10/12/2017

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 1 - décembre 2017



« Quiconque abandonne la résistance et l’Intifada est considéré comme mort, dans tous les sens du terme » (Mohammad al-Hindi, membre de la direction du Mouvement du Jihad islamique en Palestine)

La décision du président américain Trump d’offrir la ville arabo-musulmane d’Al-Quds à l’ennemi sioniste rappelle, cent ans plus tard, la promesse faite par l’anglais Balfour d’offrir la Palestine au mouvement sioniste. Tous les deux, symboles de l’arrogance impérialiste à cause de leur supériorité militaire, ont offert ce qu’ils ne possédaient pas à ceux qui ne le méritaient pas. 
La décision de Trump a, par ailleurs, sonné le glas de tout le processus de règlement entamé après la guerre de 1967, qui a négocié le droit arabe et palestinien total sur la terre usurpée contre un partage de la Palestine entre des colons venus d’ailleurs sous la houlette du sionisme et le peuple palestinien. Les Etats-Unis viennent de confirmer une fois encore que les grandes puissances, qui se targuent de vouloir instaurer la justice et la liberté dans le monde, ne prennent en considération que leurs propres intérêts et sont prêts à rejeter les principes moraux au nom desquels ils ont fomenté des complots et envahi des pays. Les sages de ce monde se réfèrent au saint Coran pour dire que cette décision machiavélique pourrait être le début d’un processus de libération, non seulement de la Palestine, mais du monde arabo-musulman également et des accords honteux (Camp David et Wadi Araba) qui le lient au processus de règlement, pour s’unir autour du symbole de notre dignité, la ville d’al-Quds. En Palestine occupée, une nouvelle Intifada est déclenchée. Au-delà de cette décision américaine, c’est tout le processus de règlement qui est mis en cause, non seulement pour le peuple palestinien, mais pour les peuples de la nation. Pour consolider la voie de la libération, la solidarité, matérielle et politique, s’impose.

Martyrs palestiniens tombés  Novembre- 10 décembre 2017 

Mahmud Awdeh, 43 ans, de Qusra (sud de Nablus), exécuté par les colons qui ont attaqué le village le 30 novembre.
Mahmud al-Masri, 30 ans, bande de Gaza, exécuté par les sionistes lors de la manifestation du 8/12 contre la décision américaine.
Maher Atallah, 54 ans, exécuté par les sionistes lors d’une manifestation contre la décision américaine, à Gaza.
Abdallah Al-Atl, 28 ans, Gaza, et Mohammad Safadi 30 ans, tués par l’aviation de l’ennemi, qui a bombardé une base militaire du mouvement Hamas, à l’aube du 10/12.

Résistance et résistants

La décision américaine relative à la ville d’al-Quds a enclenché la colère du peuple palestinien dans son ensemble, qui a intensifié la lutte, dans tous les territoires occupés de la Palestine, qu’ils aient été occupés en 48 ou 67.
Des milliers de Palestiniens des villes, bourgs et villages de 48 ont protesté au cours des derniers jours, à la décision américaine. Ils ont appelé les députés palestiniens du Knesset sioniste de refuser d’assister au discours que prononcera l’envoyé américain Mike Bens. Le comité de suivi des masses arabes a lancé un programme de protestations devant se dérouler dans toutes les régions, des manifestations les vendredi samedi et des sit-in devant l’ambassade américaine à Tel Aviv. Les imams des mosquées ont spécifié leurs sermons pour affirmer le caractère arabo-palestinien de la ville d’al-Quds et pour refuser sa judaisation, et appeler à s’y opposer. La manifestation importante qui s’est déroulée dans la région d’Umm al-Fahem, dans le Triangle, a provoqué la colère de Liberman, qui réclame l’expulsion des Palestiniens vers la ville de Ramallah, dénonçant le fait que les Palestiniens brandissent le drapeau palestinien, mais jamais le « drapeau israélien ». 

