26/12/2017

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 2 - décembre 2017



« Cette terre est à nous, nous refusons la soumission à la décision de Trump »
 (le martyr Ibrahim Abu Thuraya, 29 ans, quelques minutes avant d’être exécuté ».

« La récente déclaration de Trump ne fait que renforcer notre détermination, notre résilience, notre attachement et notre appartenance à notre ville sainte » (Monseigneur Hanna Atallah).

Le peuple palestinien est fermement déterminé à poursuivre sa révolte contre la judaïsation de la ville d’al-Quds, la capitale éternelle de la Palestine. La déclaration du président américain Trump, affirmant que al-Quds serait la capitale de l’entité sioniste, a soulevé la colère palestinienne, arabe et musulmane, dans le monde, et a mobilisé les peuples amis de la justice et de la liberté, contre les représentants du terrorisme dans le monde : les Etats-Unis et l’entité sioniste. 
La nouvelle intifada qui se déclare depuis le 8 décembre dernier, jour de la déclaration américaine, se renforce tous les jours et gagne de nouveaux terrains. Les journées de la colère décrétées par les organisations de la résistance, et notamment par le mouvement du Jihad islamique, maintiennent la tension et assistent aux affrontements avec l’ennemi, dans la plupart des villes et camps palestiniens, en Cisjordanie et à Gaza, tandis que les Palestiniens des territoires occupés en 48 participent aux affrontements dans al-Quds et organisent les manifestations dans les villes de Galilée. Des centaines de blessés, dont certains graves, plus de 10 martyrs, plusieurs centaines de Palestiniens arrêtés, dont 350 mineurs, est le bilan de la terreur sioniste qui s’est abattue sur la Palestine occupée.

Le retour de l’Intifada dans les rues de la Palestine, et la monstruosité de la déclaration de Trump, a soulevé les masses arabes et musulmanes, dans les principales villes de la nation. Que ce soit à Amman, à Ankara ou à Rabat, la participation massive aux manifestations pourrait susciter un mouvement généralisé de refus du diktat américain dans les pays arabes et musulmans. En Algérie et en Tunisie, la colère se tourne contre les dictatures de la péninsule arabique (Arabie saoudite, Emirats) qui font pression sur l’Autorité palestinienne pour accepter le plan de « paix » américain, qui signifie la liquidation de la cause palestinienne. En Jordanie, les masses réclament la rupture des accords de Wadi Araba qui humilient les peuples arabes et les manifestations devant l’ambassade américaine sont incessantes. Si le peuple égyptien ne parvient pas à exprimer sa colère, le responsable d’al-Azhar est sorti de son silence et a affirmé, dans plusieurs déclarations, la nécessité de lutter pour protéger al-Quds. Les manifestations dans plusieurs pays musulmans asiatiques témoignent du réveil de la conscience des peuples musulmans en faveur de la ville d’al-Quds et de la cause palestinienne.

Dans cette ambiance d’effervescence populaire, les questions sont posées, à propos de la direction de la lutte, à propos de l’unité des organisations palestiniennes et la création d’un comité unitaire, à propos des formes de lutte, armée ou « pacifique », à propos des moyens d’action, arabe et musulmane, pouvant libérer les masses de l’emprise américaine. Les réponses restent mutiples et parfois contradictoires. Les attentes palestiniennes sont grandes, mais les entraves dans les pays arabes et musulmans restent encore trop importantes. Les objectifs ne semblent pas unifiés, au-delà de s’opposer à l’administration américaine et à la déclaration de Trump, qui est en fait un appui inconditionnel des Etats-Unis à la judaïsation d’al-Quds et de toute la Palestine.

