12/07/2018

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 8 - Juillet 2018



 « Un enfant, debout sur sa terre, en quoi représente-t-il un danger sur un soldat superéquipé ou un char, pour qu’il soit tué ? Il ne représentait aucun danger, mais ils se sont habitués aux crimes. Ils ont vu que le monde entier ne leur demande pas des comptes, ni les Arabes, ni les musulmans, ni la communauté internationale. Tous les protègent. » La mère de l’enfant martyr Haytham Jum’a.

Il ne fait plus aucun doute que « la grande marche du retour » déclenchée à Gaza le 30 mars 2018 et qui se poursuit jusqu’à présent, par des marches hebdomadaires, a fortement secoué le « deal du siècle » de Trump et de son équipe. L’arrogance américaine représentée par la personnalité même de Trump ne peut venir à bout du peuple palestinien qui connaît ses droits et qui lutte depuis 70 ans pour les récupérer. 


Le principal obstacle à ce « deal » nauséabond est le peuple palestinien lui-même, que nul, pas même le président palestinien Mahmoud Abbas, ne peut contourner, pour aller à la rencontre d’un plan qui ne signifie rien d’autre que la liquidation de la question palestinienne, la fin du rêve palestinien de vivre libre dans sa patrie et une domination américano-sioniste sur la région. L’arrogance américaine est même allée jusqu’à considérer qu’en donnant de l’argent (saoudien et arabe) aux Palestiniens, et en faisant miroiter une « vie de rêve » à l’ombre de la « Silicon Valley » « israélienne », les Palestiniens en baveraient et accepteraient de s’humilier, violeraient les serments faits aux martyrs, oublieraient leurs villages et villes spoliées, leurs familles décimées, leurs sacralités bafouées, pour devenir des esclaves soumis au diktat sioniste. L’arrogance américaine, qui a su soumettre des régimes arabes, s’imagine qu’il suffit de construire un port à Gaza ou des usines dans le Sinaï, de proclamer que les habitants de Gaza peuvent circuler librement, pour que les résistants palestiniens abandonnent leurs armes, les remettent aux ennemis ou « amis » et s’humilient devant des camions transportant du ciment. 

De l’autre côté de la Palestine, la lutte contre l’expulsion des habitants de Khan al-Ahmar, aux portes d’al-Quds, prend de l’ampleur et peut devenir le déclencheur d’une révolte généralisée en Cisjordanie occupée, al-Quds, et en Palestine occupée en 48, qui subit un « tsunami » de démolitions de maisons palestiniennes. Les sionistes ont dû remettre la démolition à plus tard, ayant cru pouvoir expulser et démolir sans provoquer de resistance. Dans les territoires occupés en 48, les sionistes ont accéléré la démolition des maisons palestiniennes dans plusieurs villages et localités, au moment où ils discutent une nouvelle loi coloniale, menaçant les Palestiniens de 48 à être juste des « résidents » dans leur propre pays. Et dans l’exil, les menaces contre les réfugiés palestiniens se précisent, avec la réduction des services de l’UNRWA. Si « la grande marche du retour » a posé les bases de la question palestinienne dans son ensemble : libérer la Palestine et retour des réfugiés, la résistance à Khan al-Ahmar rassemble tous les Palestiniens victimes de la judaïsation en cours.

Martyrs tombés de mi - juin  au 12 juillet 2018

Kamal Yajizi, qui a succombé aux blessures infligées par l’occupant sioniste en mars 2011.
Ahmad Assi, 21 ans, assassiné par une balle à la tête à l’est de Khan Younes, Gaza, lors de la marche du retour (14/6).
Les martyrs Sabri Abu Khodr, 24 ans, de Gaza, et le martyr Zakaria Bashbash, 13 ans, du camp Maghazi, assassinés lors de la marche du retour.
Les martyrs Mohamad Abu Duqqa, 23 ans, de Khan Younes, décédé suite aux blessures infligées lors de la marche du retour du 14/5 et Usama Abu Khater, 25 ans, décédé suite aux blessures infligées lors de la marche de retour en hommage aux blessés.
Le martyr Abdel Fattah Abu Azum, 17 ans,  tué par le bombardement sioniste qui a visé les jeunes à Rafah (28 juin). 


Les martyrs Yasser Abu Naja, 14 ans, assassiné lors de la marche du retour, Khan Younes, et Mohamad Hamayde, 24 ans, assassiné à Rafah lors de la marche du retour.
Le martyr Mahmud Al Gharbali, 16 ans, décédé le 4/7, suite aux blessures infligées par l’occupant lors de la grande marche du retour à l’est de Gaza, le 14/5.
Le martyr Ya’qub Nassar, du camp al-Fawwar près d’al-Khalil, succombe aux blessures par balles tirées par l’occupant en 2009. Il était handicapé depuis cette date, et a été amputé de sa jambe.
Le martyr Khaled Abdel Al, 18 ans, assassiné à Rafah lors de la marche du retour.
Le martyr Mohamad Abu Halime, 22 ans, de Shaja’iyya, assassiné à Gaza lors de la marche du retour.

