30/08/2018

Résistance en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 9 - Août 2018


« 13 ans sont passés, et mes filles martyres n’ont jamais quitté mon esprit, la douleur provoquée par ce massacre qui a emporté des âmes innocentes ne s’est pas estompée. Ce qui l’a peut-être amoindrie a été le sort réservé à ce terroriste assassin » (Fayza Turki, mère de Hazar et Dina Turki, assassinées le 4 août 2005 par le criminel Nathan Zadeh).



En pleine crise politique, le peuple palestinien poursuit sa résistance à l’occupation, avec les moyens disponibles. Que ce soit dans les territoires occupés en 48 ou en 67, que ce soit dans al-Quds, Gaza ou la Cisjordanie, le peuple palestinien affirme sa volonté de chasser l’occupant et de retourner dans son pays. 
Au moment où les marches du retour se poursuivent, vendredi après vendredi, à partir de la bande de Gaza vers l’intérieur occupé de la Palestine, et que les navires de la liberté se lancent pour briser le blocus, l’armée sioniste a bombardé et tué à plusieurs reprises les habitants de Gaza, mais la résistance a fermement riposté

Du côté de la Cisjordanie occupée, la population résiste localement, dans plusieurs villages menacés par la colonisation, et dans plusieurs camps de réfugiés que les sionistes investissent régulièrement pour procéder à des arrestations. Dans al-Quds et l’intérieur occupé en 48, la judaïsation se poursuit, avec la démolition de maisons, la profanation de lieux saints, la création de nouvelles colonies au détriment des Palestiniens. La promulgation de la nouvelle loi de « l’Etat-nation », loi coloniale par excellence, entérine les pratiques négationnistes de l’entité « israélienne ». Craignant la résistance à Gaza et voulant éviter une guerre, pour l’instant, l’entité sioniste propose une « trêve » moyennant un allègement du blocus. La résistance palestinienne, toutes tendances confondues, tient bon et refuse les propositions sionistes, américaines et internationales, voulant séparer la bande de Gaza de l’ensemble palestinien, sous le prétexte d’améliorer les conditions de vie. Elle refuse d’arrêter les marches du retour, notamment après les déclarations américaines et sionistes visant le droit au retour et falsifiant le nombre de réfugiés. Mahmud Abbas et son équipe, qui refusent la levée des sanctions contre Gaza, continuent à réclamer la remise des armes de la résistance, comme condition à toute entente interpalestinienne. 

 De plus en plus, l’équipe au pouvoir à Ramallah est isolée, sur le plan intérieur, mais soutenue régionalement par les régimes arabes qui souhaitent en finir avec la question palestinienne. Elle s’est lancée dans une propagande contre les marches du retour et la résistance à Gaza, et notamment le Hamas, les accusant de vouloir faire une trêve avec l’occupant, dans le cadre du « deal du siècle » trumpien, comme si l’AP n’est pas engagée dans une collaboration étroite avec l’occupant, en Cisjordanie occupée, et que l’OLP moribonde a perdu toute efficacité depuis que Mahmoud Abbas en a fait sa propre cour d’applaudissements. Pour les organisations de la résistance, réunies à Gaza récemment, seule une OLP nouvelle et unitaire et combative, engagée dans la résistance à l’occupant, est digne de réunir le peuple palestinien.  
 

Martyrs tombés de mi-juillet – fin août 2018


Ahmad Mohammad Mahamid, 30 ans, Umm al-Fahem, assassiné près de la mosquée al-Aqsa, dans al-Quds, accusé d’avoir voulu poignarder un colon (17/8)

4 Palestiniens sont tués par un bombardement de l’armée sioniste : trois membres des Brigades al-Qassam, Sha’ban Abu Khater, Mohammad Abu Farhana et Mahmud Kashta (20/7) et le civil Mohamad Badwan, 27 ans, habitant Hayy al-Zaytun.

Une fusée lancée par l’armée sioniste tue une famille dans la bande de Gaza : Inas Khammash, enceinte de 9 mois, et l’enfant Bayan, un an et demi (9/8) et le citoyen Ali al-Ghandour, 30 ans. L’aviation sioniste tue les enfants Ameer Nimra, 15 ans, et Lou’ai Kahil, 16 ans, par des fusées (15/7).