Les mouvements de la résistance palestinienne ont appelé, à l’unisson, à s’opposer par tous les moyens à la judaïsation de la ville d’al-Quds. Dès le jeudi, les manifestations se sont déroulées dans tout le pays, du nord au sud, avec une décision d’affronter les bases militaires, et ne pas se contenter de manifestations symboliques à l’intérieur des villes. A Nablus, la population a affronté les sionistes au barrage de Huwwara. Pour le jeudi, le Croissant rouge Palestinien a signalé plus de 300 blessés, par balles et par asphyxie. Le « jour de la colère », auquel avait appelé les organisations palestiniennes, le Croissant rouge a signalé plus de 1100 blessés, dans tous les territoires occupés en 1967 seulement. Il semble bien que l’armée de l’occupation ait décidé de tuer à Gaza, afin d’isoler les mouvements et d’isoler la riposte de la résistance  du reste de la Palestine. C’est le but des bombardements aériens sur la bande de Gaza, voulant obliger la résistance à riposter, afin de cerner le combat et de le diviser. Deux attaques aériennes, le vendredi soir et le dimanche à l’aube, ont blessé plusieurs civils et tué des combattants du mouvement Hamas. 

Un résistant a réussi à poignarder un soldat sioniste dans la partie ouest de la ville occupée d’al-Quds. Le résistant a été arrêté (10/12).

Au cours du mois de novembre, les dirigeants de la colonie sioniste ont craint la riposte du mouvement du Jihad islamique après l’attaque du tunnel de la résistance, à Khan Younes, qui a entraîné le martyre de 12 combattants, dont de hauts responsables militaires. Mais la résistance a décidé d’attendre son heure pour riposter, d’autant plus que les pourparlers en vue de l’unification administrative et politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie étaient en cours. Mais la résistance a réussi, entretemps, à attaquer un poste militaire sioniste au nord de la bande de Gaza, tout en diffusant les extraits radio des conversations et appels au secours entre les sionistes blessés et leur direction. Cette attaque de la résistance n’est certes pas la riposte attendue, comme l’a expliqué le mouvement du Jihad islamique, mais une réponse à l’assassinat de sang froid du martyr Mahmud Awdeh, à Qusra en Cisjordanie. Les extraits radio que le mouvement de la résistance est parvenu à diffuser indiquent que 16 soldats sionistes ont été blessés. Les médias « israéliens » furent interdits de diffuser la nouvelle.

Par ailleurs, les Palestiniens ont poursuivi la résistance et les manifestations presque quotidiennes, dans al-Quds et les villes et bourgs de la Cisjordanie occupée, contre la colonisation et les agissements criminels des colons. Que ce soit à Azzoun, à Qusra, à al-Khalil, al-Issawiya, Jabal al-Baba, à Bayt Lahem, les affrontements avec les forces sionistes se sont poursuivis.

Soulèvement des peuples arabes et musulmans

La décision trumpienne de faire d’al-Quds, la capitale arabe palestinienne une capitale de l’entité coloniale a déclenché la colère des peuples arabes et musulmans. Depuis ce jour funeste, les manifestations, par centaines, milliers ou dizaines de milliers, parcourent les rues des capitales et villes du monde arabo-musulman. Al-Quds unifie. C’est le constat fait les analystes du monde entier, et ne divise pas, contrairement aux gestes de normalisation et de coopération avec l’ennemi sioniste. A Jakarta, comme à Tunis, à Alger comme à Saada dans le Yémen, à Beirut comme à Baghdad, les masses arabes sont descendues dans les rues pour protester contre la décision américaine. A Istanbul comme à Téhéran, les peuples dénoncent la nouvelle collusion américano-sioniste et réclament la libération d’al-Quds et de la Palestine. A Amman et au Caire, les manifestants réclament la suppression des accords de Camp David et de Wadi Araba, accords de normalisation avec l’occupant, qui ont ouvert la voie à toutes les débandades arabes. 

Liban : vendredi, les manifestants ont parcouru les rues de Beirut et ont organisé des si-in dans les principales villes, après la prière du vendredi. Samedi, des sit-in ont été organisés dans plusieurs villes et bourgs, dont la ville de Sayda et Trablus. Du côté des camps de réfugiés palestiniens, les manifestations parcourent les camps du sud au nord, en passant par Beirut et Baalbeck. Les jeunes palestiniens participent par ailleurs à toutes les manifestations organisées par des parties libanaises dans tout le pays. Dimanche 10, les appels à manifester devant l’ambassade américaine à Awkar, située à l’extérieur de la capitale, ont été massivement entendus par les Libanais et Palestiniens. Après avoir brisé le portail d’entrée de l’ambassade, les manifestants qui avaient l’intention de pénétrer dans l’ambassade, ont été empêchés par les forces de l’ordre qui ont lancé des grenades lacrymogènes et des flux d’eau. Les partis libanais, nationalistes, islamistes, nationaux et de gauche, promettent de poursuivre les protestations, en réclamant l’expulsion de l’ambassadeur américain.