Au niveau palestinien, la coupure entre les militants et cadres moyens du Fateh d’une part et la direction du mouvement, d’autre part est claire. Les premiers participent et se sacrifient pour la Palestine, alors que la direction du mouvement louvoie, attend et poursuit sa recherche d’une unité palestinienne de façade, sans remettre en cause le processus de règlement. Les formations de l’OLP réclament la formation d’un comité supérieur qui dirigerait l’intifada, comme au cours de l’Intifada de 1987, alors que les autres formations préfèrent voir se confirmer la participation populaire générale, avant de décréter la formation d’une quelconque direction, d’autant plus que les formations politiques ne jouent pas un rôle identique dans le soulèvement, et le fait de fixer des objectifs pour le court terme pourrait être dangereux pour la poursuite de la lutte contre l’entité sioniste.  Quant à la participation de la lutte armée, elle reste un choix, qui devrait intervenir au moment opportun, aux côtés du soulèvement populaire, d’autant plus qu’elle est réclamée par de nombreuses manifestations et rassemblements. Les organisations de la résistance basées dans la bande de Gaza ont compris la stratégie sioniste voulant détourner les regards de la bataille pour al-Quds, en les provoquant en tuant intentionnellement des manifestants à Gaza. Les réponses de la résistance sont claires : nous riposterons de manière à empêcher une escalade vers une guerre, et nous en avons les moyens et les capacités. 

Martyrs tombés  entre le 11/12/2017 -  25/12/2017

Mohammad Sami Dahduh, de Hayy Zaytun, dans la bande de Gaza, est décédé suite à ses blessures, le 24/12. Il avait été blessé lors du second vendredi de la colère, le 15/12 par les tirs des soldats postés au bord de la zone « frontalière » avec Gaza.
Sharif Abd Shalash, 28 ans, exécuté par les sionistes à l’Est de Jabalia, dans la bande de Gaza, lors d’une manifestation le 17 décembre. Il succombe à ses blessures le 23 décembre.
Zakaria Kafarne, 24 ans, exécuté lors de la manifestation du 22/12 contre la judaisation d’al-Quds, dans la bande de Gaza.
Mohammad Nabil Mhaysen, 29 ans, de Jabalia, bande de Gaza, exécuté lors de la manifestation du 22/12 contre la judaïsation d’al-Quds.
Bassil Ibrahim, de Anata, au nord-est d’al-Quds. Il a été exécuté à l’entrée de Anata, par une balle tirée dans le dos. Il avait été arrêté en 2012, alors qu’il manifestait en solidarité avec la grève de la faim des prisonniers. Il avait été condamné à 10 mois, et détenu dans la prison de Ofer. Après l’assassinat du martyr Mohamad Abu Khdayr par les colons en 2014, Bassil a affronté l’occupant en lançant des bouteilles incendiaires. Par 16 fois, il échappe à son arrestation pour être arrêté le 9/11/2015 par « les unités de la mort » (musta’ribun) et est condamné à 7 mois de prison. La détention est renouvelée sous la forme de détention administrative au moment de sa libération. Il reste enfermé pendant 23 mois. Lorsque l’intifada se renouvelle au sujet d’al-Quds, il se dirige vers les points d’affrontement avec l’occupant, à l’entrée de Anata. Il brise une voiture appartenant à des colons. Les soldats sionistes tirent dans le dos, n’osant l’affronter de face.
Ibrahim Abu Thuraya, Shuja’iya, Gaza, 29 ans, handicapé suite au bombardement « israélien » sur la bande de Gaza, en 2008-2009. Exécuté par une balle tirée par un soldat de l’occupation, le 15/12.
Yasser Sukkar, 23 ans, Gaza, Shuja’iya, exécuté par les tirs des soldats sionistes, au second vendredi de la colère, 15/12.
Mohammad Amin Aql, 19 ans, est décédé des suites de ses blessures, lors des affrontements près d’al-Bireh, le second vendredi de la colère. Il avait été d’abord secouru, blessé, par les ambulances du Croissant rouge Palestinien. Une vidéo montre comment les « secouristes » sionistes sont intervenus, avec l’armée, pour kidnapper le jeune blessé, qui est décédé dans les hôpitaux de l’occupant.
Hamda Zubaydat, de la région d’Ariha, décédée suite à un arrêt du cœur, lorsque les soldats de l’occupation ont lancé des bombes sonores en direction de sa maison. Elle était âgée de plus de 60 ans. 

Chronique de l’Intifada

Les manifestations et affrontements avec l’occupant se poursuivent sans relâche, que ce soit dans la ville d’al-Quds et ses environs, menacée par la judaïsation rampante et par la déclaration de Trump, qui entérine le viol de la ville sainte par les sionistes. Ils se poursuivent dans toute la Cisjordanie. Dans la bande de Gaza, les manifestations du vendredi, près du barrage « frontalier », après la prière du vendredi, sont suivies par des manifestations et sit-in, ainsi que diverses mobilisations, par secteurs, tout au long de la semaine. Dans les territoires occupés en 48, les Palestiniens organisent des manifestations, que ce soit dans les régions demeurées arabes ou bien dans les zones judaïsées, comme à Tel Aviv. Il s’agit d’affirmer le refus du peuple palestinien, non seulement de la déclaration Trump, mais de toute mesure de judaïsation de la Palestine, et de la volonté de lutte et de résistance contre l’occupant.