Les Brigades al-Qassam (Hamas) annoncent le martyre de deux de leurs membres, lâchement visés par les obus de l’occupant : Ahmad Murjan et Abdel Hafez Silawi (7/8) et annoncent le décès de trois martyrs tombés le 25/7 : Mohammad Ar’ir, Ahmad Bassous et Ubada Farawna.

Le combattant des Brigades des martyrs d’al-Aqsa (Fateh) Ahmad Hassan 35 ans et son fils Loua’i, 13 ans, sont tués par une explosion au centre de la ville de Gaza.

Martyrs des marches du retour dans la bande de Gaza : Karim Fatayer, 30 ans, de Deir Balah, Saadi Mu’ammar, 26 ans, (journée du 17/8 pour al-Quds et al-Aqsa) ; Wissam Hijazi, 30 ans (blessé lors de la marche du 14 mai, de Khan Younes et décédé le 13 août) ; Le secouriste Abdallah Qitati (20 ans) et Ali Aloul (55 ans), assassinés lors de la marche du 10 août ; Ahmad Abu Loli, 40 ans, décédé le 11/8 ; Ahmad Ayidi, 17 ans, qui a succombé à ses blessures faites par l’occupant le 30 mars, le 5/8 ; au cours de la marche dédiée aux enfants palestiniens, Majdi Satari, 12 ans, et Mu’min Hums, 15 ans, ont été assassinés par les tireurs de l’occupant et Ghazi Mustafa, 45 ans, assassiné à l’est de Khan Younes. Majd Aqil, 26 ans, est décédé le 24/7 par suite des blessures infligées par l’occupant lors de la marche du 14/5 ; Karam Arafat, de la région de ‘Absan, est décédé le 23/7 suite aux blessures infligées le 8/6 ; Abdel Karim Radwan, 22 ans, tué à l’est de Rafah (19/7). L’enfant Uthman Halass de Shuja’iyya, et le combattant des Saraya al-Quds, Mohammad Sharab, 19 ans, qui participait pacifiquement à la marche du retour (14/7).

Le 29/7, Ayman Nafez Rabi’ Najjar (24 ans) et Muhannad Hamouda (24 ans) ont été assassinés par un bombardement nocturne à l’est de Jabalia, dans la bande de Gaza.

Le martyr Tareq Dar Youssef est exécuté par des colons, après qu’il ait réussi à poignarder un colon dans la colonie de Adam, en Cisjordanie occupée (25/7). La maison familiale dans le village de Kubar a été démolie au mois d’août.

Arkan Muzher, 15 ans, tué par l’occupant d’une balle dans la poitrine, lors de son invasion du camp Dhayshé, près de Bayt Lahem le 23/7. Il faisait partie de la jeunesse du FPLP. 

Dr Abdel Ghani Abu Madyan, décédé des suites de blessures lors de l’agression sioniste en 2008-2009 (13/8).


Résistance

Selon la presse sioniste, les Brigades d’al-Qassam ont lancé plus de 200 fusées et obus sur les cibles militaires et coloniales près de la bande de Gaza, lors des affrontements armés des 8 et 9 août. 20 colons avaient été blessés et des dizaines ont eu des crises d’hystérie.

Le martyr Tareq Dar Youssef a poignardé plusieurs colons dans la colonie Adam, près de Ramallah. Un colon a été tué et deux autres ont été blessés. Le martyr est originaire du village de Kubar.

Les marches du retour se poursuivent, de vendredi en vendredi, et les tentes du retour sont toujours installées aux bords de la zone de séparation entre la bande de Gaza et les colonies sionistes. Du côté de la mer, le conseil pour briser le blocus a organisé la flotille de la liberté 3, qui est partie du port de Gaza, vers le large. Cette fois-ci encore, l’occupant l’a arrêtée et kidnappée, comme il a fait avec toutes les flotilles qui cherchent à briser le blocus, et qui viennent en direction de la bande de Gaza.

Plusieurs officiers et soldats de l’occupation, dont des tireurs installés à l’est de la bande de Gaza ont été la cible de tireurs palestiniens et ont été blessés.