Yémen : c’est à Saada qu’a eu lieu la manifestation arabe la plus massive, le « vendredi de la colère », à l’appel des partis islamistes et nationaux. Des centaines de milliers de Yéménites ont vivement protesté contre les Etats-Unis et leurs alliés dans la région et ont appelé à soutenir la résistance palestinienne.

Egypte : Le sheikh d’al-Azhar Ahmad al-Tayyib déclare que l’administration américaine falsifie l’histoire et agresse les lieux saints des peuples. Il a annoncé son refus de rencontrer prochainement l’envoyé américain dans la région Mike Pence. Le chef de l’église copte a déclaré de même. L’Eglise évangélique d’Egypte a dénoncé la décision américaine qui « nuit aux sentiments des centaines de millions d’Arabes, musulmans et chrétiens ». Du côté du peuple, les manifestants égyptiens, de toutes tendances politiques confondues, sont spontanément descendus dans les rues pour dénoncer la politique américaine dans la région, et notamment en Egypte. Ils réclament l’annulation des accords de la honte, les accords de Camp David, avec l’entité d’occupation. A partir de vendredi, la « journée de la colère », les principales villes égyptiennes ont été le théâtre de manifestations et de sit-in en soutien au peuple palestinien et à la ville d’al-Quds. Les protestations se sont poursuivies depuis ce jour, et notamment le dimanche 10/12, des manifestations ont eu lieu dans les universités de Ayn Shams, Zaqaziq et Manufia. 

Jordanie : Jordaniens et Palestiniens sont dans les rues de la capitale Amman et les principales villes jordaniennes pour protester contre la politique américaine et l’invasion sioniste de la Palestine. Ils ont réclamé, devant l’ambassade sioniste, sa fermeture définitive et la suppression des accords deWadi Araba, qui font de la Jordanie un satellite américano-sioniste. Les manifestations se sont poursuivies dimanche dans les universités, dont l’université al-Isra’, l’université jordanienne, al-Hashimiya, al-Zaytuna, al-Balqa, ainsi que d’autres universités dans le pays. Dans le camp de réfugiés d’al-Baq’a, les manifestants ont réclamé l’action de la résistance armée. En dernière minute : le parlement jordanien accepte de revoir l’accord de Wadi Araba, signé avec l’entité coloniale.

Indonésie : 20.000 manifestants ont protesté devant l’ambassade américaine le dimanche 10 décembre, à Jakarta la capitale, et ont conspué les Etats-Unis et leurs dirigeants, en défense de la ville d’al-Quds.

Pakistan : Des milliers de citoyens ont organisé des sit-in dans plusieurs villes du pays pour dénoncer la décision américaine. Les manifestants ont parcouru les villes de la capitale Islamabad, et Karashi, Peshawar et Lahore. Les drapeaux palestiniens ont été levés lors des manifestations. 

Tunisie : Le président tunisien a convoqué l’ambassadeur américain à Tunis pour lui annoncer le refus de son pays de la décision américaine. Il a d’autre part appelé à l’unité des pays arabes pour affronter la décision américaine et l’occupation sioniste. Les manifestations refusant la décision américaine et soutenant le peuple palestinien ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Soussa, Monastir, Qayrawan, Qafsa, Binzert, Tatawin et Qabes. 

Algérie : Dimanche 10/12, les Algériens ont manifesté contre la décision trumpienne. Du côté du régime, ce dernier a refusé la demande américaine de protéger l’ambassade US par des « marines ».

Maroc : Des manifestations se sont déroulées dans les villes marocaines, et dimanche, une manifestation a eu lieu dans la capitale à Rabat. 

Soudan :  Les partis soudanais affirment leur soutien à la ville d’al-Quds et appellent à poursuivre les protestations contre la décision américaine et en soutien à la capitale palestinienne jusqu’à sa libération. La député au parlement soudanais Abla Mahdi appelle à cesser les relations avec les Etats-Unis, et de ne pas avoir peur des Etats-Unis, car il est temps de prendre des décisions fortes et fermes pour al-Quds.