Le 15/12, second vendredi de la colère, auquel avaient appelé les organisations de la résistance, des affrontements ont eu lieu partout en Palestine, dans les régions d’al-Khalil, Bayt Lahem, al-Bireh, Ramallah, Tulkarm, Jénine, Tubas, al-Quds et les provinces de Gaza. Des centaines de blessés ont été touchés par des balles réelles ou enrobées de caoutchouc, et par le nouveau gaz asphyxiant lancé par l’occupant. A Bil’in, Budrus, Madma, Burin, Hawwara, Kfar Qaddum, des affrontements se sont déroulés, lorsque les jeunes ont manifesté en direction des barrages de l’armée d’occupation. Dans la ville d’al-Khalil, des milliers ont manifesté à l’appel des mouvements Hamas et Fateh, près de Bab al-Zawiya, après la prière du vendredi, et le camp d’al-Fawwar a été obstrué après les affrontements entre forces de l’occupation et les jeunes du camp. Dans la bande de Gaza, les affrontements ont eu lieu près du barrage « frontalier », d’où les soldats sionistes tiraient sur les manifestants. 164 Palestiniens avaient été blessés ce jour-là, dans la bande de Gaza, dont 5 gravement. Dans al-Quds, des milliers se sont rassemblés dans la mosquée al-Aqsa, après la prière du vendredi et ont scandé leur refus de la judaïsation de la ville d’al-Quds. Des affrontements ont eu lieu dans la rue al-Wad, dans la vieille ville, où l’occupant a aspergé les femmes de piment dans leurs yeux. A Bab al-Amud, à l’entrée de la vieille ville, l’occupant a tiré sur les manifestants et installé des barrages pour couper la zone. A Nasra, en Galilée, des manifestants ont parcouru les rues de la ville, dénonçant la judaïsation de la ville d’al-Quds. Une autre manifestation s’est déroulée dans les rues de la ville de Sakhine, en Galilée, pour affirmer l’arabité d’al-Quds. 

Au cours de la troisième semaine de décembre, les affrontements ont eu lieu à Tulkarm, entre les Palestiniens qui ont empêché les soldats de l’occupation d’entrer dans leurs maisons, et l’occupant, et se sont poursuivis dans la ville d’al-Khalil, dans la zone de Bab al-Zawiya, dans le camp Arroub, où les soldats de l’occupation ont poursuivi les jeunes à travers les ruelles des camps. 

Des affrontements ont eu lieu entre la population d’al-Bireh et les soldats de l’occupation, après la prière du vendredi 22/12, et à Bayt Lahem, autour de la mosquée Bilal b. Rabah, à l’entrée de la ville. Les journalistes ont été pris à partie et poursuivis, ainsi que les équipes médicales, pour les empêcher de soigner les jeunes blessés. Les affrontements se sont poursuivis dans le village al-Khodr et le village de Takou’, les soldats de l’occupation ont tiré sur les manifestants et lancé des gaz. Des affrontements ont eu lieu dans Qalandia, al-Ram, Abu Diss, Budrus, Nabi Saleh, Bayt Sira, Bil’in, Dayr Nadham, al-Mughir au nord de Ramallah, Bayt Furik, à l’est de Nablus, Jayus, Azzun à l’est de Qalqylia, à l’entrée de la ville de Salfit, dans le camp Ayda, à Bayt Lahem, à Sa’ir, Halhul, et Bayt Ummar, au nord d’al-Khalil, à Tamun, Tubas et Qifin au nord de Tulkarm.

Des affrontements ont eu lieu samedi 23/12 dans le village de Madma, au sud de Nablus, après l’invasion d’une centaine de colons. Des appels à la mobilisation furent lancés à partir de la mosquée, et les centaines de jeunes ont accouru pour chasser les colons. L’armée de l’occupation est intervenue en tirant sur les jeunes et en faisant des blessés. 