Une femme soldat de l’occupant a été blessée à la fin du mois de juillet, dans le camp de Dhayshé, que ses troupes ont investies. Des affrontements avec les Palestiniens ont eu lieu et la soldate a été blessée par une bouteille incendiaire.

Des affrontements ont eu lieu entre la population du village de Kubar, en Cisjordanie occupée, et les troupes de l’occupation, lorsque ces dernières ont investi le village en pleine nuit, saccageant les maisons qu’elles envahissaient et arrêtant plusieurs jeunes. L’occupant a diffusé un tract où il met en garde la population contre le soutien aux résistants. L’invasion du village par les troupes de l’occupation a duré plusieurs jours, après l’opération menée par le martyr Tareq Dar Youssef, 17 ans, dans la colonie de Adam, vers la fin du mois de juillet. Les soldats de l’occupation ont volé quantité d’argent des maisons qu’ils fouillaient, comme la maison du prisonnier libéré Khaldun Barghouty, et la maison de Serhan Barghouty (vol de 2400 shekels). D’autres affrontements ont opposé la population de la ville d’al-Khalil aux forces de l’occupation, lors des funérailles du martyr Rami Wahid Sabarna, 37 ans. Les sionistes ont provoqué la population en lançant des bombes sonores et des balles enveloppées de caoutchouc.

La bataille pour préserver Khan al-Ahmar, aux portes d’al-Quds, rassemble de plus en plus de Palestiniens, ainsi que des solidaires étrangers. Les prières du vendredi, notamment le 2/8, ont rassemblé des personnalités venues de la Cisjordanie occupée et d’al-Quds. Un programme de soutien à la résilience de Khan al-Ahmar a été mis en place par la population visée par le transfert. Les autorités de l’occupation visent Khan al-Ahmar et d’autres communautés bédouines, avec l’intention de les transférer pour laisser la voie libre à l’extension des colonies.

La population de Umm al-Fahem, interdit à un groupe sioniste fasciste d’entrer dans la ville. La municipalité de la ville occupée en 48 et le comité populaire ont publié un communiqué disant qu’ils font porter la responsabilité de toute agression sur la police sioniste qui a accompagné les envahisseurs. 

Les funérailles du martyr Ahmad Mahamid, de Umm al-Fahem, assassiné dans al-Quds, ont été suivies par près d’un milliers de Palestiniens, suscitant la colère des autorités d’occupation (20 août). Celles-ci voulaient confisquer le corps du martyr, mais l’association Adalah est intervenue pour le libérer et le remettre à la famille.

Malgré l’interdiction par le comité supérieur des masses arabes de 48 des drapeaux palestiniens lors de la manifestation à Tel Aviv, contre la loi coloniale sioniste appelée « loi nationale », des dizaines de manifestants palestiniens ont levé le drapeau palestinien, suscitant la colère des sionistes, ultras et libéraux, ces derniers ayant voulu participer à la manifestation. Les Palestiniens ont voulu affirmer que le pays leur appartient et qu’aucune loi ne peut changer cette vérité.

Cette loi raciste a soulevé de nombreuses protestations, que ce soit en Palestine occupée ou dans l’exil, étant donné qu’elle entérine les agressions sionistes contre la terre et le peuple de Palestine. Même des Palestiniens de 48, qui participent de manière marginale au pouvoir dans l’entité coloniale, ont protesté puisque la loi les marginalise encore plus.

Dans le bourg de Sakhnine occupé en 1948, le comité populaire appelle le 26/7 à la reconstruction de la maison de Hussayn Uthman, qui a été démolie par l’occupant, quelques jours auparavant. Une caisse de solidarité a été mise en place pour la reconstruction de la maison. Lors de la démolition de la maison, la population de Sakhnine a affronté les démolisseurs, le 23 juillet, à l’appel de la mosquée du bourg. 

Des centaines de Palestiniens de la ville de Shefa Amr, dans la Galilée, ont manifesté à l’occasion du 13ème anniversaire du massacre de Shefa Amr, commis par le colon Nathan Zadeh. 4 Palestiniens ont été tués ce jour-là, les deux sœurs Hazar et Dina Turki, Michel Buhuth et Nadir Hayek. La population de Shefa Amr, en colère, avait réussi à tuer l’assassin.