Résistance

La résistance palestinienne dans la bande de Gaza riposte aux bombardements sionistes du 16/6 et rappelle qu’elle applique la devise « bombardements contre bombardements ». Le communiqué commun de la résistance dit : « notre résistance et nos armes continueront à être le bouclier qui protège notre peuple face à toute agression. Nos organisations sont prêtes et leur riposte immédiate est concertée. »

Au cours de la « grande marche du retour » qui se poursuit depuis le 30 mars dernier dans la bande de Gaza, en direction de l’entité coloniale, 4 jeunes sont parvenus à traverser les barbelés posés par l’occupant et se sont emparés de matériel militaire, avant de retourner à la bande de Gaza (25/6). Les incendies se multiplient dans les colonies sionistes aux abords de Gaza, déclenchées par les ballons « incendiaires » et les cerfs-volants.

La résistance s’organise dans Khan al-Ahmar, village situé aux portes d’al-Quds, contre la disparition du village et l’expulsion de ses habitants. Le conseil de résistance au mur et à la colonisation, des membres des organisations et de la « résistance populaire », et la population venue de la Cisjordanie et d’al-Quds, ont organisé un sit-in permanent pour empêcher la démolition du village. Une délégation des territoires occupés en 48, et notamment du Naqab, est venue partager son expérience de lutte contre la démolition et en soutien aux habitants de Khan al-Ahmar. Parmi les nombreuses déclarations en soutien aux habitants de Khan al-Ahmar, le conseil islamo-chrétien de soutien à al-Quds et aux lieux saints a souligné la place importante de cette localité pour la défense de la ville d’al-Quds contre la judaïsation. Le conseil a rappelé le caractère illégal de l’expulsion des familles et de la destruction de la localité, en lançant un appel à la communauté internationale pour assumer ses responsabilités. 

Les forces palestiniennes nationales et islamiques appellent à boycotter les élections municipales dans la ville occupée d’al-Quds, organisées par les autorités sionistes. Depuis l’occupation de la partie orientale d’al-Quds, en 1967, et son annexion, les Palestiniens boycottent fermement les élections municipales de l’occupation, refusant de légitimer l’occupation. Le « Congrès national et populaire d’al-Quds », qui s’est réuni début juillet, a déclaré que ces élections font partie de la politique de judaïsation de la ville.

Une femme soldat de l’occupation a été gravement blessée le 11/6 par un coup de poignard lancé par un Palestinien dans la ville de Afoula, en Palestine occupée en 48. Le Palestinien, âgé de 23 ans, a été arrêté. Il s’agit de Noureddine Shanawi, de la ville de Jénine.

Un soldat de l’occupation a été blessé le 22/6, lors d’affrontements avec les habitants du camp de Dhayshé. 

3 soldats ont été ciblés par une voiture près de la colonie « Betar Ilit » au sud d’al-Quds (23/6)/ 

La population du village de Barta’a s’est opposée aux soldats de l’occupation qui ont envahi le village pour démolir la maison du résistant Ala’ Qubbaha, accusé d’avoir écrasé deux soldats sionistes. 

Les Palestiniens de la ville d’al-Lid, occupée en 1948, manifestent contre les pratiques racistes et la démolition de leurs maisons, à l’appel du comité populaire. Le comité a décidé d’organiser plusieurs actions pour faire entendre la voix des Palestiniens d’al-Lid, d’autant que des dizaines de leurs maisons sont menacées de démolition. 

Dans la ville d’al-Quds, les habitants de Batn el-Hawa (Selwan) poursuivent leur résistance contre leur expulsion de leurs maisons et quartier. Ils s’opposent à un bras de l’occupation, une association sioniste appelée « Atarot Kohanim » qui prétend les expulser. Les familles concernées se sont dirigées vers les tribunaux sionistes, espérant pouvoir arracher une partie de leurs droits. 84 familles composées de mille membres sont concernées.

Dans les territoires occupés en 48, la population de la région du Triangle s’organise en comités de villages et villes pour riposter à l’intention de l’entité sioniste de construire une ligne de chemin de fer qui passerait sur leurs terres, avec le soutien du comité de la planification alternative (Bimko). Cette ligne relierait al-Lid à al-Khudayra, et passerait par Qalanswa, Taybé, Tireh, Jaljoulia. Plus d’un millier de dunums risquent de passer entre les mains de l’occupation.

