée, accusée d’avoir levé le drapeau palestinien, dans la prison de Jalame pendant 55 jours, puis dans une cellule de la prison de Hasharon, qui était dans un état sordide. Elle fut sauvagement battue par un soldat, au cours de sa détention, provoquant des hémorragies à répétition. Lors de la visite de ses parents, elle leur a paru comme un fantôme, tellement elle avait maigri. Elle a raconté son calvaire au cours de son isolement, où une caméra suivait ses gestes à longueur de journée, et où elle ne pouvait même pas s’isoler pour se laver. La cellule était sombre, sans aération aucune, « sans vie ». Dans quatre mois, elle devrait être libérée. 

Rapport :  17 martyrs d’al-Quds et 1458 arrestations, depuis le début de l’année 2017. Les points d’affrontements entre les Palestiniens et l’occupant ont augmenté. Le rapport dénombre 719 points d’affrontements, dans les villages et bourgs situés autour de la ville ancienne. 8 sionistes ont été tués et 125 blessés. Le rapport précise que les autorités de l’occupation poursuivent la politique du fait accompli dans la ville, comme la démolition des structures (maisons, magasins et autres), la colonisation, les mesures répressives de toutes sortes. 105 maisons et autres structures ont été démolies depuis le début de l’année, et 214 autres maisons sont placées sous la menace de la destruction. Les autorités de l’occupation ont obligé  7 Palestiniens à démolir eux-mêmes leurs maisons, et les colons se sont emparés de 6 maisons au cours de la même période. 

Commémoration de l’incendie de la mosquée al-Aqsa, le 21 août 1969, deux ans après son occupation par les sionistes. Un colon est parvenu, ce jour-là, à mettre sur le feu sur la partie est de la mosquée, qui a détruit tout ce qui s’y trouvait, y compris le minbar de Salaheddine. Les Palestiniens ont accouru pour aider les fonctionnaires de la mosquée à éteindre le feu, les pompiers sont arrivés d’al-Khalil, de Bayt Lahem et d’autres régions de la Cisjordanie, malgré l’interdiction et les entraves mises par l’occupant.

Répression et purification ethnico-religieuse

De plus en plus fréquemment, les colons sionistes installés en Cisjordanie et dans la ville d’al-Quds écrasent les passants palestiniens avec leurs voitures, dans l’intention de les tuer. Une nouvelle guerre qui ne veut pas dire son nom est engagée. Des dizaines de Palestiniens ont été écrasés au cours des derniers mois, des enfants, des femmes, des hommes âgés, 2 martyrs sont déjà tombés, et plusieurs palestiniens ont été gravement blessés.

L’occupant sioniste démolit la nouvelle école du village Jibb al-Dhib. Construit avec l’aide de l’Union européenne, le bâtiment devait accueillir plus de 64 enfants dans la région de Bayt Lahem. L’école a quand même ouvert ses portes en tissu, sous une tente. 

Plus de 200 Palestiniens sont arrêtés par mois, selon les chiffres quotidiens relevés dans la presse. Les sionistes envahissent villes, villages et camps en Cisjordanie occupée, et arrêtent des Palestiniens de tout âge, de jour et de nuit. Ils craignent l’extension de l’Intifada al-Quds.   

Le nombre des ordres de détention administrative de Palestiniens a atteint 84, dès le début du mois d’août 2017. Mohammad Abu Tir, député membre du Hamas, de la ville d’al-Quds,  au conseil législatif, déporté vers Ramallah, et ayant été interné pendant 34 ans, a été arrêté et placé en détention administrative. Pour les sionistes, la détention administrative est une forme de « punition » collective, que l’occupant pratique  de plus en plus fréquemment, pour stopper l’Intifada al-Quds. Khalida Jarrar (52 ans) de la direction du FPLP, a de nouveau été arrêtée par l’occupant au mois de juillet. Elle a été condamnée à 6 mois de détention administrative.

La démolition des maisons et autres bâtiments appartenant à des Palestiniens se poursuit : Les sionistes visent la zone appelée Jabal Baba dans Izariyé, pour y construire une colonie qui séparerait la ville d’al-Quds de la Cisjordanie. Une crèche pour enfants a été démolie le lundi 21/8.