Iraq : Dès le jeudi 7/12, les manifestations ont parcouru les villes iraqiennes, à l’appel de plusieurs partis politiques. Le Diwan du Waqf sunnite a organisé une grande manifestation à Baghdad, considérant que les Etats-Unis protègent le terrorisme dans la région. Dans la ville d’al-Sadr, également, des milliers de manifestants ont conspué l’entité sioniste. 

Turquie : de nombreuses villes turques ont assisté à des manifestations et sit-ins, depuis le jeudi 7/12, et les pancartes brandies par les manifestants disaient : « al-Quds à est nous », « al-Quds est musulmane ». Les drapeaux palestinien et turc ont été levés. Le président Erdogan a affirmé que la ville d’al-Quds est « une ligne rouge » que les sionistes et américains ne devraient pas dépasser. Dimanche, des centaines de milliers de manifestants à Istanbul ont dénoncé la décision trumpienne et soutenu la résistance du peuple palestinien.

Iran : des centaines de milliers de manifestants ont parcouru les rues de nombreuses villes en Iran pour dénoncer la collusion américano-sioniste contre le peuple palestinien et la ville d’al-Quds, et ce le vendredi, jour de la colère, et le dimanche 10/12. Toutes les prêches du vendredi ont été consacrées à la défense de la ville d’al-Quds et de la Palestine.

Au Koweit, des centaines de manifestants ont scandé, le samedi 9/10, des slogans affirmant que al-Quds est la capitale éternelle de la Palestine. Ils ont affirmé leur soutien total à la résistance palestinienne et dénoncé les voix des normalisateurs. Le député Mubarak Duwayla a déclaré que la décision de Trump pourrait être bénéfique en unifiant le monde arabo-musulman dans la lutte pour la Palestine et al-Quds.

Lybie : des dizaines de manifestants, dont des officiels, ont participé dimanche à un sit-in à Trablus al-Gharb (Tripoli), dénonçant la politique américaine et l’entité sioniste. 


Répression et purification ethnico-religieuse

Depuis l’annonce de Trump sur al-Quds, l’occupant a arrêté environ 150 Palestiniens, dont 30 de la ville d’al-Khalil, parmi lesquels se trouve Asmaa Wraydat, blessée.
Au cours du mois de novembre, l’institution sioniste a lancé une grande opération de nettoyage ethnico-religieux dans al-Quds et ses environs, et notamment dans Jabal al-Baba, ainsi que dans la région de la vallée du Jourdain, qu’elle a l’intention de judaïser entièrement. Dans le camp de She’fat, les forces de l’occupation ont envahi plusieurs maisons magasins et volé l’argent qui s’y trouvait. Ayant suscité la riposte des habitants, les forces d’occupation ont lancé des grenades et des balles en leur direction.  

L’occupant démolit des installations d’habitation et agricoles dans al-Jafatlek et Furush bayt Dajan, dans la vallée du Jourdain le 7/11. 60 installations agricoles et d’habitation ont été démolies au cours de cette année, rien que dans la partie nord de la vallée.
Le 8/11, des colons écrasent l’enfant Yamen Mustafa Sawaf de Harès, dans la province de Selfit et le blessent à la tête.
Le 6/11, les forces de l’occupation arrêtent l’épouse du prisonnier maqdissi Mohammad Ishaq Awda, dans Selwan et l’emmènent au centre d’interrogatoire, la prison al-Moskobiya. Une école a été envahie le même jour à Bayt Hanina.

Les forces de l’occupation ont arrêté le dirigeant au mouvement du Jihad islamique, Tareq Qaadan, ancien prisonnier libéré il y a quelques mois, alors qu’il se trouvait dans sa maison à Arraba, dans la province de Jénine. Elles ont également arrêté le prisonnier libéré Mushir Shahatit, de Dura dans la province d’al-Khalil, cadre du même mouvement. Des dizaines de Palestiniens sont kidnappés tous les soirs dans les provinces de la Cisjordanie et dans la ville d’al-Quds. Deux enfants ont été arrêtés, Omar et Mohammad Taha, dans le camp de She’fat. Le jeune Sharaf Abu ‘Ubayd, a été arrêté dans la ville de Qabatia, dans la province de Jénine. Le dirigeant au mouvement du Jihad islamique, Sa’id Nakhlé, a été arrêté dans le camp al-Jalazon. Dans al-Khalil, l’enfant Mohammad Ammar, 10 ans, a été arrêté. 