Répression et purification ethnico-religieuse

Un projet de loi sioniste vise le drapeau palestinien, emblème de la lutte palestinienne pour l’indépendance. Selon ce projet, toute personne levant le drapeau palestinien dans les territoires occupés en 48 serait passible de prison (20 août).

Un groupe de colons soutenu par l’armée d’occupation a tenté de chasser des bergers palestiniens dans la région Al-Mua’rajat, à l’ouest d’Ariha. 6 Palestiniens ont été arrêtés parce qu’ils se sont opposés aux colons. (6/8). Au mois de juillet, les autorités de l’occupation ont émis des ordres de vol de 68 dunums des terres appartenant à des Palestiniens dans Ras al-Ahmar, pour tracer une route coloniale. Les colons ont bloqué l’accès à des centaines de dunums appartenant  à des Palestiniens de Khirbet Mazkouh et Suwayda, et interdit aux bergers et agriculteurs d’y accéder.

L’occupant expulse 4 familles de Khirbat Yarzé, à l’est de Tubas, sous le prétexte de manœuvres militaires. Ces mêmes familles ont été expulsées une semaine auparavant, pour les mêmes prétextes (6/8).

Suite aux pressions de l’entité coloniale, Facebook supprime des dizaines de comptes de Palestiniens qui dénonçaient les pratiques de l’occupant. 

Au cours du mois de juillet, l’occupant arrêté 450 Palestiniens en Cisjordanie occupée,  la bande de Gaza et al-Quds, dont des dizaines d’enfants et 5 journalistes. Il a blessé près de 2000 Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris al-Quds. Les agressions contre les journalistes, que ce soit dans la bande de Gaza ou dans les territoires occupés de la Cisjordanie, indiquent la crainte de l’occupant de voir ses pratiques dévoilées dans le monde. 

Les forces d’occupation ont investi la faculté de lettres (Hind al-Hussayni) où se tenait un congrès concernant la protection des awqafs musulmans dans al-Quds et interdit le congrès. 

L’entité coloniale a interdit l’entrée de 92 touristes de nationalité turque dans la ville d’al-Quds, au mois de juillet, et interdit à 26 Palestiniens de s’approcher de la mosquée al-Aqsa et de la vieille ville. Le 29 août, l’occupant éloigne la militante Haandi Helwani de la mosquée al-Aqsa, pour une durée de 6 mois. Or, Helwani subit depuis plusieurs années des éloignements successifs de la mosquée. Le directeur de la police sioniste considère Helwani, enseignante, comme un danger. Il lui a remis un carte spécifiant les lieux qu’elle devrait éviter dans al-Quds. Une autre enseignante, Khadija Khways, a également été éloignée de la mosquée al-Aqsa pour 6 mois, ainsi que sa fille âgée de 16 ans, Shif’a Abu Ghalia, pour 15 jours.

Au niveau de la colonisation, le ministre de la guerre sioniste a approuvé la construction de 400 unités coloniales dans la colonie Adam, au nord-est de la ville d’al-Quds, au moment où « l’administration civile » de l’occupant a approuvé l’augmentation de 40 unités coloiales dans la colonie Efrat, près du bourg al-Khodr. 20 autres unités coloniales ont été approuvées pour la colonie Esfr-Matsada, construite sur les terres du village Sa’ir, à l’est d’al-Khalil. Une route coloniale a été approuvée reliant les colonies Ofarim et Beit Arieh, au nord de Ramallah.

« L’administration civile » sioniste a approuvé le plan de construction d’un cimetière sur 140 dunums des terres volées, près de la colonie Oranit, entre Salfit et Qalqylia. Un autre plan de construction d’un cimetière sur 140 dunums volés au sud de la ville d’al-Khalil. Début août, les forces coloniales ont procédé à des nivellements de terrain entre deux colonies, d’une superficie de 100 dunums, situées près de Bayt Lahem, pour construire un parc naturel colonial.

L’occupant a démoli 63 maisons et structures en Cisjordanie occupée, dont 43 dans la ville d’al-Quds, au mois de juillet. Les familles Shawamra et Abu Rmayle dans She’fat ont été contraintes à démolir elles-mêmes leurs maisons. Dans le bourg de Selwan, le citoyen palestinien Jamal Hadiya a été contraint à démolir sa propre maison, par ordre de la municipalité coloniale, sous prétexte d’avoir été construite sans autorisation. Cette maison avait été construite il y a 25 ans. 