Répression et purification ethnico-religieuse


L’aviation sioniste bombarde avec 3 fusées un centre de la résistance au centre de la bande de Gaza (16/6). Des avions de reconnaissance visent le même jour les jeunes qui résistent en lançant des ballons et cerf-volants en flammes sur les colonies. Le 18/6, l’aviation militaire de l’occupant lance des raids sur deux sites de la résistance. La résistance riposte fermement, rappelant qu’elle n’autoriserait pas le changement des règles de la confrontation avec l’ennemi.

La munipalité de l’occupation dans al-Quds a annoncé son plan de construction de 1080 unités de logement colonial dans la colonie « Pesgat Zeev », au nord d’al-Quds, au moment où la construction de 1500 unités locatives coloniales se déroule dans la colonie de « Ramat Shlomo » sur les terres de She’fat. Khalil Tifakji, directeur de la cartographie dans l’association des Etudes arabes, a déclaré que les plans de colonisation visent ce qui reste des terres de Hezma et Bayt Hanina avalées par la colonie « Pesgat Zeev », érigée en 1985 sur 2650 dunums des terres de ces deux localités, ainsi que les terres de Anata. Selon lui, les colonies de l’ensemble « Pesgat » regroupent 40.000 colons. 

Le Knesset sioniste discute une fois de plus la construction de plusieurs logements coloniaux dans Selwan, quartier situé au sud de la mosquée al-Aqsa. L’association sioniste Elad pousse à faire adopter ce plan, mais les discussions tournent autour d’un « jardin » ou des bâtiments (4/7).

L’occupant s’empare d’une maison historique dans la ville d’al-Khalil et la transforme en caserne militaire (13/6). La maison est située dans la zone fermée par l’occupant depuis 15 ans, et appartient aux familles Qudsi et al-Kurd. Le directeur du comité de « la construction d’al-Khalil », ‘Imad Hamdan, affirme que maisons historiques sont particulièrement visées dans la vieille ville d’al-Khalil, et les colons arrachent les pierres de ces maisons pour les mettre dans leurs colonies, prétendant que leurs constructions sont historiques ».

Fin juin, les colons se lancent à l’assaut des familles palestiniennes habitant le quartier Tel Rumayda dans al-Khalil. Des affrontements ont eu lieu, au cours de laquelle les colons ont frappé plusieurs Palestiniens, parmi eux Ahmad Abu Haykal, Mohammad Abu Haykal, Sandas Al-Izza et Hatim al-Muhtasib.

L’armée sioniste expulse 21 familles de la vallée du Jourdain, qui habitent Khirbet Homsa al-Fawqa, sous prétexte qu’elle en a besoin pour des manœuvres militaires (22/6). 

L’occupant envahit Bayt Ummar, au nord d’al-Khalil (9/6), et blesse un enfant. Plusieurs maisons sont envahies par les soldats accompagnés de chiens, dont les maisons de Bassam Badawi, Mahmud Ikhlil et Raed Adi, et ont cassé les portes. Des affrontements ont eu lieu avec l’occupant. Le 23/6, l’occupant tire des coups de feu sur Amid Birghit, 26 ans, de Bayt Ummar, et le blesse. Il interdit les secours.

Les colons de « Itsar » attaquent les habitants de Burin, au sud de Nablus, et l’armée coloniale intervient pour soutenir les colons. Deux habitants ont été blessés le 12/6. Dans la ville d’al-Khalil, l’armée sioniste a arrêté Mohamad Zghayar, 30 ans, après avoir envahi la ville le 12/6. Le même jour le jeune Azmi Abu Dahud, 19 ans, a été arrêté aux barrages militaires entourant le Haram Ibrahimi.



Les forces militaires sionistes arrêtent 11 citoyens palestiniens à l’aube du 5/7, dont l’ancien ministre Wasfi Qubbaha. 12 Palestiniens ont été arrêtés le 4/7 en défendant Khan al-Ahmar, aux environs d’al-Quds, pour empêcher sa démolition. Elles arrêtent le 16/6 21 Palestiniens, dans toutes les régions de la Cisjordanie occupée. Le 25/6, elles arrêtent le cadre dirigeant du Mouvement du Jihad islamique en Cisjordanie, Abdel Halim Izzidine, 51 ans, dans le village de Arraba. Il avait été libéré de prison le 24/5/2017. 

Le 1er juillet, les forces d’occupation arrêtent 11 citoyens, en Cisjordanie occupée (y compris al-Quds), dont les enfants Mohamamd Kafisha, 10 ans, Yousef al-Rajabi, 12ans, Mustafa Kafisha, 11 ans, dont les maisons avaient été attaquées par les colons. A Qalqilya, Layla Uwaynat a été arrêtée, avec son frère Ashraf, ainsi que le prisonnier libéré Bakr Tawil, arrêté à un barrage de l’armée sioniste à Nablus.