L’occupant a démoli la maison de Abdel Karim Abu Snayne dans le quartier al-Bustan, au sud de la mosquée al-Aqsa, dans al-Quds. Après une première démolition et un reconstruction de la maison par des militants, la municipalité sioniste l’a démolie une seconde fois, le 21/8. Les habitants du quartier al-Bustan craignent que la démolition de cette maison ne soit le prélude à la démolition de tout le quartier, menacé par la colonisation et la judaïsation, depuis plusieurs années. L’occupant a démoli, au cours de la troisième semaine du mois d’août, 5 maisons dans le village de Qubar (Ramallah), Barta’a (Jénine), et Jénine. Parmi ces maisons, celle du résistant fait prisonnier, Omar Abdel Jalil al-Abd.

Les sionistes se sont emparés d’une partie de la maison de la famille Abou Rajab dans la ville d’al-Khalil, malgré la décision de la cour suprême sioniste, qui a annulé la décision des colons. En protestation à la décision de cette cour, les colons mènent des provocations, et des dizaines de colons se massent dans la partie occupée. Selon les défenseurs de la famille, seule une décision politique ferme, que le gouvernement Netanyahu n’est pas prêt à prendre, peut dégager les colons de la maison.
Le conseil islamo-chrétien de soutien à la ville d’al-Quds a mis en garde contre le nouveau plan des autorités sionistes, qui vise à abaisser le nombre d’habitants palestiniens dans la ville d’al-Quds, en séparant des quartiers où vivent 100.000 Palestiniens de la municipalité coloniale élargie de la ville, en contrepartie de l’accueil de 150.000 colons. 

Colonisation dans les régions de la Galilée et d’al-Naqab : Le département de la colonisation (syndicat Histadrout) dans l’entité sioniste prévoit de construire de nouvelles colonies dans certaines régions de la Galilée et du Naqab, pour modifier l’équilibre démographique entre les colons et les Palestiniens. Dans la Galilée, les sionistes prévoient de constuire une colonie près de Majd el-Kroum, autour de deux colonies existantes, pour faire habiter 3000 colons. Dans al-Naqab, c’est le village de Umm al Hiran qui est menacé par la volonté d’installer une colonie juive sur ses terres et à sa place. Et pour mettre en place une ligne de chemin de fer dans le Naqab, les sionistes ont l’intention de voler 4700 dunums et d’expulser 50.000 Palestiniens du Naqab, selon le nouveau plan régional de l’entité.  Au mois d’août, le village d’al-Araqib a été démoli pour la 117ème fois. L’occupant réclame à présent que les habitants du village paient les frais des démolitions successives de leurs maisons, et les frais de surveillance du village par les « troupes vertes », milice agricole de l’occupant.
Des associations palestiniennes dans les territoires occupés en 48 ont dévoilé que les autorités coloniales ont supprimé des centaines de « nationalité » à des Palestiniens du Naqab, sous le prétexte qu’ils auraient obtenu cette « nationalité israélienne » de manière détournée. C’est la politique du nettoyage ethnique qui se poursuit dans cette partie de la Palestine.
Au mois de juillet, l’occupant détruit le monument commémoratif du martyr Khaled Nazzal, du FDLP, dans la ville de Jénine. Les militants de toutes les organisations palestiniennes le construisent à nouveau, qui est à nouveau démoli. Les militants le reconstruisent dans la ville de Ramallah.



Profanation des lieux saints

Après la victoire de la révolte populaire dans al-Quds et ses environs, les sionistes se vengent en multipliant les profanations de la mosquée al-Aqsa, pour affirmer que la souveraineté appartient à ceux qui possèdent des armes sophistiquées et non à leur propriétaire légitime. Les sionistes ont autorisé à nouveau les membres de leur « parlement » à profaner la mosquée. Ils ont profané la mosquée, officiellement, le mardi 29 août, sous haute protection des hommes armés de l’occupation. Les colons envahissent quotidiennement la mosquée et la profanent, pendant que les policiers de l’occupant poursuivent les fidèles musulmans et les arrêtent. 

Un millier de colons a envahi le village de Kfal Hares, au nord de la ville de Salfit, prétendant y avoir trouvé un site juif religieux (21 août). Les provocations sionistes se poursuivent à Nablus, où des colons envahissent régulièrement, sous haute protection, le site appelé tombeau de Joseph, qu’ils considèrent comme étant un lieu juif. 