4 maisons ont été démolies par l’occupant dans la ville occupée en 48, al-Lid, sous le prétexte qu’elles ont été bâties sans autorisation. Ces maisons ont abrité 40 membres des familles visées par l’occupant (18/7). Deux maisons ont été démolies dans la régin d’Ariha, le 19/7. 

La sauvagerie des colons : un colon a tué le martyr Mohammad Dar Yusuf, 17 ans, accusé d’avoir poignardé un colon dans la colonie Adam, au nord-est de la ville d’al-Quds. 4 Palestiniens ont été agressés par les colons dans l’ancienne ville d’al-Khalil. Un Palestinien a été blessé, après avoir été agressé par un colon près du village Dayr Debwan, à l’est de Ramallah. Les colons ont saccagé 553 arbres fruitiers dans le bourg d’al-Khodr, et incendié deux voitures dans le village Urif, à l’est de Nablus. Les colons ont également posé une stèle juive à l’entrée de la mosquée al-Ibrahimie dans la ville d’al-Khalil. Des centaines de colons ont envahi les villages de Awarta, Halhul, Taku’, Badhan, Soussia et ont pratiqué des rites talmudiques. A Nablus, les colons ont incendié une maison et des terres cultivées le 27/7, avant de prendre la fuite. 

D’autre part, l’occupant a mis la main sur 200 dunums du bourg al-Khodr, en vue de la colonisation.
Dans la ville d’al-Quds, à Selwan, l’association sioniste Atirit Kohanim s’apprête à ouvrir un centre soi-disant pour les juifs yéménites, sur les terres volées en 2015. Des caméras de surveillance au profit de l’occupant ont été installées dans la vieille ville, dans Bab al-Asbat, et le quartier Bi’r Ayub à Selwan. Dans Selwan, de nouvelles histoires inventées par les sionistes autour des Juifs du Yémen sont devenues le prétexte pour coloniser.  

Pour la 132ème fois, le village d’Al Araqib dans le Naqab occupé a été démoli par les forces d’invasion sioniste qui ont saccagé les tentes installées par les habitants du village. Elles ont également arrêté plusieurs militants du village, dont le chef Sheikh Sayyah Touri. Le tribunal de l’occupant a condamné sheikh Sayyah Touri à 10 mois de prison le 29 août, pour empêcher la poursuite de la lutte contre la destruction de leur village et leur expulsion. 40 chefs d’accusation ont été retenus par les colons contre Sheikh Touri, dont « l’agression sur les terres d’Etat », et « l’incursion sur des terres publiques » et la « violation d’un ordre juridique ».


Profanation des lieux saints

Les autorités de l’occupation ont fermé la mosquée al-Ibrahimie dans la ville occupée d’al-Khalil devant les fidèles, pendant plusieurs jours, pour laisser les colons profanateurs y entrer (8/8). Le conseil islamo-chrétien de soutien à Al-Quds et les lieux saints a dénoncé cette « provocation » et cette « agression », qui visent à judaïser la mosquée. Le secrétaire du conseil a déclaré que la mosquée al-Ibrahimie est un lieu exclusivement musulman, que les juifs n’y ont aucun droit, et toutes les mesures de l’occupant sont nulles.

Les invasions sionistes de la mosquée al-Aqsa se sont poursuivies au mois de juillet et août. Les sionistes ont fermé les portes de la mosquée avec des chaînes lorsqu’un grand bloc de pierres est tombé près du mur al-Buraq, suites aux creusements pratiqués par les colons sous la mosquée. Des milliers de colons (3800) ont profané la mosquée, au cours du mois, en premier lieu des ministres et députés sionistes.