Des centaines de vignes ont été arrachées par les colons dans le village al-Khodr, au sud de Bayt Lahem (5/7). Ces vignes appartiennent  Islam Ali Jabir. Les colons de « Daniel » essaient d’agrandir leur colonie aux dépens des terres d’al-Khodr. 300 oliviers ont été arrachés par les colons au sud de Nablus le 25/6. 

Des colons ont commencé à construire une colonie dans le village de Taybe, à l’est de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Ils ont installé des maisons après avoir expulsé des familles bédouines qui se trouvaient sur les lieux. Les familles bédouines ont été expulsées au cours de deux années de lutte entre elles et les colons. 

Dans la région du Naqab occupée en 1948, les forces sionistes de l’unité « Yo’av » ont envahi trois villages non reconnus, a-Gharra’, Al-Far’a et al-Hawashla et collé sur leurs maisons des ordres de démolition. Elles ont menacé les habitants de devoir payer des amendes au cas où ils ne démolissaient pas leurs maisons eux-mêmes. La police sioniste a obligé les habitants du village non reconnu Abu Namila, dans le Naqab, à démolir deux de leurs maisons. Elle a une fois de plus, démoli le village d’al-Araqib le 27/6 (130 fois). Aziz Sayah Touri a déclaré : « les autorités israéliennes poursuivent leur agression contre la population d’al-Araqib pour les arracher à leurs maisons et leur terre, et judaïser le lieu, et la population résiste pour protéger leur terre et leur dignité ».

Dans la Galilée, occupée en 48, les habitants de Minshiyé Zabda s’opposent à la démolition de la maison d’un des leurs. La police de l’occupation arrête des Palestiniens sous le prétexte qu’ils ont empêché la police de faire « son devoir » (27/6). La police démolit deux maisons à Jaljoulia (dans le Triangle) le 28/6. Le 26/6, les autorités de l’occupation obligent le Maqdissi Wael Shwaiki,  à démolir sa maison, dans Selwan. Dans Sur Bahir, au sud-est d’al-Quds, le maqdissi Ibrahim Amira a également été obligé à démolir sa maison, deux jours auparavant.   Le 10/7, l’occupant démolit deux maisons dans Qalanswa, occupée en 48. 50 maisons sont menacées de démolition par les bras de l’occupant. A ‘Ar’ra (dans le Triangle), l’occupant détruit le 3/7 la maison d’u citoyen palestinien, Alaa Sayf. Dans Umm al-Fahm, l’occupant démolit le 9/7 deux maisons palestiniennes.

A Yafa, la famille Saqa qui a été expulsée de sa maison, vit dans une tente plantée dans une rue. La famille est composée des deux parents et de quatre enfants. Elle avait mené une longue lutte contre le bras de la judaïsation de la ville pour préserver sa maison, mais elle en a été expulsée.

L’occupant remet à la mère de Islam Abu Hamid, dans le camp de Am’ari, un ordre de démolition de la maison familiale. Islam a été accusé d’avoir tué il y a un mois un soldat sioniste. Latifa Abu Hamid est la mère du martyr Abdel Nasser et des prisonniers Nasser (7 perpétuités et 50 ans), et Nasr (5 perpétuités), Sharif (4 perpétuités) et Mohammad (3 perpétuités et 30 ans). La maison de Latifa Abu Hamid avait été démolie plusieurs fois auparavant.

L’occupant démolit la maison du résistant prisonnier Ala’ Qubha dans le village de Barta’a Sharqiya, à l’est de Jénine (21/6). 10 Palestiniens ont été blessés lors des affrontements avec les forces d’occupation. Il démolit le 2 juillet la maison de Ra’ed Abu Harthie, dans le village de Batir (province de Bayt Lahem).

Au cours du mois, le Knesset sioniste a discuté puis approuvé le vol d’une partie de l’argent que l’entité sioniste doit à l’Autorité palestinienne, provenant des taxes prélevées par l’occupant sur le commerce palestinien. Le Knesset prétend vouloir assécher les sources « du terrorisme » palestinien, les sommes volées correspondant aux contributions financières de l’Autorité palestinienne aux familles des prisonniers, des martyrs et des blessés.

Le rapport du comité de soutien aux journalistes (palestinien), détaille les crimes commis par l’entité sioniste envers les journalistes au cours du premier semestre 2018 et appelle les organisations de défense des médias dans le monde à dénoncer les autorités d’occupation. Le comité dénonce l’utilisation de la force excessive pour faire taire les journalistes et les empêcher d’accomplir leur devoir d’information, et de tenir des congrès. 468 violations des droits des journalistes et photographes ont été enregistrées. L’occupant a tué deux journalistes à Gaza, les martyrs Yasser Murtaja et Ahmad Au Hussayn. Il a blessé 209 journalistes au cours de la période, il a arrêté ou interpellé 62 journalistes et a prolongé la détention de 29 journalistes. Le 9 juillet, il décide d’interdire le travail de la chaîne al-Quds en Palestine.