Le même jour, des résistants lancent des grenades sur un poste de l’armée sioniste à l’entrée de la ville de Qalqylia. Le poste a pris feu. 

Dans la bande de Gaza, les affrontements ont eu lieu après la prière du vendredi 22/12, dans toutes les zones de la bande « frontalière », près de Bayt Hanun, à l’est de Jabalia, près de la colonie Nahel Oz, à l’est de Gaza, Braij, Khan Younes et Rafah. Les soldats postés de loin ont tiré sur les manifestants pour tuer, et lancé des gaz asphyxiants, de nature inconnue.

Des manifestations ont parcouru les rues des principales villes de la bande de Gaza, après la prière du vendredi 22/12, à l’appel des organisations de la résistance palestinienne. Des milliers de manifestants ont scandé « vers al-Quds nous partons, et, par millions nous serons martyrs ».

Le comité de suivi à l’intérieur des territoires occupés en 48 et dans al-Quds appelle à boycotter les institutions américaines, en réponse à la décision de Trump. Une manifestation pour l’arabité d’al-Quds a eu lieu devant l’ambassade américaine, dans la colonie Tel Aviv, rassemblant les Palestiniens de 48. 
 
sheikh Sayyah at-Touri d'al-Araqib dans le Naqab occupé

Répression et purification ethnico-religieuse

Au cours de cette période du mois de décembre, les forces armées de l’occupant ont envahi à plusieurs reprises plusieurs localités de la Cisjordanie, y compris la partie orientale d’al-Quds, et arrêté des centaines de Palestiniens. Au cours de ces rafles, les Palestiniens ont affronté l’occupant en lui lançant des pierres et en s’opposant aux arrestations.  

Le 11/12, l’armée sioniste arrête à l’aube Sheikh Khodr Adnane, dans sa maison à Arraba, province de Jénine. A Nablus, l’armée se déploie dans les rues de la ville et affronte des dizaines de jeunes dans la place al-Shuhada’, et le quartier Ras el-Ayn. Elle arrête le prisonnier libéré Mohammad Salah Hamdane, Bara’ Azmihan, et Ala’ Abu Shamt. ‘Issam Jamil Ishtiye, libéré il y a quelques mois, est de nouveau arrêé ainsi que Bashr Hamed Ziyade. 

Au cours de la première semaine, l’occupant coupe la route entre le camp al-Jalazon et la ville d’al-Bireh. Il se déploie dans la zone ouest de Selwad, et des patrouilles militaires sionistes envahissent les villages au nord et à l’est de Ramallah, après que les résistants aient tiré des coups de feu sur un véhicule de colons. Le prisonnier libéré Bashir Badrane est arrêté.

A la date du 25/12, le nombre des enfants (mineurs) arrêtés par l’occupant et détenus dans les prisons sionistes s’élève à 350, sur un total de 600 arrestations depuis le 10/12. L’enfant Abd Salayma, âgé de 10 ans, a été arrêté dans sa ville al-Quds. L’enfant Ibrahim Gayth n’a que 11 ans, il a été arrêté à Bab al-Amud dans al-Quds. Le 19/12, l’occupant arrête Ahd Tamimi, jeune palestinienne de 17 ans, dans son village Nabi Saleh. Le lendemain, il arrête sa cousine Nour et sa mère Nariman. 

95% des Palestiniens arrêtés au cours des semaines passées sont des jeunes. Ceux qui ont été placés dans la prison de Ofer ont subi des violences sauvages au cours de leur arrestation et interrogatoire. Le prisonnier Ahmad Smayrat, 17 ans, de Yata dans al-Khalil, a été brutalisé par 12 soldats qui l’ont frappé avec les crosses de leurs fusils. Il a perdu connaissance et a été placé 5 heures dans le froid avant d’être interrogé. 15 soldats de l’occupation ont agressé Ibrahim Qawasme, 15 ans, de la ville d’al-Khalil, qui l’ont maintenu au sol pendant qu’ils le frappaient sur le dos et le piétinaient. Parmi les jeunes brutalisés : Wa’el Hashash, 19 ans, du camp Balata, Lou’ay Natshé, 15 ans de la province d’al-Khalil, Ahmad Qassem, 19 ans, du camp de Jénine, Ahmad Abu Rahme, 17 ans, de Bil’in. L’enfant prisonnier Hamed al-Masri, 14 ans, de Salfit, est toujours en soins intensifs après avoir été blessé par l’occupant. Il a été arrêté le 12/12 et blessé par balles. 