.A plusieurs reprises, au cours de ces deux mois, les autorités de l’occupation ont interdit l’accès à la mosquée pour la prière de l’aube (fin août), du ‘asr (juillet) et ont fermé les portes de la mosquée devant les fidèles, à la veille des fêtes du sacrifice, les empêchant d’entrer pour la prière du ‘isha.  Le 26 juillet, elles ont brutalisé les fidèles  après la prière du vendredi, et ont fermé les portes de la mosquée. Elles ont lancé des bombes sonores sur les fidèles et se sont postées devant la porte al-Maghariba. Elles sont montées sur les toits de la mosquée al-Qibli pour pouvoir viser les fidèles. Plusieurs fidèles ont été blessés. Elles ont arrêté les gardiens de la mosquée pendant plusieurs jours, et interdit à plusieurs d’entre eux l’entrée à la mosquée. Ces provocations et actes répressifs visent à la judaïsation forcée d’une des plus prestigieuses mosquées dans le monde musulman.

Les sionistes réclament que la haute cour « israélienne » leur permette d’envahir la mosquée et d’y faire des rites talmudiques. Le danger d’un tel recours à la cour sioniste consiste dans la légalisation du partage de la mosquée musulmane en lieu « juif » et musulman.

Le cimetière de la porte al-Rahma, à l’entrée de la mosquée al-Aqsa, a été profané par les colons qui y ont pratiqué des rites talmudiques (20.7)


Dans les prisons de l’occupation

Plusieurs prisonniers détenus dans plusieurs prisons de l’occupant ont mené des grèves de la faim. Le prisonnier Hassan Shawka a arrêté la grève de la faim qu’il a menée pendant plus de deux mois, après avoir reçu l’assurance de sa libération à la date fixée par le tribunal, et que la détention administrative ne sera pas renouvelée. Son état de santé s’était détérioré. Le prisonnier Mohamad Rimawi a poursuivi la grève de la faim, au moment où les forces de l’occupation arrêtait son père pour faire pression sur lui et l’obliger à arrêter la grève. Depuis son arrestation, le 19 juillet, il a entamé la lutte pour protester contre les mauvais traitements lors des interrogatoires.

La grève des tribunaux sionistes par les détenus administratifs se poursuivra jusqu’au 10 septembre, selon le communiqué des prisonniers détenus administratifs, qui annonce que le répit entre le 10/9 et le 10/12 concernant les tribunaux a pour objectif d’évaluer les discussions entamées avec la direction des prisons et les promesses faites jusque là.

De la prison, Nael Barghouty (38 ans de détention) décrit la douleur qu’il ressent à cause des pratiques de l’Autorité palestinienne qui a supprimé l’aide aux prisonniers de la bande de Gaza, détenus dans les prisons de l’occupation et déclare sa solidarité avec ces prisonniers qui ont entamé la grève de la faim, et avec leurs familles. Il dénonce la division des prisonniers entre ceux qui sont de la bande de Gaza et les autres (lettre du 8/8).

Les journalistes prisonniers ont réclamé que le 8/8 soit déclaré journée de solidarité avec les journalistes détenus dans les prisons de l’occupation, affirmant que l’occupant exerce une politique de terreur à leur encontre à l’intérieur des prisons, et au cours des séances d’interrogatoire. Ils ont ajouté que les interrogatoires sont centrés sur le rôle des médias et leur contenu. 

L’occupant arrête à nouveau le prisonnier maqdissi Ubada Najib, 20 ans, à l’instant même de sa libération de la prison de Ramon (29 août). Il avait été détenu pendant 7 mois. Les frères du prisonnier ont été convoqués par les services de renseignements de la ville occupée d’al-Quds. Plusieurs autres prisonniers maqdissis ont été arrêtés et transférés à la prison de Moskobiyya, pour subir des interrogatoires, sitôt qu’ils avaient été libérés, au cours de ce mois.

Nadi al-Assir dénonce dans un communiqué  du 25/7 le rôle criminel joué par les médecins de l’occupation dans les prisons. Le communiqué cite notamment l’équipe médicale de l’occupant dans la prison du Naqab.

Le tribunal miliaire de la caserne Salem située près de Jénine a polongé la détention de sheikh Khodr Adnan, pour la 24ème fois. Il a été transféré de la prison de Meggido vers la prison de Ramon. La dernière arrestation remonte au 11/12/2017.

Deux prisonniers détenus dans les prisons sionistes sont placés en isolement depuis des mois. Il s’agit de Ibrahim Arrouj de Bayt Lahem et du prisonnier belge Alex Bens, qui vivent des conditions difficiles sur ordre du shabak. Ibrahim Arrouj est le plus ancien des détenus administratifs, et Alex est privé des visites familiales depuis 7 ans. 