Dans les prisons de l’occupation

L’autorité carcérale a transféré des prisonniers de la section 6 de la prison Ramon vers la prison du Naqab. Une large campagne de provocations et de répression est menée par les autorités carcérales, contre les prisonniers, par vengeance envers la lutte collective qu’ils ont menée il y a quelques mois, et envers la détention par le Hamas de soldats sionistes, en vue de les échanger contre des prisonniers.
Sheikh Raed Salah a été arrêté il y a quelques semaines. Avant son arrestation, il avait prévenu l’opinion internationale que sa vie était en danger. En prison, des gardiens l’ont menacé de mort. Les sionistes se vengent de lui en le rendant responsable de la dernière victoire des maqdissis contre leur projet de judaïsation de la mosquée al-Aqsa.

Des unités spéciales de répression ont mené un raid sur la section 13 de la prison du Naqab, et obligé les prisonniers à en sortir pour des fouilles, en utilisant les chiens (début juillet).

L’avocat membre du Jihad Islamique, Mohammad Allan, arrêté le 8 juin dernier, a entamé une grève de la faim pour réclamer la fin de la détention administrative. Sa lutte s’est soldée par un accord de non renouvellement de sa détention. Le cadre du Jihad Islamique, Bilal Diab, a entamé une grève de la faim pour réclamer la fin de la détention administrative. 
 
A l’occasion de la rentrée scolaire en Palestine occupée, les organisations de solidarité avec les prisonniers palestiniens rappellent que 300 enfants palestiniens sont privés de leur droit à l’éducation, étant détenus par l’armée d’occupation dans ses prisons. 800 enfants ont été arrêtés depuis le début de l’année, la majorité dans la ville d’al-Quds. Quand ils sont libérés, ils sont placés en détention à domicile, loin de leurs familles et quartiers, ce qui les prive de scolarisation.

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation 

Au Soudan, le ministre de l’investissement approuve les relations entre son pays et l’entité sioniste. Selon Mubarak al-Fadel, les Palestiniens auraient vendu leurs terres, et ils détesteraient les soudanais. Pour lui, la question palestinienne a retardé le « développement » des Arabes. De vives réactions palestiniennes et soudanaises ont suivi ces déclarations, et des partis soudanais réclament sa démission.

Au Liban, la femme élue miss par la communauté libanaise à l’étranger a été immédiatement déchue de son titre, lorsque le jury a appris qu’elle avait fait un séjour dans la colonie sioniste.  Le festival Pop Kultur en Allemagne est boycotté par plusieurs artistes arabes, car étant financé par l’ambassade sioniste. En Jordanie, une campagne est à nouveau lancée pour boycotter les produits agricoles sionistes, que des commerçants sans conscience font entrer au pays.

Au Maroc, un parti a invité le sioniste Simon Skira aux travaux de son congrès, sous le prétexte d’intégrer les juifs marocains dans la vie publique. Or, ce sioniste est le président d’une association solidaire avec l’entité coloniale. 

Les festivals de musique pendant les mois d’été ont été l’occasion, dans de nombreux pays, dont la Tunisie et le Liban, de passer outre le boycott arabe de l’entité sioniste. Parfois, comme à Baalbeck au Liban, l’artiste étranger a dû annuler sa prestation, ayant participé à des festivals dans l’entité sioniste.

La presse palestinienne 

Dans la revue al-Istiqlal (Gaza), le journaliste Radwan Abu Jamus consacre son article au village martyrisé d’al-Araqib, qui vient d’être démoli pour la 117ème fois par l’occupant. Al-Araqib est devenu le symbole de la bataille des volontés menée par les Palestiniens de l’intérieur pour rester sur leur terre et la protéger, et maintenir leur identité face à la politique de judaïsation. Le village d’al-Araqib dévoile la crise de l’entité sioniste, due à la balance démographique, puisque les prévisions montrent que les Palestiniens dépasseront les 58% de la population dans l’entité coloniale en 2020, contre 42% de colons juifs. 