L’occupant fait exploser la maison du martyr Nimr al-Jamal dans al-Quds. Le martyr avait mené l’opération dans la colonie Har Adar, tuant trois colons au mois d’août dernier. Il a également démoli le même jour un immeuble en cours de construction dans al-Issawiya.

Kfar Aqab, dans la banlieue de la ville d’al-Quds, est menacé par la judaïsation, avec l’installation d’une colonie sur ses terres et par la destruction de plusieurs immeubles (un quartier entier), qui auraient été construits, d’après l’occupant, sans son autorisation. Plus de 30.000 Palestiniens vivent dans Kfar Aqab. Pour les habitants de cette banlieue, les démolitions sont une guerre démographique que l’occupant mène contre les Palestiniens.

L’occupant attaque le village de Azzoun, dans la province de Qalqylia. Pendant plusieurs jours, le village de Azzoun a été complètement obstrué par l’occupant, et des affrontements ont eu lieu entre la population et les forces d’occupation.

Les deux gardiennes de la mosquée al-Aqsa, sujettes à la poursuite des forces de l’occupation, et récemment libérées de prison, Hanadi Helwani et Khadija Khways, ont reçu des décisions « administratives » les éloignant de la mosquée al-Aqsa pendant 6 mois. 

L’invasion répétée par les colons de la tombe de Youssef, dans la ville de Nablus, vise à faire croire qu’il s‘agit d’un lieu « juif », alors que Youssef n’a rien de juif, selon l’histoire du pays. L’histoire de la « tombe de Rachel » dans Bayt Lahem se répète, au nord de la Palestine cette fois-ci. Cette invasion répétée vise plutôt à envahir la ville de Nablus et non seulement ses environs, dans le but de la grignoter par la judaïsation. Les colons arrivent par cars entiers pour se déverser dans ce lieu dont les sionistes falsifient l’histoire. 

Les forces sionistes attaquent le village de Qusra, au sud de Nablus. Pendant plusieurs jours, après l’assassinat de Mahmud Awdeh, colons et forces armées de l’occupation lancent des assauts sur la population du village, accusée de résister à son invasion par trois colonies qui l’entourent. Plusieurs villageois ont été arrêtés, et plusieurs autres ont été blessés. 

Profanation des lieux saints

L’invasion des colons sionistes de la mosquée al-Aqsa s’est poursuivie tout au long du mois de novembre, et début décembre. Le 1/11, 190 colons ont profané la mosquée tôt le matin, à partir de Bab al-Maghariba. 108 étudiants colons ont envahi la mosquée sous la protection de la police sioniste. Le 5/11, la police sioniste a installé des caméras de surveillance à l’entrée de la mosquée. Le 7/11, 67 colons envahissent la mosquée al-Aqsa. Ce rythme des invasions profanatrices se poursuit jusqu’à présent.

L’occupant profane et envahit le cimetière de Bab al-Rahma, aux portes d’al-Quds le 10/12. Des dizaines de Palestiniens ont essayé d’arrêter la destruction et la profanation du cimetière. Ce cimetière est l’un des plus anciens cimetières de la ville d’al-Quds, où sont enterrés des compagnons du prophète. L’occupant a l’intention d’y construire un jardin.

Dans la ville d’al-Lid, occupée en 48, les Palestiniens de la ville dénoncent les travaux supposés de rénovation entamés par la municipalité sioniste, accusant les responsables sionistes de vouloir effacer le caractère arabe de la ville. L’archéologue palestinien, dr. Tawfiq Da’adli, a prouvé que tous les travaux de la municipalité ont jusqu’à présent démoli la grande mosquée, l’Eglise st George et plusieurs autres bâtiments palestiniens. 

Dans les prisons de l’occupation

Les prisonniers frères Nasr et Akram Badawi, de la ville d’al-Khalil, ont été condamnés par le tribunal militaire de l’occupation à la prison à perpétuité, ayant mené une opération de la résistance en novembre 2015 et janvier 2016, à l’aide d’un fusil de chasse. Pendant deux ans, l’occupant a été incapable d’arrêter les deux membres du mouvement Hamas, appelés les « snipers de la ville d’al-Khalil », qui opéraient depuis plusieurs années. 