Le tribunal de Ofer avait décidé de libérer avec paiement d’une caution de 10.000 shekels l’enfant Fawzi al-Junaydi (16 ans) arrêté le 7 décembre dans la ville d’al-Khalil. Mais le procureur a refusé la demande. L’appareil judiciaire de l’occupant prouve une fois encore que son jeu n’est qu’un simulacre voulant faire croire à un Etat régi par des lois, alors qu’il n’est qu’un pion dans une entité coloniale. Le mineur Fawzi al-Junaydi avait raconté à son avocat comment 23 soldats sionistes se sont jetés sur lui. Ils l’ont jeté au sol et se sont mis à plusieurs à le battre avec la crosse de leurs fusils. Ils l’ont ensuite entraîné, pieds nus, vers la zone du « container » où ils l’ont enfermé dans un salle sombre, et ont poursuivi leurs coups tout en lui lançant de l’eau froide sur ses pieds, avant de les écraser. 

Les unités de la mort (les musta’ribun) : elles sont à nouveau en exercice, selon les manifestants palestiniens en Cisjordanie occupée. Ces unités ont été formées par l’armée sioniste pour s’infitrer dans les villes et villages palestiniens pour arrêter et exécuter les Palestiniens recherchés par l’occupant. Connues pour leurs pratiques fascistes, ces unités qui parlent l’arabe, portent des vêtements civils afin de ressembler aux Palestiniens. Mais dans les manifestations, ces hommes sont de plus en plus reconnus, même s’ils répètent les slogans contre l’occupant et lancent des pierres aux côtés des manifestants. Des appels ont été lancés pour essayer coûte que coûte de les éviter et de les isoler. En effet, depuis le renouvellement de l’Intifada et des manifestations, ces hommes de la mort interviennent de plus en plus dans les rangs des manifestants pour en kidnapper quelques-uns, les rouer de coups avant de les emmener dans leurs véhicules.

L’occupant a arrêté le chef du village al-Araqib, Sayyah at-Touri (68 ans), parce qu’il refuse d’abandonner son village aux colons. Il a été condamné à 10 mois de prison ferme. Il a été condamné à payer 36.000 shekels. Pour les Palestiniens de 48, cette décision vise à démoraliser les Palestiniens pour empêcher la poursuite de leur combat. L’arrestation du sheikh  At-Touri vise, après les arrestations de plusieurs dirigeants du mouvement national et islamique, dans les territoires occupés en 48, à supprimer la représentativité politique des Palestiniens de 48. Suite à cette décision, sheikh Sayyah At-Touri a déclaré : « si nous ne possédons qu’un seul mètre et non un dunum de terre, cela ne veut pas dire que nous l’abandonnerons. Même s’ils démolissent, ils ne peuvent démolir notre détermination. Nous vaincrons la domination « israélienne » et son pouvoir injuste, par la volonté de Dieu ».

La municipalité sioniste à Kfar Qasem a démoli une maison en construction dans la zone ouest de la ville, appartenant à Mo’adh Bdayr, sous le prétexte de construction « illégale ». La municipalité exige le paiment des frais de la démolition qui s’élèvent à 40 mille shekels. 

Le 25/12, un membre du knesset sioniste a arrêté le bus qui transportait les familles des prisonniers pour la visite aux prisonniers. Il est monté dans le bus, a insulté les familles et a commencé à agresser une femme dans le bus, sous le regard bienveillant de l’armée d’occupation, qui accompagne d’ordinaire les bus. Imaginez un député dans un Etat normal agissant de la sorte !! Ce qui donne entièrement raison à la revue « Youpi » de Bayard, dont le numéro mettant en cause la normalité de l’entité coloniale a été retiré de la vente, suite aux pressions du CRIF.

L’occupant planifie la construction de 16 postes de police dans al-Quds, pour empêcher toute révolte. Les services de la répression sioniste essaient de contrôler la place de Bab al-Amud, donnant accès à la vieille ville, en y installant un poste policier et 40 caméras de surveillance. L’occupant planifie également la construction d’un million d’unités coloniales dans la ville d’al-Quds et la Cisjordanie occupée. Par ailleurs, le Knesset discute le déploiement colonial dans toute la Cisjordanie, supprimant ainsi l’illusion d’une autorité palestinienne indépendante.