Le nombre des prisonniers condamnés à perpétuité a augmenté, selon une étude menée par un centre de soutien aux prisonniers palestiniens. Ils sont actuellement au nombre de 513 prisonniers, après la condamnation du tribunal militaire d’Al Lid occupée de Mohamad Abu Rabb, 20 ans et Youssef Kamil, 21 ans, de Qabatia, près de Jénine, à la perpétuité. Ils ont été arrêtés le 6/10/2017. 


La liste noire des normalisateurs et lutte contre la normalisation

Un rapport rédigé par une institution sioniste affirme le resserrement des liens entre le Bahrayn et l’entité coloniale. C’est par le côté religieux que le Bahrayn a normalisé ses relations avec l’entité sioniste, considérant que cette entité représenterait les juifs et la religion juive. 

Walid Jumblatt, député libanais et se positionnant plutôt à gauche, a avoué avoir eu des entretiens par courrier avec le sioniste Uri Avneri, qui est décédé récemment. Sous prétexte de « paix », ce député a oublié que Uri Avneri est un colon qui a participé à l’expulsion des Palestiniens.

Deux sportifs saoudiens se retirent d’une compétition en Ukraine, pour ne pas jouer avec des colons sionistes. Muadh Saleh al-Ghamedi et Nawaf al-Ghamedi ont refusé de tendre la main aux sionistes.

Le centre cinématographique marocain accepte de prêter ses studios pour tourner un film américain qui fait l’apologie d’un espion sioniste en Syrie. Cet espion fut découvert et pendu. La position du centre a été dénoncée par le comité antinormalisation dont le responsable a déclaré que le tournage de ce film sur Elie Cohen est un crime de normalisation. Récemment, le comité antinormalisation avec l’occupant a dénoncé la visite prévue au Maroc d’un haut responsable de l’entité.

Le drapeau de l’occupant sioniste sera officiellement levé lors des compétitions de judo qui se tiendront aux Emirats arabes unis, suite aux pressions de la Fédération du Judo. Non seulement les Emirats acceptent la venue de colons jouer sur leur sol, mais à présent, ces derniers ont le droit de faire flotter leur drapeau (5/8). 

Une rencontre secrète entre le ministre sioniste de la guerre et le ministère qatari des affaires étrangères aurait eu lieu à Chypre, selon les médias sionistes, au mois de juin dernier, pour discuter de la bande de Gaza.

Hayfa’ Mansur, une cinéate saoudienne affirme le 28/7 qu’elle est « heureuse de travailler avec des cinéastes israéliens ». Dans une interview, elle affirme qu’elle ne s’oppose pas à la rencontre avec des « Israéliens » et qu’elle le fera dans le cadre des relations entre l’Arabie saoudite et l’entité coloniale.

L’Union générale des Travailleurs de Palestine affirme son refus de toute normalisation des relations avec l’occupant et ses syndicats. Cette déclaration fait suite à la participation du secrétaire général de l’Union, Shaher Saad et un officiel du ministre palestinien du travail dans l’AP, Samer Salameh, à un congrès normalisateur avec la Histadrout sioniste.


La presse palestinienne

Walid Qitati, journaliste, a déclaré à la chaîne satellitaire al-Aqsa : la direction politique du peuple palestinien a le devoir de faire une révision complète de son programme politique, ainsi que de sa pensée politique, qui nous a mis dans cette impasse après un quart de siècle, et conduit aux accords d’Oslo et à la formation d’une autorité palestinienne sous occupation. » Il a précisé que le projet de la résistance et la lutte est celui de l’ensemble palestinien qui unifie la société avec tous ses partis. « Il faut unifier la direction palestinienne autour d’un programme de résistance, comme à travers les marches du retour et de la levée du blocus, qui sont une des formes de l’ingéniosité palestinienne face à l’occupant sioniste. Les slogns levés au cours des marches du retour depuis le 30 mars affirment que le retour est un droit national, humain et moral. »


La presse rapporte la découverte de vestiges abbassides près du bourg de Selwan, donnant lieu à des analyses de la pratique sioniste consistant à détruire les vestiges musulmans, découverts au cours de fouilles et creusements de la part des sionistes. Jamal Amru, spécialiste des affaires d’al-Quds, affirme que des dizaines de vestiges arabo-musulmans ont été découverts par les autorités de l’occupation, qui les transfèrent de nuit et les cachent. Des ouvriers palestiniens employés par les services sionistes ont confirmé et rapporté aux responsables les pratiques de l’occupant, visant à masquer les vestiges arabo-musulmans de la ville, pour faire croire qu’elle a un passé « juif ».
 