Profanation des lieux saints


L’occupant colonial interdit l’appel à la prière dans la mosquée al-Ibrahimie dans la ville d’Al-Khalil, 45 fois au cours du mois de juin dernier. Pour la direction des Awqaf palestinienne, ces interdictions visent à judaïser la mosquée et à enterrer le caractère religieux et historique, arabo-musulman, de la ville. 

Nouvelle phase de la judaïsation de la ville d'al-Khalil et de la mosquée al-Ibrahimi. Depuis le mois de Ramadan dernier, les colons, qu'ils soient officiels de l'entité coloniale sioniste, tentent de mettre la main sur l'ensemble de la mosquée al-Ibrahimie et ne plus se satisfaire de son partage illégal entre juifs (sionistes) et musulmans. Après la profanation de la mosquée par le ministre Azoulay, il y a quelques semaines, profanation dénoncée par le ministre des Awqaf musulmans, Yousuf Id'is, les colons ont commencé à creuser, au cours de la nuit, dans le sol de la mosquée, pour soi-disant des fouilles archéologiques. Les creusements se déroulent dans la partie interdite aux musulmans. Yousuf Id'is a déclaré que l'occupant a transformé la mosquée en caserne militaire, instaurant toutes sortes de mesures pour interdire aux musulmans d'y accéder. Les sionistes veulent modifier le caractère musulman et historique de la mosquée et de la ville, pour prétendre qu'il s'agit de lieux juifs. Par ailleurs, les colons ont agressé les habitants de Tel Rumayda, qui ont réclamé l'intervention des forces internationales, et les forces palestiniennes de l'Autorité, sans succès.

Les colons organisent des fêtes bruyantes dans le Haram al-Ibrahimi dans al-Khalil. Des dizaines de colons ont profané ce lieu saint et ont organisé une fête et pratiqué des rites talmudiques (22/6). 

Des centaines de colons ont profané la « tombe de Youssef », à Nablus le 26/6, qu’ils considèrent comme étant un lieu juif, alors qu’il n’a rien à voir avec une quelconque histoire juive, et notamment en Palestine. Les profanations successives des colons jugées provocatrices par la population de Nablus ont entraîné des affrontements entre Palestiniens et sionistes (colons et armée). 50 Palestiniens ont été blessés, dont l’enfant Yamen Shami, 14 ans, blessé par balle à la tête. Les affrontements se sont étendus ensuite au camp de Balata, à Nablus, où plusieurs jeunes ont été arrêtés, et à Kfar Qalil. 

L’autorisation par Netanyahu aux députés et ministres sionistes de profaner la mosquée al-Aqsa a été immédiatement suivie de plusieurs profanations, par des responsables de l’entité coloniale, à partir de début juillet. Au cours du mois de juin, ce sont des colons, officiels de l’armée ou non, ou des renseignements, qui ont profané par milliers la mosquée, souvent tôt le matin, en passant par la porte al-Maghariba, que la municipalité a modifiée pour le passage des colons. Le cimetière al-Rahma a également été profané par les services municipaux, qui en interdisent l’entrée aux musulmans, notamment à ceux qui souhaitent nettoyer le cimetière.

Dans les prisons de l’occupation


Le prisonnier Hassan Shawka (30 ans) de la région de Bayt Lahem poursuit la grève de la faim pour protester contre la détention administrative dont il est victime. Malgré la détérioration croissante de son état de santé, il refuse les consultations médicales par les médecins de l’occupant. Il a été placé en isolement dans la prison de Ramleh, et il est constamment déplacé par les autorités carcérales, pour le déstabiliser. Il devait être libéré le 3 juin dernier, mais le tribunal militaire de Ofer a prolongé sa détention, la transformant en détention administrative.

5 détenus administratifs ont entamé la grève de la faim (8 jours de grève le12/7), suite à la grève des tribunaux menée par tous les détenus administratifs dans les prisons de l’occupation : Mahmud Ayad, Islam Jawarish, Thaer Delo, Issa Awad et Nadim Rajub, tous détenus à Ofer. Ils ont été placés en isolement individuel.

Le prisonnier Jawad Jawrish a mené pendant plusieurs jours la grève de la faim pour réclamer la fin de son isolement. Il a été remis, suite à la grève de la faim, dans la prison de Nafha en détention collective. Le prisonnier Jawad Jawarish, 42 ans, est du camp de Ayda. Il est détenu depuis 2002, et est condamné à la perpétuité, accusé de diriger les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, du mouvement Fateh.

Les prisonniers de la prison de Nafha se soulèvent et protestent contre la décision de l’autorité carcérale de mettre le prisonnier Khalil Abu Aram, condamné à perpétuité, dans une cellule individuelle, pour le punir d’avoir confectionné un gateau pour fêter la fin du mois de Ramadan.