Les prisonniers palestiniens détenus dans la prison de Ofer subissent une campagne de répression au cours de plusieurs jours. Ils sont fouillés en permanence, et des parties des murs des cellules ont été démolies soi-disant pour rechercher la « drogue ». Pendant plusieurs jours, les sections 12 et 18 de la prison ont été attaquées, avec des chiens, pendant que les prisonniers étaient transférés au dehors, sous le froid, les mains attachées. 

Les prisonniers détenus dans la prison de Meggiddo se plaignent de la surpopulation, et notamment dans la section 6, où 16 prisonniers sont obligés de dormir au sol. De plus, des fouilles fréquentes menées par la direction des prisons brisent la tranquillité des prisonniers.

L’occupant ajoute des peines de prison à deux prisonniers du Mouvement du Jihad islamique en Palestine : le prisonnier Hussamn Abed, 37 ans, de Kfardan région de Jénine, condamné à trois perpétuités et 55 ans, a subi une autre condamnation de 24 mois supplémentaires pour être en possession d’un téléphone portable. Le prisonnier Amjad Yousef Dik, 37 ans, de Kfar Nehme région de Ramallah, 8 mois supplémentaires et un paiement d’argent 50.000 shekels en plus de 15 ans condamné précédemment, pour le même motif.

Les commandos armés sionistes répriment les prisonniers détenus dans la prison sioniste de Ramon, au sud du pays. Plusieurs sections ont été attaquées par des membres des commandos qui ont sauvagement frappé plusieurs prisonniers, certains ont dû être transportés à la clinique pour les soins. Le nom du prisonnier Firas Khaliliye, de Jba’ a été cité parmi les blessés.

Une campagne de solidarité avec les prisonnières palestiniennes a été lancée par des mouvements de solidarité palestiniens. Parmi ces prisonnières, quatre mineures : 1) Manar Shweiki, la plus jeune, 16 ans, arrêtés en 2015 dans Selwan. Condamnée à 6 ans de détention. Détenue dans la prison de Hasharon. 2) Nurhan Awad, condamnée à 13 ans et demi de détention, arrêtée en 2015, à l’âge de 16 ans. Elle a été blessée au cours de son arrestation, en compagnie de sa cousine, la martyre Hadeel Awad. Elle est de Qalandia, dans la région d’al-Quds. 3) Marah Bakir, arrêtée en octobre 2015, condamnée à 8 ans et demi de prison. Elle est de Bayt Hanina. 4) Malak Selman, arrêtée en février 2016, âgée de 17 ans, de Bayt Safafa, dans al-Quds.

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation

Alors que le monde arabo-musulman proteste contre la collusion américano-sioniste, une délégation du régime bahreini, composée de responsables sunnites et shiites, a décidé de visiter les territoires palestiniens occupés et de rencontrer les dirigeants sionistes. Voulant visiter la mosquée al-Aqsa, les Palestiniens s’y sont opposés et les ont empêchés d’y entrer.  La visite de normalisation de la délégation bahreinie a d’ailleurs été dénoncée fermement par le mouvement du Jihad islamique en Palestine et le mouvement Hamas.

Les télévisions arabes poursuivent les émissions de normalisation avec l’occupant. La télévision qatarie al-Jazeera a récemment interviewé un responsable sioniste (ce qui fut dénoncé par la résistance palestinienne), et au Liban, la télévision LBC s’est entretenue avec Benyamin Zomer, responsable d’une entreprise économique « israélienne » et ancien directeur du lobby sioniste AIPAC. Le quotidien saoudien Ilaf confirme la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et l’entité coloniale, en menant une interview avec le général de l’armée d’occupation. 

Le mouvement opposé à la normalisation avec l’occupant, en Jordanie, dénonce la participation de personnalités arabes et musulmanes, dans un congrès « scientifique » à Amman en présence d’une délégation sioniste. 

Une conférence internationale a eu lieu au Koweit pour dénoncer la normalisation et renforcer les campagnes de boycott de l’entité coloniale sioniste. Les participants ont pris la décision de mener une campagne de boycott de la compagnie sécuritaire G4S largement présente dans les pays du Golfe. 