Profanation des lieux saints

La profanation de la mosquée al-Aqsa par les colons et les représentants officiels de l’entité sioniste s’est poursuivie pendant toute cette période. Ils arrivent par dizaines ou centaines, tôt le matin, souvent par la porte al-Maghariba, accompagnés de policiers de l’occupation, entérinant la division de la mosquée al-Aqsa dans le temps. Le 13/12, 233 colons ont profané la mosquée. Le 18/12, ils étaient 104 colons à le faire, en compagnie du député sioniste Gluck. Selon les statistiques des Awqaf musulmans, 24.000 sionistes ont profané la mosquée au cours de l’année. 

La Maison-Blanche (Etats-Unis) déclare que le mur al-Buraq appartiendrait aux sionistes. L’entité coloniale prévoit de consacrer 250 millions de shekels pour creuser sous la mosquée al-Aqsa et la vieille ville. Depuis l’occupation de la partie est d’al-Quds, les sionistes creusent pour essayer de trouver une pierre qui attesterait que sous la mosquée al-Aqsa, se trouverait le mythique temple. Il n’ont rien trouvé confirmant leurs mensonges.

L’occupant inaugure une synagogue dans les tunnels qu’il a creusé sous le mur al-Buraq, poursuivant la judaïsation de la ville arabo-musulmane d’al-Quds. Il a l’intention de construire une synagogue dans Ras al-Amud, près du Mt des Oliviers, sur 2000 m2. 

L’administration sioniste (archéologie et nature) envahit le cimetière historique de Bab al-Rahma, qui jouxte la mosquée al-Aqsa, pendant trois jours de suite, les 10-12/12 . Des arbres ont été coupés et des tombes saccagées. L’occupant serait en train de préparer l’installation du téléférique colonial sur le cimetière. 
 
L'enfant Fawzi al-Junaydi arrêté par 23 soldats

Dans les prisons de l’occupation

Les forces de l’occupation arrêtent le 11/12 sheikh Khodr Adnane à Arraba, province de Jénine. Il décide de mener la grève de la faim et de la parole, à cause des brutalités dont il a été l’objet lors de son arrestation. En effet, quatre unités de l’armée ont encerclé la maison familiale, dès l’aube. Elles ont cassé la porte de la maison. 8 soldats se sont jetés sur lui et l’ont sauvagement menotté. 

Le prisonnier Rizk Rajub, 61 ans, de Dura (al-Khalil) a refusé de se soumettre au choix du tribunal, la déportation ou la détention administrative. Il a entamé la grève de la faim pour réclamer sa libération. Il avait été arrêté le 27/11/2017. Il avait été détenu auparavant pendant 23 ans, dont 10 ans en détention administrative.

Le prisonnier Tha’er Halahla, de la région d’al-Khalil, détenu dans la prison du Naqab, a subi le renouvellement de la détention administrative à son encontre, de 4 mois, avant la fin de la période précédente. Le prisonnier cadre du mouvement du Jihad islamique en Palestine est interdit de visites, et souffre de maux du foie et du dos. Il avait été arrêté à nouveau en avril 2017.

La direction de la prison de Eschel a refusé de faire entrer des couvertures et vêtements chauds aux prisonniers, par vengeance. 7 prisonniers palestiniens ont été blessés par l’incendie qui s’est déclarée dans le centre d’isolement de la prison Moskobiyya, dans al-Quds. Les prisonniers détenus dans la prison du Naqab ont été soumis à des fouilles provocatrices au cours du mois de décembre. 

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation

La famille royale au Bahrayn confirme par plusieurs déclarations et actions sa volonté de normaliser avec l’occupant sioniste. Si le Bahrayn représente la façade culturelle de la normalisation, les Emirats arabes unis représentent la façade sécuritaire et économique de ce rapprochement avec l’ennemi sioniste, les deux entités politiques agissant comme ballons d’essai pour l’Arabie saoudite, dont certaines déclarations insistent sur la volonté de normaliser avec l’occupant, au moment où la presse saoudienne se contente de publier des interviews exclusives avec des représentants de l’entité coloniale. Les déclarations de chercheurs et autres intellectuels de la péninsule arabe, bien que minoritaires, tentent de trouver des fondements religieux et politiques à l’entité coloniale, inaugurant une nouvelle forme de normalisation, sous l’égide de sheikhs saoudiens.