L’occupant prolonge l’isolement de Ayman Ibtish, 37 ans, de Dura, dans la province d’al-Khalil. Placé en isolement depuis le 28/11/2017, le prisonnier Ayman Ibtish a été transféré d’abord de la prison de Ofer vers Ohali Kedar, puis à la prison Ramon. Ce militant membre du Mouvement di Jihad islamique en Palestine a été arrêté puis placé en détention administrative en août 2016. Il avait mené la grève de la faim contre la détention administrative pendant 105 jours la première fois, puis 100 jours la seconde fois. Après 224 jours, l’occupant met fin à son isolement dans la prison de Ramon, suite aux négociations menées entre le comité des prisonniers du mouvement du Jihad islamique et les autorités carcérales.

Le 16/6, L’occupant prolonge la détention administrative du député Khalida Jarrar, de la direction du FPLP. La prolongation est intervenue quelques jours avant la date prévue pour sa libération.

Le tribunal de l’occupation dans al-Lid a condamné le jeune Isma’il Abu Aram à 22ans de détention pour avoir poignardé un colon en août 2017. Le tribunal central de Beer Saba’, dans le Naqab occupé, condamne le prisonnier Firas Umari, 46 ans, de Sandala (occupé 48) à 8 ans de prison. Il est détenu depuis 2017, pour appartenance au mouvement islamique, mouvement jugé illégal en 2015. D’autre part, le tribunal sioniste a décidé de libérer sheikh Raed Salah, chef du mouvement islamique en Palestine occupée en 48, tout en le plaçant en détention à domicile, et en lui imposant de multiples restrictions.

21 mères de familles sont détenues dans les prisons de l’occupation, suscitant des souffrances aux enfants, qui avaient l’habitude de passer le mois de Ramadan dans leur giron. Fadwa Hamade, de la ville d’al-Quds, est mère de cinq enfants, vivent le mois de Ramadan, partagés entre la maison de leurs grand-pères maternel et paternel, le père étant absent pour son travail. Au cours du mois de Ramadan, Fadwa avait l’habitude d’emmener les enfants à la mosquée al-Aqsa et à la fin du mois, elle les emmenait au marché pour acheter les vêtements neufs. La prisonnière Abla al-Adam est père de neuf enfants, qu’elle a été obligée d’abandonner pour la troisième année consécutive, étant détenue dans les prisons de l’occupant. La prisonnière Nisrin Hassan, de Gaza, manque terriblement à ses sept enfants, la plus âgée n’a que 16 ans. Si les enfants parviennent à organiser leur vie pendant son absence, c’est au cours du mois de Ramadan qu’ils ressentent le plus son absence. 

Le prisonnier détenu dans la prison de Atzion, Saed Salibi, a été sauvagement frappé lors de son arrestation le 6/6.

3 prisonniers palestiniens attendent les soins que doivent leur procurer les autorités médicales des prisons sionistes : il s’agit de Hussan Bushnaq, de la région de Jénine, qui est détenu dans la prison de Ofer, de Nidal Abu Ayash, de la région d’al-Khalil (28 ans), et du prisonnier Barra’ Issa, 21 ans, de Anata, détenu dans la prison de Nafha.

Le ministre sioniste de la « sécurité » a déclaré vouloir augmenter la pression sur les prisonniers, et notamment sur ceux du mouvement Hamas, pour faire libérer les soldats sionistes capturés par la résistance. Il avait déclaré, le 13/6, qu’il a l’intention de former une « commission populaire » pour étudier la situation des prisonniers palestiniens, mesure considérée par les Palestiniens comme un aggravation des conditions de détention.

Le centre Handhala pour les prisonniers palestiniens (FPLP) dénonce les nouvelles pratiques humiliantes des autorités carcérales sionistes, consistant à dévêtir entièrement les prisonniers devant être libérés, pour soi-disant rechercher des lettres que les prisonniers envoient à leurs familles par leur intermédiaire. 

La député prisonnière Khalida Jarrar a réussi à transmettre une lettre où elle dénonce les conditions difficiles des prisonnières palestiniennes, tout en expliquant leur volonté de mener des études et de passer des examens.

La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation


De manière secrète, des cyclistes palestiniens et jordaniens préparent leur participation à la course Alpentour Trophy qui devrait se dérouler en Autriche, face à des cyclistes « israéliens », cette course étant placée sous le signe de la « paix » selon les organisateurs (7 au 10 juin). Les organisateurs préparent un tour en l’an 2019 allant de Amman en Jordanie vers al-Quds, en Palestine occupée. Les cyclistes palestiniens refusent cette normalisation et dénoncent la participation de l’union.