Communiqués et déclarations

Sheikh Kamal al-Khatib, président adjoint du mouvement islamique dans la Palestine occupée en 48, a déclaré que la mosquée al-Aqsa est en réel danger par suite des incursions et provocations sionistes répétées. « L’occupant profite des circonstances actuelles de la nation arabo-islamique pour imposer des entraves contre al-Quds et l’intérieur palestinien. » Il a poursuivi : « si les « israéliens » s’imaginent que ces incursions vont être normalisées et habituelles, les jours qui suivent vont leur prouver qu’ils se font des illusions.. »

Le chef du village Khan al-Ahmar, Ibrahim Abu Dahuk, affirme que les habitants de Khan al-Ahmar ont pris une décision nette, soit la vie sur leur terre, soit la mort, il n’y a pas d’autres alternatives. L’idée du transfert est absolument rejetée. « Nous avons décidé et nous sommes déterminés à ne pas partir, sauf s’ils nous ramènent à nos terres dans le Naqab. Nous avons été expulsés du Naqab en 1948 et nous sommes ici depuis cette date, nous avons bâti notre vie dans le labeur et la fatigue. Aujourd’hui, ils tentent de détruire toute notre vie. »


Dans la colonie

L’occupant prétend avoir trouvé un cerf-volant incendiaire dans la région de Nablus. Ce cerf-volant serait tombé près d’une usine de vin et aurait provoqué une incendie (6/8). Le mois précédent, un cerf-volant aurait attaqué dans la colonie Gilo, près de Bayt Jala.

Les marches du retour à partir de la bande de Gaza ont provoqué une augmentation des maladies psychiques au sein des colons, selon la presse sioniste (Yediot Aharanot), avec un taux de 300% (24/7).


Du côté de l’Autorité palestinienne

Les forces répressives de l’Autorité palestinienne ont assassiné le jeune Awda Jahalin, 24 ans, dans Azariyé (Al-Quds), le 10 août, après avoir investi la zone et et agressé la population, en tirant des coups de feu et en frappant les gens.

Dans la ville de Nablus et ses environs, les services de l’Autorité palestinienne sévissent contre les militants du Mouvement du Jihad islamique en Palestine. Ils ont arrêté plusieurs membres au cours du mois d’août. Les deux frères Riad et Ahmad Da’dass, prisonniers libérés, ont été arrêtés, après la fouille de leurs maisons. Le prisonnier libéré Salameh Abdel Jawad a été kidnappé et emmené vers des lieux inconnus, après avoir confisqué sa voiture. Le prisonnier libéré Mu’tassem Madani, du camp de Askar, avait été arrêté au début du mois d’août. Le militant Ahmad Marshud a été arrêté par les mêmes services vers le 15 août.

Une manifestation s’est déroulée à Ramallah contre la politique de l’Autorité palestinienne, réclamant la levée des sanctions contre la bande de Gaza et la fin de la « coordination » sécuritaire avec l’occupant dans les territoires de la Cisjordanie, ainsi que la libération des militants détenus dans les prisons de l’AP. 

Les prisonniers détenus dans les prisons de l’occupation annoncent la grève de la faim pour soutenir leurs frères de Gaza détenus, que l’AP a visé par des sanctions. Dans un communiqué, les prisonniers affirment vouloir poursuivre leur mouvement de protestation contre la politique de l’AP. Les prisonniers qui ont mené la grève de la faim en soutien à leurs frères de Gaza appartiennent au mouvement Fateh (comme le combattant Abdel Karim Uways), au mouvement du Jihad islamique (comme Maher Hashlamon) et au mouvement Hamas (comme Hassan Salameh).

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