Bahrayn : Un émir du Bahrayn admire les toiles des artistes « israéliens », et souhaite en acheter.  Un ministre du Bahrayn a déclaré que la cause palestinienne ne représenterait pas la première cause des Arabes. Il réclame de serrer les rangs non contre les Etats-Unis, mais contre la république islamique en Iran.  120 savants et intellectuels bahraynis condamnent la normalisation de leur régime avec l’entité sioniste.

Tunisie : Un syndicat tunisien boycotte les navires américains au port de Sfax. Les ouvriers refusent de décharger le navire. Un million de signatures pour criminaliser juridiquement la normalisation avec l’entité sioniste. La campagne est lancée. La criminalisation n’a pu se faire lors du changement du pouvoir, à cause des pressions occidentales, notamment allemandes, et à cause des formations libérales.

Tunisie : Les Tunisiens actifs contre la normalisation empêchent une exposition sur le holocauste dans la Bibliothèque Nationale de Tunis, avec la participation de l’UNESCO, des Nations-Unies et la fondation allemande Rosa Luxembourg. Les manifestants et les employés de la Bibliothèque Nationale ont supprimé les toiles de l’expo, en criant « Palestine Libre, le sioniste dehors ».

La chasse aux normalisateurs, individuels ou associatifs, est lancée dans plusieurs pays arabes. Cependant, tant que les sociétés ne remettent pas en cause le financement des associations par les Etats-Unis et de nombreux pays européens, la lutte contre la normalisation risque de se heurter aux puissances. C’est là où il faudra s’affirmer et briser la dépendance. 

La presse palestinienne

Sheikh Nafez Azzam, dirigeant au mouvement du Jihad islamique en Palestine écrit à propos du changement de la politique américaine : alors que les Etats-Unis tentaient de dominer le monde en utilisant la « légalité internationale » et la protection des « résolutions internationales », intervenant dans le monde et fomentant des troubles au nom de cette légalité, sauf en ce qui concerne l’entité sioniste qui n’a jamais respecté « le droit international », voici que la déclaration de Trum rompt avec cette politique, plaçant les Etats-Unis hors de la « communauté internationale » qu’elle avait elle-même créée. Cette nouvelle situation doit pousser les peuples à réclamer un nouvel ordre international où les Etats-Unis ne peuvent avoir de rôle international et spécifique, afin de sauver le monde de l’arrogance américaine. 

Ali Jaradat écrit à propos de la nouvelle Intifada qui secoue la Palestine : la lutte sur le terrain et sur le plan politique se poursuit, pour la troisième semaine, et il ne semble pas qu’elle s’arrêtera. De même, le président Trump n’a pas l’intention de revenir sur ses pas et l’entité sioniste profite au plus haut point de l’aide américaine pour accentuer la judaïsation de la Palestine et d’al-Quds et pour réprimer et tuer les Palestiniens. Mais les Palestiniens ont réussi quatre réalisations importantes : l’isolement des Etats-Unis et de l’entité sioiste, la Palestine a reçu un soutien inégalé depuis l’intifada de 87, la Palestine et al-Quds sont toujours présentes dans la conscience arabe et islamique et chez les libres de ce monde, les Palestiniens ont prouvé une fois encore qu’ils sont un peuple vivant et combattant, qui ne peut être divisé ni marginalisé ou oublié. Les Palestiniens peuvent arracher leurs droits, même en situation de déséquilibre des rapports de force dans le monde. Ils peuvent empêcher Trump de liquider la cause palestinienne.

Walid Qitati dénonce la pseudo-liberté d’opinions affichée par certaines chaînes de télévision (al-Jazeera par exemple) et la considère comme une forme de normalisation, quand la chaîne invite des sionistes pour s’exprimer. La normalisation c’est aussi diffuser les mensonges de l’entité sioniste par le biais de ses représentants, parmi le public arabe, pour le déstabiliser et casser la résilience morale et psychologique des peuples arabes face à l’ennemi. La normalisation, c’est considérer que l’entité sioniste n’est qu’un Etat parmi d’autres, que nous devrions accepter. Les médias arabes ne peuvent prétendre, en acceptant de recevoir des sionistes, à un professionnalisme, qu’ils ont d’ailleurs abandonné quant à d’autres questions. Le professionialisme consiste à faire discuter des parties pouvant le faire sur des questions posant problème, mais non sur des évidences, comme le fait de discuter de la rotation de la terre autour du soleil. La normalisation médiatique se cache derrière la liberté d’opinions, mais en fait, elle ignore ou semble ignorer la nature du conflit qui nous oppose à l’entité sioniste. 