Un groupe marocain a séjourné plusieurs jours chez l’occupant, dans une visite de normalisation. Il a visité les locaux du Knesset sioniste, construit sur des terres palestiniennes volées, les musées et les universités sionistes. Ce groupe composé de 11 personnes comprend des hommes d’affaires et des intellectuels. 

Des religieux indonésiens ont séjourné chez l’occupant. Ils sont membres de l’association « la nahda des ulémas » qui se dit « modérée » et qui compte des millions de membres. 

Plusieurs dizaines d’enseignants tunisiens refusent de corriger les épreuves du bac, à cause de la présence dans l’épreuve d’histoire géographie du terme « Israël », sans noter qu’il s’agit de la Palestine occupée. Les enseignants ont voulu manifester leur refus de la normalisation.

Un responsable du royaume du Bahrayn a dévoilé qu’une délégation sioniste participera à un congrès spécialement réservé aux pays arabes (le parimoine arabe), du 24/6 au 4 juillet.

Une association marocaine dénonce la présence du criminel de guerre sioniste Moshé Amirav au congrès sur al-Quds, organisé par l’organisation de la coopération islamique à Rabat, sous l’égide de l’ONU. Elle réclame son arrestation et sa traduction en justice.

La presse sioniste rapporte qu’un projet de ligne de fer reliera bientôt l’entité coloniale à l’Arabie saoudite, via la Jordanie. Selon le plan, le chemin de fer passerait par la ville de Jénine. Cette ligne servirait à contourner le canal de Suez pour les relations commerciales entre l’Europe et la péninsule arabique.

La chaîne « al-arabiyya » saoudienne a diffusé un documentaire franco-sioniste, reprenant la Nakba palestinienne du point de vue sioniste. Ce documentaire a été présenté par les médias pro-saoudiens comme étant « neutre et objectif ».

La presse palestinienne


Rashad Abu Daoud écrit dans al-Istiqlal (n°1170) qu’en période d’occupation, tout se transforme en résistance, même les ballons et les cerfs-volants, l’enfant devient adulte, le handicapé coureur vers la zone-tampon, le martyr un oiseau du paradis, la mère du martyr une martyre en puissance. … Tout ce qu’il y a là-bas est différent. La fille donne naissance à sa mère, au lieu d’hériter. Elle lui procure l’âme de la résistance (parlant de la martyre Razan Najjar), et le père accompagne le corps de son fils au cimetière. 

Zoheir Andraous écrit, après avoir survolé les réactions des dirigeants et journalistes sionistes aux ballons incendiaires et cerfs-volants et aux fusées de la résistance : « les derniers événements prouvent la limite de la force sioniste et confirment l’ingéniosité des Palestiniens, qui a mis les dirigeants sionistes dans une crise politique interne et externe, et qui a montré la grande différence entre la menace agitée par ces dirigeants et la réalité sur le terrain ».

Khaled Sadeq (al-Istiqlal, Gaza) commente la dernière décision du gouvernement sioniste de renforcer le blocus contre Gaza. Il réfute d’abord la cause avancée par l’entité sioniste, qui a mis en cause les ballons incendiaires responsables de plusieurs incendies dans les colonies sionistes, et affirme plutôt que la vraie cause est le refus par le Hamas de négocier la fin du blocus contre la « libération » des soldats sionistes capturés depuis presque 4 ans. Pour le Hamas, les prisonniers libérés lors du dernier échange (octobre 2011) doivent être libérés comme préalable à toute discussion concernant le nouvel échange concernant les prisonniers palestiniens et les sionistes capturés. Le renforcement du blocus, par contre, sera affronté par des marches du retour encore plus puissantes, vers la bande frontalière, comme l’ont décidé les formations de la résistance palestinienne.

Communiqués et déclarations


Dr Mohamad al-Hindi, membre du bureau politique du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a appelé Mahmoud Abbas à retirer immédiatement les sanctions infligées à la bande de Gaza car le refus du « deal du siècle » américano-sioniste ne peut être efficace qu’en supprimant les sanctions. Le sérieux et la crédibilité de l’Autorité palestinienne qui a refusé ce deal sont fermement liés à la levée des sanctions contre la bande de Gaza. Il a ajouté que les tentatives sionistes de militariser les marches du retour, en prétendant que les cerfs-volants sont des armes lourdes dirigées par la résistance contre l’entité, sont vouées à l’échec.

Dr Mahmoud Zahhar, membre du bureau politique du mouvement Hamas a déclaré que son mouvement refuse toute proposition ou médiation concernant l’échange des prisonniers, qui ne commence pas par la libération de tous les prisonniers qui avaient été libérés lors de « l’échange avec le soldat Shalit » et qui ont été emprisonnés ensuite. Son mouvement refuse l’allègement « humanitaire » du blocus contre des concessions politiques, ou l’arrêt des marches du retour. « L’occupant veut alléger le blocus, non par amour pour nous, mais à cause des conséquences des marches du retour sur ses colonies, qui brûlent et parce que la situation peut aller vers un affrontement militaire, ce qu’il ne souhaite pas. Il envoie donc des intermédiaires, internationaux et arabes, pour proposer des « deals politiques ».