A l’occasion de la rentrée scolaire en Palestine, les journalistes sont nombreux à dénoncer la judaïsation de l’enseignement dans la ville d’al-Quds et les territoires occupés en 48, mais aussi la destruction des écoles et l’arrestation des écoliers par les autorités sionistes. Rassem Ubaydat a consacré un article à la guerre menée contre les écoles palestiniennes dans la ville d’al-Quds. Il dénonce la politique de la municipalité de l’occupation qui a nommé des contrôleurs sionistes sur l’enseignement qui examinent les nominations d’enseignants, en vue d’activer la judaïsation des écoles et de l’enseignement des Maqdissis, dans les écoles publiques. Même dans les écoles privées et semi-publiques, la politique de la judaïsation semble avoir avancé, avec la fermeture des écoles des Awqaf musulmans de la ville. L’auteur craint la dé-conscientisation des élèves maqdissis qui suivent désormais les programmes scolaires sionistes, à cause du manque de stratégie politique de l’Autorité palestinienne envers al-Quds et ses habitants. 

Communiqués et déclarations

Azzam al-Ahmad, de la direction du Fateh, admet que son organisation ne refuse pas un accord d’échange de terres avec les sionistes, dans une déclaration de début juillet. Il insiste cependant sur le fait que les terres échangées devraient être de même importance et même valeur. 

 A l’occasion de la commémoration de l’incendie de la mosquée al-Aqsa, exécutée par un sioniste en août 1968, les communiqués des organisations de la résistance palestinienne affirment que la mosquée al-Aqsa est un lieu exclusivement musulman, et qu’elles empêcheraient les sionistes de s’en emparer ou de le partager.

Du côté de l’Autorité palestinienne 

Rassemblement de protestation des prisonniers libérés au centre de Ramallah, pour protester contre la décision de Mahmoud Abbas de supprimer leurs revenus, suite aux pressions exercées par les US et l’entité coloniale, considérant que les prisonniers palestiniens sont des « terroristes ». 

Sheikh Khodr Adnane dénonce l’arrestation de la journaliste Na’ila Khalil par les forces sécuritaires, et dénonce la politique de répression de la liberté d’expression. Le mouvement du Jihad Islamique en Palestine dénonce la campagne d’arrestation de ses militants dans plusieurs villes de la Cisjordanie occupée, notamment à Nablus, Tulkarm et al-Khalil. 

Mahmoud Abbas prend des mesures punitives contre le peuple palestinien de la bande de Gaza, sous le prétexte de lutter contre le Hamas. Il considère que ses mesures d'étouffement de la population auront pour résultat une révolte populaire contre l'administration du Hamas de la bande de Gaza.
 
Dans la colonie

L’association sioniste « caisse Segal israel », soutenue par plusieurs colons proches de Netanyahu utilise ses fonds pour soutenir la droite extrémiste dans l’entité, et les colonies. Cette association est financée par la famille Filk, au Panama, une des familles les plus riches dans le monde, qui soutient également les campagnes électorales de Netanyahu. La famille Filk a financé des colonies dans le quartier Selwan, dans al-Quds.

La presse sioniste a consacré plusieurs études et analyses sur la situation en Syrie et la présence iranienne dans ce pays, qu’elle juge menaçante envers l’entité coloniale. Les rencontres entre sionistes et américains ou sionistes et russes ont montré la nouvelle phobie de l’occupant, la montée en force de la présence iranienne dans la région, et même dans les territoires occupés en 48, selon le Maariv du 8/8 qui clot un article par « la menace iranienne sur Israël ne se trouve pas uniquement dans son programme nucléaire et son soutien au Hezbollah, mais dans l’environnement hostile à Israël et le sionisme dans le monde musulman, à propos de la mosquée al-Aqsa. »

L’éditorial du quotidien sioniste Haaretz daté du 8/8 met en cause la politique du tribunal sioniste qui a déchu le résistant Alaa Zayoud, né à al-Nasra, de la « nationalité  israélienne ». Condamné à 35 ans de prison, l’éditorialiste considère que déchoir de la nationalité une personne qui n’en possède pas une autre est un acte barbare.

Accusé de corruption, Netanyahu refuse de démissionner et affronte sa propre opinion locale. Il pense s’en sortir en lançant une guerre, contre Gaza probablement.

La bibliothèque « nationale » de l’occupant admet, en juillet, détenir dans ses locaux 8000 livres appartenant à des Palestiniens que les forces sionistes avaient volés des maisons et bibliothèques palestiniennes en 1948.




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