Clarté : L’éditorial de la revue bi-hedomadaire paraissant à Gaza, al-Istiqlal, écrit par Khaled Sadeq met l’accent, trois semaines après la déclaration funeste de Trump, sur la clarté de la scène politique actuelle : d’un côté, le peuple palestinien, de l’autre l’administration américaine et l’ennemi sioniste. Les régimes arabes du Golfe, Arabie saoudite et Emirats, font pression sur l’Autorité palestinienne pour l’obliger à accepter le plan américain de liquidation de la cause palestinienne, au moment où les peuples arabes et musulmans, et les peuples libres du monde, affirment leur solidarité avec le peuple palestinien et sa cause. Le conflit est de plus en plus serré entre les deux parties, et le sera encore plus au cours des mois prochaines. Notre peuple est capable, malgré tous les sacrifices, d’affronter cette alliance, parce que c’est al-Quds. La lutte se poursuivra jusqu’à ce que Al-Quds et la Palestine redeviennnent libres. 

Communiqués et déclarations

Ihsan Ataya, représentant au Liban du Mouvement du Jihad islamique en Palestine a déclaré : Le vote à l’ONU ne suffit pas au peuple de la Palestine, ce vote doit être concrétisé sur le terrain. Que ceux qui ont voté pour la Palestine expulsent les ambassadeurs américains de leurs pays, et coupent toutes relations et formes de normalisation avec l’entité spoliatrice sioniste. Les paroles ne suffisent pas, et la Palestine ne sera pas libérée par les slogans. »

Khaled al-Batsh, dirigeant au mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré le vendredi 22/12 que l’intifada en cours sera la priorité du mouvement et des autres formations de la résistance. La résistance ne restera pas les bras croisés face aux assassinats de nos jeunes, et notamment du jeune Ibrahim al-Thuraya. L’intifada a levé la peur face aux Etats-Unis, elle obligera les politiciens et les penseurs à abandonner « le réalisme politique » imposé par les Etats-Unis. 

Sheikh Ikrima Sabri, président du haut conseil islamique, a déclaré, que le Mur al-Buraq (que les sionistes appellent mur des lamentations) est un waqf musulman jusqu’à la fin des temps. Personne, ni musulman ni non musulman, américain ou non américain, n’a le droit de modifier son statut. L’occupant « israélien » n’a aucun vestige ni patrimoine dans la ville d’al-Quds. Les lieux de culte qu’il a construit depuis 67 sont nouveaux et n’ont aucune racine dans le passé. Toute lieu nouvellement construit est infondé et ne leur donne aucun droit historique.

Le conseil militaire des Brigades al-Qassam (branche armée du mouvement Hamas) a déclaré que les tentatives de normalisation et la course pour se jeter dans les bras de l’entité (sioniste) ainsi que les déclarations appuyant les mesures de l’occupant dans la ville d’al-Quds, subiront un échec ».

Sheikh Ikrima Sabri déclare : Viser la ville d’al-Quds c’est viser toute la Palestine et ses lieux saints, musulmans et chrétiens. Notre lien avec la ville d’al-Quds est un lien historique et religieux, aucune décision ne pourra modifier ce fait.

Abbas Zaki, membre du comité central du Fateh : « le mouvement ne veut plus entretenir des relations avec les USA ». « al-Quds est notre qibla, la dignité de la nation ».

Dans la colonie

Le chef du Shabak a déclaré que son appareil est parvenu à faire échec à des centaines d’opérations de la résistance, en Cisjordanie occupée, au cours de l’année. Il a affirmé que le calme qui prévaut est trompeur, car la situation change en permanence, notamment après la déclaration de Trump. Il a déclaré à la presse que les premiers mois de l’année 2018 verraient d’importantes transformations sur le terrain. « Ce sera un moment extrêmement difficile », a-t-il conclu.

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