Hassan Khrayshé, membre indépendant du conseil législatif, a affirmé que « nous ne pouvons nous taire concernant la situation dans la bande de Gaza. Les sanctions doivent être immédiatement levées et et le blocus sioniste, qui dure depuis 12 ans, également. Il a ajouté que les sanctions imposées par Mahmoud Abbas contre Gaza facilitent l’application du « deal du siècle », en séparant la bande de Gaza de la Cisjordanie occupée.

‘Issa Qaraqe’, président du conseil aux affaires des prisonniers, a déclaré que la loi votée par les sionistes concernant les familles des prisonniers, martyrs et blessés vise à criminaliser la résistance et les résistants.

Sheikh Ikrima Sabri, orateur de la mosquée al-Aqsa, a déclaré à propos du « deal du siècle » américain : « le président américain a réglé la question d’al-Quds, selon sa prétention, pour satisfaire le sionisme international. Nous disons que al-Quds est le « voyage nocturne de Mohammad, prières de Dieu sur lui, que al-Quds c’est celle de Umar et celle de Salaheddine. Ce deal prétend supprimer également le droit au retour. Mais le droit au retour est un droit légal, aucune concession ne peut être envisagée, nous avons émis une fatwa à ce propos, et d’autres fatwas qui refusent l’installation définitive des réfugiés dans d’autres pays (tawtin). 

Les Brigades Izzidine Al-Qassam (Hamas) publient une lettre où elles se moquent de l’armée sioniste qui prétend, de temps à autre, découvrir des tunnels qu’elle se hâte de faire exploser. Les Brigades répondent que ces tunnels sont hors-service depuis 2014…

Daoud Shehab, responsable des médias du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a dénoncé la loi sioniste qui vole l’argent des familles des prisonniers, martyrs et blessés, et considère que cette loi ne peut empêcher le peuple palestinien de poursuivre sa lutte ni n’entame sa détermination. « Il est nécessaire que l’AP refuse de se plier à ce chantage et qu’elle continue à prendre en charge les familles des prisonniers et martyrs. »

Ahmad Tibi, député palestinien au Knesset sioniste s’est adressé aux membres du Knesset, après l’adoption de la loi sur le vol de l’argent des familles palestiniennes : « Chaque fois, vous venez avec une idée fasciste et raciste sans que cela n’entame le moral du peuple palestinien… Vous pouvez voter les lois racistes et extrémistes que vous voulez, vous pouvez voler les maisons et violer la terre, et brûler nos enfants, mais nous vous rappelons nos paroles et notre position : vous ne pourrez jamais briser la volonté du peuple palestinien qui gît sous l’occupation et qui lutte pour sa liberté ».

Dans la colonie


La presse sioniste poursuit ses tentatives de division entre les forces de la résistance palestinienne. Le quotidien Haartez (10 juin) affirme que le mouvement Hamas contrôle la bande de Gaza, mais la décision de l’affrontement avec les sionistes vient du mouvement du Jihad islamique. 

Suite à la riposte de la résistance aux bombardements de l’armée sioniste, la presse de l’occupant signale que les fusées de la résistance ont été interceptées par le « dôme de fer ». Cependant, Yediot Aharanot dit : « Hamas pense qu’Israël n’est pas intéressée par la guerre au sud, c’est pourquoi il a adopté une nouvelle politique consistant à lancer des fusées directement après chaque frappe aérienne israélienne sur la bande de Gaza ». 

Du côté de l’Autorité palestinienne


Plusieurs manifestations se sont déroulées en Cisjordanie (Ramallah, Bireh, Nablus) réclamant la levée des sanctions contre la population de Gaza introduites par Mahmoud Abbas, il y a quelques mois. Ces sanctions touchent les salaires des employés de l’Autorité palestinienne, et réduisent de manière importante le devoir de secours aux malades en refusant leur transfert vers les hôpitaux de la Cisjordanie. Suite à la répression de ces manifestations par les services sécuritaires de l’AP, le syndicat des journalistes a décidé boycotter les informations en provenance des institutions de l’AP, à cause de la poursuite et de l’arrestation au cours des manifestations de plusieurs journalistes et photographes.

Les forces sécuritaires de l’Autorité continuent leur « sale besogne », en arrêtant et maintenant en détention plusieurs militants palestiniens, dont le prisonnier libéré des prisons sionistes, Riad Da’bass de Nablus, et Barra’ Nassar, de Tulkarm, tous les deux membres du Jihad islamique en Palestine.

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