La presse palestinienne

Ass’ad Abdel Rahman écrit sur les dangers qui menacent le Naqab, qui vit des moments difficiles, avec les projets de transfert de la population palestinienne vers d’autres régions, afin de supprimer la liaison, via les Palestiniens, entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Après avoir décrit le nettoyage ethnico-religieux entamé depuis plus d’une décennie dans cette région palestinienne occupée en 48, l’auteur souligne que des centaines de Palestiniens du Naqab ont déjà perdu le droit de vivre dans leur région à cause des « erreurs » commises lors des recensements sionistes précédents. 

L’analyste politique Abdel Sattar Qassem écrit, sous le titre « les sionisants ne peuvent conduire les Arabes », pour dénoncer la politique de l’Arabie saoudite. Il y dit que l’Arabie saoudite qui cherche à normaliser ses relations avec l’entité sioniste et qui veut mener la guerre contre l’Iran pense qu’elle peut conduire la politique arabe à partir de ces bases. Elle considère que sa fortune peut attirer et soumettre, mais la fortune (l’argent) ne représente qu’un facteur pouvant mener à la direction du monde arabe. Même le président Abdel Nasser a perdu de sa popularité lorsqu’il a accepté le plan Rogers. Et l’Egypte a perdu sa place lorsqu’elle a rencontré les dirigeants sionistes après la guerre de 73. La Syrie, qui a pourtant défendu la résistance, a perdu de sa crédibilité lorsqu’elle a participé à la conférence de Madrid, en 1992. Il conclut : La sionisation est la tombe des dirigeants arabes, mais elle ne peut détruire la cause palestinienne. 

Communiqués et déclarations

Sheikh Kamal al-Khatib répond à l’installation des caméras de surveillance aux portes de la mosquée Al-Aqsa disant que l’occupant ne comprend que le langage de la force, et il faut l’utiliser pour arracher ses droits. 

Abbas Zaki, membre du comité central du Fateh, déclare que quiconque touche aux armes de la résistance apporte son soutien à l’occupant. Il a pris la défense des mouvements palestiniens de la résistance contre l’Autorité palestinienne qui cherche à supprimer les armes de la résistance à Gaza, comme elle les a presque supprimés dans la Cisjordanie.

La direction supérieure des prisonniers du Mouvement du Jihad islamique a publié un communiqué dans lequel elle affirme que la résistance est un devoir légal et national. Elle affirme également sa confiance dans la résistance qui pourra libérer les prisonniers et les corps des martyrs confisqués par l’occupation. 

Abu Imad Rifa’i, dirigeant au mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré que les manifestations dans les pays arabes sont un gifle à tous les normalisateurs et que la manifestation au Liban contre l’ambassade américaine prouve que le peuple libanais se tient toujours aux côtés du peuple palestinien. 

Le président du bureau politique du mouvement Hamas, Isma’il Haniyé, a déclaré que le peuple palestinien a pris la décision de poursuivre sa révolte contre la décision américaine, sur le plan politique et dans la rue. « Nous allons nous unir pour affronter la décision de Trump » et « nous ne nous contenterons pas de lancer des slogans ».

Dans la colonie

Une étude parue dans la revue trimestrielle publiée par l’institut de la sécurité nationale (sioniste), met en lumière ce que l’auteur considère comme une « menace démograhique », soit le départ des colons de la Galilée et du Naqab vers le centre de l’entité sioniste. Malgré tous les encouragements dispensés par l’administration coloniale pour s’installer dans ces deux régions de la Palestine occupées en 1948, il semble que les colons préfèrent le centre et abandonnent progressivement ces deux régions « périphériques ». Pour l’auteur, la baisse démographique des colons en Galilée et dans le Naqab fait peser une menace géostratégique sur l’entité coloniale, à cause des revendications nationales des « minorités » (les Palestiniens). 

Maariv 16/11 Yossi Milman : « Israël » est seul, il ne peut compter sur les Etats-Unis, ni sur la Russie qui a refusé de donner des garanties à l’entité sioniste sur la présence iranienne en Syrie.  La seule issue est de se diriger vers l’Arabie saoudite, qui veut combattre l’Iran et le Hezbollah au Liban. L’Arabie saoudite veut que « Israël » combatte le Liban, à sa place, mais « Israël ne fera pas couler son sang pour des intérêts étrangers, comme il l’a fait en 1982 pour aider à installer un gouvernement maronite ». Mais l’Arabie saoudite n’est pas encore tout à fait prête pour ces rapports (avec l’entité sioniste).

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